Désomorphine

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Krokodil (homonymie).
Désomorphine
Structure atomique de la désomorphine
Structure atomique de la désomorphine
Identification
Nom IUPAC 4,5-α-Epoxy-17-methylmorphinan-3-ol
Synonymes

Permonid

No CAS 427-00-9
No EINECS 207-045-7
PubChem 5362456
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C17H21NO2  [Isomères]
Masse molaire[1] 271,3541 ± 0,0159 g/mol
C 75,25 %, H 7,8 %, N 5,16 %, O 11,79 %,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

La désomorphine, dite « drogue crocodile » ou krokodil en anglais, est un dérivé de la codéine initialement synthétisé aux États-Unis dans les années 1930, elle est néanmoins abandonnée en raison de son potentiel d'addiction. Elle apparaît en Sibérie en 2002 en tant que stupéfiant et de là un essor dans toute la Russie en 2010[2]. Son passage en Allemagne ne fut qu'une rumeur non démontrée. Elle débarque sur le nouveau continent en 2013. Les cas décelés aux Etats-Unis démontrent le retour de cette drogue dans son pays d'origine.

Effets[modifier | modifier le code]

Le principal danger de cette drogue vient des impuretés liées à sa fabrication artisanale. Elle serait 15 fois plus nocive que l’héroïne. De nombreux sous-produits acides et toxiques endommagent les tissus situés à l'endroit des injections, les rendant semblables à des écailles de la peau d'un crocodile, et à brève échéance conduisent à une putréfaction. La presse écrit: « La peau d'abord se nécrose, se transformant en plaques verdâtres ressemblant au cuir du crocodile. Puis la chair et les muscles se décomposent, les organes sont attaqués, les os fragilisés de façon irréversible (...) L'espérance de vie des utilisateurs atteint rarement trois ans. »[3]

Production et synthèse[modifier | modifier le code]

Synthèse de la désomorphine à partir de la codéine.

La codéine subit d'abord une substitution nucléophile de son groupe hydroxyle par le chlorure de thionyle, formant l'α-chlorocodide. Ce dernier subit ensuite une réduction catalytique, formant la désocodéine. La désocodéine subit enfin une déméthylation de son groupe méthoxybenzène en groupe phénolique pour former la désomorphine.

Controverse[modifier | modifier le code]

Les récits qui font état de la diffusion de cette drogue en Europe semblent relever de la rumeur : l'ANPAA écrit : "Une « nouvelle » drogue injectable, surnommée « Krokodil », dont la présence est confirmée en Russie, arriverait en Europe selon plusieurs journaux européens, notamment allemands.

Il s’agirait d’une préparation artisanale contenant notamment un opiacé, la désomorphine.

Le dispositif SINTES (Système national d'identification des toxiques et substances) et l'OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) publie une note d'information indiquant que la présence de cette drogue en Europe, et notamment en France, reste une rumeur[4]. D'autres sources comme Infor Drogues signalent qu'il n'existerait aucun cas confirmé de consommation de krokodil en Europe de l'ouest [5]. Selon Grégoire Fleurot, il n'y aurait pas davantage de cas de consommation vérifiés aux Etats-Unis ou au Mexique nonobstant les rumeurs qui affirment le contraire[6]

De plus, les images circulant sur le web des "effets" de cette drogue sur le corps sont les mêmes que celles utilisés pour illustrer les effets de la tianeptine, drogue en vogue en Russie, bien avant l'usage prétendu de la "crocodile".

Cependant, la note d'information de l'OFDT[4] indique que "la présence de cette substance, préparation artisanale contenant entre autres un opiacé, la désomorphine, [n']a été confirmée qu'en Russie. La consommation de cette substance, sorte d' « héroïne du pauvre », a entraîné des conséquences sanitaires importantes dans ce pays alors que la toxicité du produit apparaît spectaculaire (nécroses au niveau de la peau)." [style à revoir]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. Crocodile : dans l'enfer de la drogue en Russie, France 24 - Reportages, 1 mars 2012.
  3. Une nouvelle drogue mortelle arrive en Europe, Le Figaro, 19 oct. 2011
  4. a et b Rumeurs de circulation de Désomorphine ou « Krokodil »
  5. La krokodil, cette drogue destructrice qui laisse planer le doute, Jonas Legge, La Libre Belgique en ligne, 16 décembre 2013
  6. Ne croyez pas l'histoire de la drogue krokodil qui aurait « pourri le sexe » d'une adolescente au Mexique, Grégoire Fleurot, Slate.fr, 11 décembre 2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Simon Childs, « Le krokodil, cette drogue qui ronge la peau jusqu’aux os, a peut-être débarqué en Angleterre », Vice,‎ 2013 (lire en ligne)