Crudivorisme

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Le crudivorisme, appelé également l'alimentation vivante[1], est une pratique alimentaire qui consiste à se nourrir exclusivement d'aliments crus (crudités) et souvent issus de l'agriculture biologique.

Plusieurs sous-catégories[modifier | modifier le code]

Plusieurs sous-catégories répondent au nom de crudivore :

  • les crudivores carnivores (la viande constitue une part plus ou moins importante de leur régime (cf. instinctothérapie…) ;
  • les crudi-végétariens (leur régime est identique à celui d'un végétarien classique, sauf qu'ils consommeront leurs aliments crus) ;
  • les crudi-végétaliens (ils peuvent être granivores et/ou frugivores) comme par exemple Viktoras Kulvinskas (en), Gabriel Cousens (en) ou encore feue Ann Wigmore (en) (1909 – 1994).

Certains d'entre eux s'attachent à préparer des plats crus très élaborés dans ce qui est parfois appelé la « crusine », tandis que d'autres encore ne font subir aucune transformation à la nourriture (cf. l'instinctonutrition) : on les appelle les « instinctos ».

Motivations[modifier | modifier le code]

Bien que la cuisson alimentaire ait de nombreux effets positifs comme l’assimilabilité de certains nutriments (les protéines animales et végétales, les glucides complexes des céréales et l’amidon des pommes de terre)[2], la destruction d'éléments dit allergènes[3], une plus grande biodisponibilité de substances telles que le lycopène (le pigment rouge que l'on trouve par exemple dans la tomate), l'alpha-carotène, la lutéine et les caroténoïdes lorsque l'aliment qui les contient est cuit[2], la cuisson a aussi quelques effets néfastes et c'est ce que soutiennent les adeptes de crus.

Un aliment est composé de vitamines, de minéraux, de protéines, de glucides mais aussi d'enzymes qui permettent à l'organisme de mieux le digérer et l'assimiler. Le Docteur Howell a montré que le système digestif est obligé d’emprunter les enzymes du métabolisme général pour parvenir à digérer les aliments cuits.

Plus la cuisson est longue et à haute température, plus la destruction est importante : 50 °C (destruction d’une partie du capital enzymatique), 60 °C (destruction de la vitamine C), 100 °C (précipitation des sels minéraux, rendus non assimilables), 110 °C = destruction de toutes les vitamines. À la longue, une alimentation très dénaturée pourrait entraîner une baisse de forme et d’énergie.
Arnold Ehret préfère dire qu’une mauvaise cuisson détruit la valeur thérapique des bons aliments, et peut même les faire devenir mauvais[4]. Selon lui, le principal avantage de l'ingestion de végétaux crus vient de ce que leurs fibres cellulosiques indigestibles atténuent la constipation en produisant dans les intestins l'effet d'un balai à mucus idéal.

Les adeptes du cru considèrent souvent le corps comme une grande baignoire pleine de toxines. Parmi les grandes causes d’intoxication de notre corps, on trouve notamment les aliments d’origine animale, l’abus de farines de blé, le tabac, l’alcool, le sucre raffiné, les produits chimiques (additifs alimentaires et médicaments), les pesticides et la cuisson des aliments qui leur fait perdre la plus grande partie de leurs substances vivantes. L’action des enzymes vivantes, des vitamines et sels minéraux contenus dans les aliments crus favorise la détoxication, ou détoxination, c'est-à-dire l'élimination des déchets accumulés dans l'organisme[5]. D'autant plus que certains aliments ont un potentiel anti-cancérigène qui se voit détruit à la cuisson. C'est pourquoi, les adeptes considèrent le crudivorisme comme l'alimentation anti-cancer.

Dans les années 1930 à l’Institut de Chimie clinique de Lausanne, Paul Kouchakoff entreprend une recherche[6],[7] qui laisse supposer que le corps reconnaitrait les aliments cuits comme étant des envahisseurs nocifs et qu'il ferait de son mieux pour essayer de les éliminer. En termes simples, des globules blancs (les leucocytes) se précipitent vers le lieu de l’invasion (les intestins) dès que la nourriture pénètre dans la bouche. Le phénomène s’appelle leucocytose digestive. Kouchakoff aurait découvert que, lorsque la nourriture était consommée crue, la leucocytose digestive ne se produisait pas. La quantité de globules blancs dans le système sanguin n’augmenterait pas lorsque l’on mange de la nourriture crue. Les aliments cuits et transformés, au contraire, déclencheraient à coup sûr une mobilisation des globules blancs. La leucocytose ne se produirait pas si les aliments crus sont ingérés avant les aliments cuits[8].

Dr Kouchakoff en 1937 re-publia ses recherches dans l'article Nouvelles lois de l’alimentation humaine basées sur la leucocytose digestive[6](avec notamment des conseils pratiques) suivant ainsi les travaux de Donders en 1846, Grancher en 1876[9], Hofmeister et Pohl[10], Schneyer en 1894 et Duperie en 1881 (corrélation avec le cancer)[11], Cabot et Rieder[12]. L'influence de l'alimentation sur la formule sanguine de l'homme (C.R. Soc. Biol.. CV, 207, 1930, Paul Kouchakoff) résume que la leucocytose alimentaire (leucocytose digestive), ainsi que le changement du pourcentage relatif, considérés comme des phénomènes physiologiques, sont en réalité des manifestations pathologiques, et sont dus à l'introduction, dans l'organisme, d'aliments modifiés par la cuisson, de microbes, etc. Ces modifications ne s'observent pas après la consommation de produits frais. L'ingestion d'aliments modifiés seulement par la chaleur produit une leucocytose sans modification du pourcentage relatif des globules blancs, modification qui se produit lors de l'absorption d'aliments altérés par les microorganismes ou par l'industrie[13].

En 1946, Dr Edward Howell publie The Status of Food Enzymes in Digestion and Metabolism[14] se focalisant plus sur la digestion par les enzymes présent dans l'alimentation vivante non dénaturée par la cuisine. Les enzymes présents dans le cru participent à la digestion et donc soulage les sécrétions enzymatiques du corps, tel la salive et les jus pancréatiques. Il postule la loi de la sécrétion adaptative des enzymes digestives[15]. Puis vient Enzyme Nutrition[16] quarante ans plus tard, avec une re-édition de celle de 1946[15], les deux ajoutant une quantité énorme de recherches diverses sur le rôle des enzymes dans la digestion notamment l'importance de l’activité enzymatique régulant les processus du corps, la perméabilité de l’intestin aux enzymes, leurs transports par le système lymphatique, la ré-absorption des enzymes par le corps, l'importance critique des enzymes dans le cru par rapport au cuit, un lien entre l'appauvrissement enzymatique de l'alimentation industrielle et les maladies chroniques, la diminution de la taille du pancréas et l’inactivité salivaire en corrélation avec un régime cru, corrélation entre déficience en enzymes et augmentation de l’activité bactérienne facilitant l'infection, les globules blancs porteurs de l’activité et la diversité enzymatique notamment du pancréas, etc.

Intégrer des aliments crus dans son alimentation demande d'y aller progressivement, car certaines personnes sont incommodées par des ballonnements, des selles molles, ou des colites lors de l'ingestion de fruits et de légumes. Selon le Docteur Philip Keros, les aliments lactofermentés (choucroute, carottes, betterave, etc.) permettent une transition entre le cuit et le cru, et comme pour le soja fermenté, la lactofermentation détruit certaines substances indésirables[17].

Selon une étude réalisée par l'IRD pour le Ministère français de l'agriculture et de la pêche, la spiruline de par sa forte richesse naturelle en protéines, fer et vitamine B12, acides gras essentiels doit être considérée comme un aliment qui, en accompagnement d'autres aliments riches en protéines (levure de bière, soja, oléagineux, etc.), peut être une bonne alternative[18].

Néanmoins, il est important de ne pas se satisfaire uniquement de la spiruline. Les graines germées comme le seigle, le quinoa, le soja, le sésame apportent en protéines, mais aussi en vitamines (comme la vitamine B12), en minéraux, en oligo-éléments, acides aminés, en enzymes et en substances biologiques actives.

En mangeant de façon variée des fruits, des légumes, des graines germées, des oléagineux (les amandes, les noix de cajou, les noix de Pécan, les noix de Macadamia, les noisettes, les pignons et les pistaches), des huiles végétales, les crudivores peuvent répondre aux besoins de l'organisme en protéines, en lipides (via les diverses huiles végétales), en glucides (via les fruits secs, les fruits frais, etc.), en vitamines et en sels minéraux.

Les apports en vitamines[modifier | modifier le code]

L'alimentation crue permet d'apporter à l'organisme un plus grand nombre de vitamines et minéraux que l'alimentation cuite. Voici un échantillon des apports possibles :

  • La vitamine A est très présente dans la luzerne et les lentilles germées.
  • Les vitamines B se trouvent toutes facilement dans le règne végétal. Les légumes, céréales, légumineuses et noix en renferment en bonnes quantités.
  • La vitamine C se trouve en abondance dans les fruits et légumes.
  • La vitamine D n'est pas vraiment présente dans les végétaux, mais le trèfle germé est composé de vitamine D.
  • Les huiles végétales et le germe blé sont d'excellentes sources de vitamine E.
  • Les légumes verts contiennent de la vitamine K en grande quantité.

Cela nécessite une assiduité aux graines germées comme pour un omnivore qui consommerait une portion de viande par jour.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le magazine Le Chou brave
  2. a et b http://www.fureurdesvivres.com/news/faut-il-manger-cru
  3. Agence canadienne d'inspection des aliments
  4. Ehret, Arnold. 1963. Santé et Guérison par le Jeûne, Traitements sans drogues, Végétarisme. Nouv. éd. Paris : Édition ARYANA, p. 87, 153 p.
  5. http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/Regimes/Fiche.aspx?doc=alimentation_vivante_regime/
  6. a et b Revue générale des Sciences pures et appliquées, 1937, T48, Paris G. Doin et Cie, Éditeurs, Paul Kouchakoff, Nouvelles Lois de l'alimentation humaine, page 318
  7. http://www.seleneriverpress.org/images/pdfs/THE_INFLUENCE_OF_FOOD_COOKING_ON_THE_BLOOD_FORMULA_OF_MAN.pdf
  8. Dextreit, Raymond. 2006. Vivre sain, guide de l'alimentation naturelle. 2e. éd. Paris : Vivre en harmonie, 320 p.
  9. Paul Kouchakoff Édition F. Rouge & Cie S.A., 1937, 29 pages
  10. (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62132366/f483.image.r=leucocytose%20digestive.langEN Traité de physiologie] J.-P. Morat et Maurice Doyon, Paris, Masson et Cie, Éditeurs Libraires de l’académie de Médecine, 1900, 587 p.
  11. Leçons sur les maladies du Sang par Georges Hayem, Paris, Masson et Cie, Éditeurs Libraires de l’académie de médecine, 1900
  12. Action des sérums de Roux et de Markmorek sur les Globules sanguins, Dr Maurice Bize, Paris, Georges Carré et C. Naud, Éditeurs, 1899
  13. Publication 'l’année biologique' fondée par Yves Delage - 1932 (SER3,A36,T7,PART1)
  14. The Status of Food Enzymes in Digestion and Metabolism, Edward Howell, copyright 1946 by National Enzyme Company
  15. a et b http://www.soilandhealth.org/02/0203cat/0203longevitylibcat.html à télécharger en anglais sur ce site
  16. Enzyme Nutrition, The food enzyme concept, Dr Edward Howell, Avery publishing Group Inc. ISBN 0895293005 et ISBN 0895292211
  17. http://www.medecines-douces.com/impatient/288avr02/keros.htm
  18. http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Spiruline_synthese_et_compilation_DGPAAT_2008.pdf

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]