Qanaouat

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Canatha (Qanawat)
(ar) كاناثا (قنوات)
Le temple dédié à Hélios
Le temple dédié à Hélios
Administration
Pays Drapeau de la Syrie Syrie
Muhafazah (محافظة) As-Suwaydâ’
Géographie
Coordonnées 32° 45′ N 36° 36′ E / 32.75, 36.6 ()32° 45′ Nord 36° 36′ Est / 32.75, 36.6 ()  
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Syrie

Voir sur la carte Syrie administrative
City locator 14.svg
Canatha (Qanawat)
Carte de la Décapole permettant de situer Canatha

La cité antique de Canatha[1] ou Kanatha se trouvait sur l’emplacement de la petite ville actuelle de Qanawat[2] au sud de la Syrie, à 1 240 m d’altitude dans le massif basaltique de Jabal al-`Arab[3], et à 7 km au nord-est de la capitale provinciale d’As-Suwaydâ’[4]. Canatha était une des cités de la Décapole

Histoire[modifier | modifier le code]

La période de fondation du site n’est pas encore établie. Il n’est pas sûr qu’on puisse identifier Canatha à la ville de Canath[5] citée dans la Bible.

Canatha n’a pas joué un grand rôle pendant la période des Séleucides ou des Nabatéens. En 64 av. J.-C., à l’arrivée des Romains, la ville a été incorporée à la province de Syrie, restaurée par le général Gabinius, elle prendra en 190 le nom de Gabinia Canatha[6]. C’est sans doute à cette occasion qu’elle est devenue une cité (au sens grec) associée à la Décapole.

Vers 30 av. J.-C., Hérode aurait été chargé par Marc Antoine d'obliger le roi nabatéen Malichos Ier à payer tribut à Cléopâtre. Après quelques victoires, il subit une défaite à Canatha, ce qui le contraint à se replier à l'ouest du Jourdain. La ville est citée par Flavius Josèphe à propos de cette défaite d’Hérode contre les Arabes[7]. Le territoire de la cité semble s'étendre assez loin vers l'Ouest, dans la plaine de la Nuqrah, sans doute jusqu'au village d'al-Karak, où des inscriptions mentionnent des magistrats de Canatha. Dépend également de Canatha l'important sanctuaire de Baalshamin à Si'a (Seeia), situé à quelques kilomètres au sud-est, sur un éperon rocheux. Longtemps, enfin, le village de Soada (mod. Soueida), situé sur la route directe de Damas à Bostra (qui ne passe pas par Canatha) a été dépendant de la cité ; mais, au plus tard en 149 ap. J.-C., Soada est érigé en une nouvelle cité nommée Dionysias, et détaché de Canatha[8].

En 106, la Nabatène est annexée à l’empire pour former la province d'Arabie. Canatha reste incorporée à la province de Syrie, comme précédemment, et à ce moment-là elle fait l'objet d'importants travaux d'adduction d'eau, grâce à des captages réalisés dans la montagne proche par les soins du gouverneur de Syrie Cornelius Palma. Mais lors de la réorganisation des provinces de Syrie et d’Arabie en 195/196, elle est rattachée à la province d'Arabie, dont la capitale administrative est Bosra. La ville a été un évêché avant le Ve siècle : l’évêque de Canatha était présent au concile de Chalcédoine en 451[9].

Le site semble avoir été abandonné au VIIe siècle. Le vaste système d’approvisionnement en eau a été rendu inutilisable.

À partir du XVIe siècle la région fut réoccupée par des familles druzes et chrétiennes, d'où descend l'essentiel de la population de Qanawat aujourd'hui.

Le site[modifier | modifier le code]

Le site s’étend sur une surface de 1 500 m sur 800 m. Depuis 1997, une coopération entre la Syrie et l’Allemagne a permis des fouilles centrées sur les périodes romaine et byzantine. Les premiers édifices de pierre du site semblent remonter au Ier siècle av. J.-C..

  • Un petit théâtre avec neuf rangées de sièges taillées dans le rocher et une scène de six mètres de diamètre.
  • Un aqueduc avec un bassin.
  • Un temple que l'on a longtemps cru dédié au soleil (Hélios), mais dont les inscriptions montrent qu'il avait été dressé en l'honneur de Théandrios, dieu de Rabbos[10] ; il se dresse sur un haut podium au centre d'une enceinte, et a conservé six colonnes.
  • Le monument appelé Es-Seray (le Sérail) date du IVe siècle et était un temple qui fut transformé en église chrétienne. Son entrée est précédée par une cour entourée de dix-huit colonnes.
  • Au sud de la ville, sur une éminence qui la domine, un temple de Zeus Megistos (nom qui en grec signifie Dieu Très grand, ou en arabe Allah al-Akbar), dieu civique par excellence, associé à un second sanctuaire non identifié.
  • Au-delà des remparts (dont il subsiste plusieurs sections) ont été étudiés de nombreux tombeaux antiques bien conservés.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. grec : Κάναθα, arabe : kānāṯā, كاناثا
  2. arabe : qunawāt, قنوات
  3. arabe : jabal al-ʿarab, جبل العرب, la montagne des arabes
  4. arabe : as-suwaydāʾ, السويداء
  5. Nb 32. 42 et 1Ch 2. 23
  6. Maurice Sartre, D’Alexandre à Zénobie, Éd. Fayard, p. 455 et 709.
  7. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, I, XIX, 2, ou Antiquités Judaïques, XV, v, 1, citation contestable car Canatha est située en Cœlé-Syrie.
  8. Maurice Sartre, D'Alexandre à Zénobie, p. 644.
  9. (en) Canatha
  10. Maurice Sartre, D'Alexandre à Zénobie, p. 686.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Maurice Sartre, D'alexandre à Zénobie, Histoire du Levant antique, IVe siècle av. J.-C. - IIIe siècle ap. J.-C., Fayard, 2003, (ISBN 978-2213-609218).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]