Daum (cristallerie)

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Daum

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Logo type de la cristallerie Daum

Création 1878
Fondateurs La famille Daum
Forme juridique Société anonyme à conseil d'administration
Slogan L'art est le luxe ultime
Direction Prosper Amouyal
Activité verrerie d'art
Société mère Financière Saint-Germain
Effectif 160
Site web daum.fr
Magasin d'usine dans la rue des Cristalleries à Nancy
Auguste Daum par Émile Friant, fonds famille Daum

La Compagnie française du cristal Daum est une cristallerie fondée en 1878 à Nancy en Lorraine en France par les frères Daum. Les ateliers des frères Daum ont formé quelques-uns des grands noms de l'Art nouveau : Jacques Grüber, Henri Bergé, Almaric Walter, les frères Schneider y font leur débuts…

Histoire[modifier | modifier le code]

À la suite de la guerre de 1870, Jean Daum (1825 - 1885), notaire à Bitche, vend son étude et opte pour la France. Il s'installe à Nancy en 1876 et prête, la même année, de l'argent à plusieurs reprises à Avril et Bertrand, propriétaire de la verrerie Sainte-Catherine de Nancy, une manufacture qui produit du flaconnage et de la gobeleterie ordinaire. L'entreprise ne trouve pas son équilibre financier et Daum est contraint de la racheter : il y investit 50 000 francs le 23 mars 1878 et devient chef d'une entreprise de 150 ouvriers, dans un domaine dont il ignore tout.

En 1878, il y associe son fils Auguste, mais, il ne connaît pas les premiers succès de l'entreprise. À sa mort, en 1885, Auguste prend seul la direction de la verrerie avant d'être rejoint, en 1887, par son frère Antonin (Jean Antonin Daum, né à Bitche 1864 † Nancy 1930), tout juste diplômé de l’École centrale des arts et manufactures.

Devant la mauvaise santé financière de la verrerie, Auguste, qui suivait une formation de juriste, se voit obligé d'en prendre la tête, après qu'elle a été rachetée pour la sauver de la faillite. Antonin commence par embellir les services de tables courants. Familiarisé par les techniques du verre de par sa formation, il oriente la production vers la création artistique. Les deux frères préparent, entre 1889 et 1891, la création d'un département artistique qui est confié à Antonin. Auguste lui donne tous les moyens de travailler pour suivre le sillon creusé par Émile Gallé dans la verrerie Art nouveau.

Auguste Daum

Antonin commence avec quelques modèles simples pour continuer rapidement avec la gravure à l'acide, puis, en passant à des modèles utilisant les techniques de gravure à la roue, de verres à deux ou trois couches. De 1890 à 1914, il ne crée pas moins de trois mille références.

Jacques Grüber est le premier artiste de la verrerie. Recruté en 1893, on lui confie la création de pièces en vue de figurer à l'exposition universelle de Chicago de 1893. Ce fut le premier grand succès qui propulsa Daum dans le cercle fermé des industries d'art. Les Daum y gagnent la participation à l'exposition de Nancy en 1894. Il y eut ensuite les expositions de Lyon (1894), Bordeaux (1895) et Bruxelles (1895 et 1897), au cours desquelles ils reçoivent des distinctions.

Une école de dessin est créée, en 1897, à l'intérieur de l'entreprise qui forme ainsi ses propres décorateurs et graveurs.

Henri Bergé y est maître décorateur, c'est le deuxième artiste de l'entreprise. Il aura à ses côtés Émile Writz à partir de 1898.

La consécration de l'aventure arrive lorsque le premier grand prix pour la verrerie d'art de l'exposition universelle de 1900 est décerné à Daum et à Gallé. Daum y présente des pièces préparés avec soin : le décor intercalaire (brevet de 1899), les luminaires qui deviennent une spécialité.

En 1904, Almaric Walter y développe des pâtes de verre, il restera chez Daum jusqu'en 1915[1].

En 1901, les statuts de l'École de Nancy sont officiellement posés. Émile Gallé est l'homme à l'origine de ce regroupement et en devient président. Antonin est vice-président. Antonin est également une des personnalités de la chambre de commerce de Nancy. Il joue un rôle important en 1909 lors de l'exposition internationale de l'Est de la France qui marque la fin de l'École de Nancy. Auguste meurt en 1909, Antonin est actif jusqu'à sa mort en 1930, mais partage les responsabilités avec les fils d'Auguste : Jean, Henri et Paul.

Jean meurt en 1916, Henri est gérant comme son père. Paul est diplômé de l'Institut de physique et chimie de Nancy, il prendra progressivement la place d'Antonin. Les Daum assurent après 1918, l'adaptation de l'entreprise aux nouvelles conditions de production, soucieux d'y maintenir qualités, techniques et orientations esthétiques plus qu'utilitaires.

De gauche à droite : gendre d'Auguste, Antonin Daum, Marguerite Daum, au fond la lampe églantine, fonds Famille Daum.

L'entreprise continue de participer aux grandes expositions : Barcelone en 1923, Exposition internationale des Arts déco à Paris en 1925, Exposition coloniale à Paris en 1931.

Dans les années 1920, Paul oriente la production vers l'Art déco devant la perte d'intérêt du public pour l'Art nouveau. La demande est importante et l'entreprise prospère. Elle ouvre une deuxième cristallerie Belle-Étoile à Croismare, en 1925, dont Paul est le directeur. Elle fournit de la verrerie blanche, des boules, de la fantaisie signée Lorrain. Pierre Davesn crée des modèles à partir de 1928. La crise économique des années 1930 touche Belle-Étoile qui est fermée en 1934. Quelques grosses commandes permettent à l'entreprise de poursuivre sa production : en 1935, la Compagnie transatlantique commande 90 000 pièces en verre et cristal pour le paquebot Normandie.

Après la Seconde Guerre mondiale, le cristal prend une place prépondérante, sous la direction d'Henri et de Michel Daum. L'aîné des petits-enfants d'Antonin, Antoine Froissart (1920-1971), ingénieur de l'École centrale Paris, met au point la fabrication d'un cristal particulièrement transparent et brillant. Ce nouveau cristal favorise la création de pièces aux formes épaisses et souples, et à l'aspect lumineux. Jacques, petit-fils d'Auguste, apporte un souffle nouveau en 1965 en faisant appel à des créateurs contemporains. César passe plusieurs semaines à Nancy et travaille à de nouvelles exploitations de la matière.

En 1976, Pierre de Chérisey, petit-fils d'Antonin, est le dernier président de la famille Daum à la tête de l'entreprise (jusque dans les années 1990).

Rachetée majoritairement en 2000 par Axa Private Equity et le Crédit agricole et l’orfèvre Tétard 1860 est aux prises avec des soucis financiers, la cristallerie dépose le bilan en 2003 avant de se reconstituer la société est rachetée par le financier algéro-français Prosper Amouyal via sa holding Financière Saint-Germain en mai 2009.

La cristallerie existe toujours et sa production est internationalement connue : de nombreux créateurs travaillent pour elle, tel Jean Boggio.

La pâte de cristal : spécificité contemporaine de la cristallerie[modifier | modifier le code]

À partir de 1968, la fabrique Daum remet à l'honneur en la modernisant l'antique technique de la pâte de verre qui avait été retrouvée par la verrerie au début du XXe siècle puis abandonnée, avec une pâte de cristal constituée de 30 % plomb environ.

Le processus utilisé par Daum, s'apparentant à une sculpture à la cire perdue, est le suivant[2] selon plusieurs étapes. D'abord, à partir d'une esquisse, le sculpteur réalise un modèle en terre cuite. Un moule en élastomère est ensuite confectionné en négatif, par dessus le modèle, et vient épouser tous les détails de la sculpture, il permet de tirer 50 à 200 exemplaires[3]. Ce moule est rempli de cire liquide chaude puis refroidie, afin d'obtenir un objet en cire durcie identique au modèle original. L'objet en cire est noyé dans du plâtre réfractaire, dans lequel un trou est pratiqué, le plâtre constituant un moule en négatif de l'objet et l'ensemble est placé dans une étuve, où la cire fond sous l'effet de la chaleur et s'évacue par le trou. Le plâtre est alors rempli de groisil, qui sont des fragments de cristal de diverses formes et couleurs, dans des proportions précises.

L'ensemble est placé dans un four à 900° pendant une durée de 10 à 20 jours, selon la taille de l'objet. Le groisil, fondant sous l'effet de la chaleur, il génère les nuances de couleurs. À la sortie du four, la sculpture brute, en pâte de cristal, est délicatement libérée de son moule, lequel est brisé rendant chaque pièce unique. L'objet d'art ainsi obtenu est perfectionné par des finitions, enfin la marque et, pour les pièces à série limitée, le numéro du tirage, voire pour certaines éditions d'art la signature de l'artiste, sont gravés.

Georges Braque fait partie des artistes dont l'œuvre a servi de base à des réalisations de la cristallerie Daum dont l'exposition à eu lieu notamment à l'Hôtel de ville de Nancy du 13 juin au 19 octobre 2007[4]. En particulier sa série des Métamorphoses [note 1].

Une autre exposition a réuni à Carmaux les pièces exécutées à partir des œuvres de Georges Braque et de Salvador Dalí de mai à octobre 2010[5]

De par la polychromie et les nuances de teintes ainsi obtenues, il n'y a pas deux pièces identiques. Daum est aujourd'hui considéré comme le seul cristallier au monde à maîtriser aussi parfaitement la technique de la pâte de verre[6].

La plupart de ces opérations et notamment la production de la matière première, le groisil de cristal, ont lieu dans l'usine de Vannes-le-Châtel, l'usine de Nancy étant dédiée à la création puis au modelage des nouveaux modèles[7].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les Métamorphoses avaient déjà été le thème de bijoux et dont le Baron de Lowenfeld, qui en était l'héritier, a transmis ce droit à Armand Israel, qui l'exploite en cristallerie

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daum et Nancy. Glas des Art Nouveau und Art Déco, Museum Bellerive, Zurich, 1986, 112 p.
  • Bardin Christophe, « Les débuts de la verrerie Daum à Nancy », in: Revue de l'Art, 1999, n°1. pp. 64-70, doi :10.3406/rvart.1999.348464 Texte intégral.
  • Christophe Bardin, Daum, une industrie d'art lorraine, 1878-1939, Serpenoise, Metz, 2004, 323 p. (ISBN 2876925907).
  • Noël Daum, Daum, maîtres verriers, Edita, Lausanne ; Denoël, Paris, 197 p.
  • Charles Kirchner, Daum, Soline, Courbevoie, 2004, 128 p. (ISBN 2876774941).
  • La manufacture Daum, dans De la Lorraine, Hazan, Paris, 2004, p. 210-215, (ISBN 2850259276)
  • Patrick-Charles Renaud, Daum : l'âme des verriers, 1875-1986, Édition Place Stanislas, 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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