Confession de foi de Londres de 1689

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La confession baptiste de foi de 1689 a été composé par les baptistes calvinistes en Angleterre pour donner une forme à l'expression de leur foi chrétienne, protestante et réformée avec une perspective clairement baptiste. Cette confession, comme la Confession de foi de Westminster 1646 et la Déclaration de Savoie 1658, a été écrite par des puritains évangéliques dont leur organisation particulière d'églises reflête ce qu'ils perçoivent de leur enseignement biblique.

Les baptistes réformés et les baptistes traditionnels en Angleterre[modifier | modifier le code]

La rédaction de la confession de 1689 est liée à l'histoire des premiers baptistes anglais et à la différence entre la branche baptiste traditionnelle et le baptisme réformé. Au début du XVIIe siècle, les baptistes anglais avaient surtout une organisation d'églises branlantes, plutôt qu'une dénomination organisée. Avec l'avènement de l'arminianisme vers la même époque, de nombreuses églises baptistes adoptèrent cette position selon laquelle le salut des chrétiens dépendait finalement de leur propre choix personnel. Ces églises baptistes furent appelés les "baptistes généraux" en raison de leur croyance en une "expiation générale" pour tous les hommes sans exception. De l'autre côté, de nombreux baptistes rejetèrent l'enseignement de l'arminianisme et affirmèrent que le salut chrétien dépendait du choix de Dieu. Ces baptistes furent appelés “particulier” parce qu'il croyait que la mort du Christ et son rachat était limité à ceux que Dieu avait choisis avant le début des temps. Les termes baptistes particuliers, baptistes calvinistes et baptistes réformés sont synonymes entre eux.

Bien que ces différences théologiques furent importantes, les baptistes réformés et les baptistes généraux souffrirent de persécutions de la part de l'Église anglicane. Pratiquement tous les baptistes ont quitté l'Église établie parce qu'ils étaient convaincu que la Bible ne pouvait pas accepter une forme épiscopale à l'Église, ni l'implication de la monarchie britannique dans les affaires de celle-ci. D'autres puritains à la même époque, l'Église presbytérienne et les congrégationalistes, souffrirent aussi des persécutions, mais leur effectif numérique et leur influence leur permit d'y échapper. L'affirmation par les églises baptistes que le baptême des croyants les mirent en contradiction non seulement avec l'Église anglicane, mais aussi avec les presbytériens et les congrégationalistes, tous étant pour le baptême des enfants.

La Confession de 1644 et la guerre civile anglaise[modifier | modifier le code]

Le XVIIe siècle se poursuivant, les relations entre les puritains et la monarchie se détériorèrent. De nombreux leaders puritains étaient membres du Parlement et ces tensions aboutirent finalement à la guerre civile anglaise, qui se déroula de 1642 à 1649. Charles Ier fut battu et exécuté, et l'Angleterre fut durant une courte période une république.

Avec la montée de l'agitation civile, les baptistes réformés saisirent l'occasion d'écrire leur propre déclaration de foi. Sept congrégations envoyèrent des représentants pour écrire le document. Le but du document était de formellement différencier les croyances des baptistes réformés de celles des baptistes généraux. Le document fut terminé en 1644, et, même s'il n'était pas vraiment détaillé, il était clairement calviniste dans le ton. Le document est connu sous le nom de “Première confession baptiste”, et précéda la plus connue : la Confession de foi de Westminster qui fut rédigée en 1646.

Avec la chute de la monarchie, la confession de Westminster fut désignée comme étant la déclaration de foi des Églises anglicane et presbytérienne (Église d'Ecosse). Les congrégationalistes élaborérent leur propre version de la Confession de Westminster en 1658, appelée la déclaration de Savoie. La confession baptiste originelle de 1644 n'était pas aussi complète que les deux autres confessions anglaises et il devint clair qu'il fallait composer une autre confession baptiste anglaise.

Les problèmes après la Restauration[modifier | modifier le code]

Après l'exécution de Charles Ier, les presbytériens écossais, les anglicans et les congrégationalistes, bien qu'ils partagent une théologie commune, furent divisés sur la place de la monarchie. Oliver Cromwell, un congrégationaliste, dirigea l'Angleterre en tant que Lord Protecteur jusqu'à sa mort en 1658. La monarchie, sous Charles II, fut restauré en 1660. Les relations entre l'Écosse et l'Angleterre, ainsi que leurs puritains respectifs, continuèrent à être tendues en ce qui concerne les lois régulant le culte. En 1662, l'Acte d'Uniformité considéra comme illégal d'user autre chose que le nouveau Book of Common Prayer (Livre de la prière commune) dans toutes les églises anglicanes, presbytériennes, congrégationalistes et baptistes d'Angleterre. De plus, l'Église anglicane abandonna la Confession de foi de Westminster et revint aux Trente-neuf articles.

La confession de 1677[modifier | modifier le code]

Le résultat fut que, avec la restauration de la monarchie, les baptistes anglais souffrirent à nouveau de persécutions à cause de leur foi. En 1677, un important groupe de baptistes particuliers se rassemblèrent dans le but de créer une confession de foi plus détaillée. Le processus de composition fut copié de la Confession de Westminster, laquelle était utilisée par de nombreuses églises baptistes réformées malgré les différences entre l'organisation traditionnelle de l'Église et celle du baptisme.

Le document de 1677 différa de celui de Westminster et de celui de Savoy sur deux points importants. Premièrement, il définit le pouvoir de la dénomination baptiste en ce qui concerne les relations entre les congrégations individuelles. Deuxièmement, le plus important dans une perspective baptiste, il marque clairement son adhésion au baptême des croyants. Sur ce dernier point, c'est leur vision des Écritures qui aboutit à cette croyance, plutôt qu'un lien avec le mouvement anabaptiste qui se manifesta bien après la Réforme.

La persécution et le secret empêchèrent le document de 1677 d'être soutenu officiellement par les baptistes réformés, mais il est évident que de nombreux leaders d'églises baptistes firent connaître le fond de ce document aux membres de leurs églises.

l'Acte de tolérance de 1689[modifier | modifier le code]

En 1689, l'Acte de tolérance passa et instaura la liberté religieuse, le pluralisme religieux et permit aux autres Églises chrétiennes de coexister à côté de celles d'Angleterre et d'Écosse. Ce sursis officiel permit à des représentants de plus de 100 églises baptistes réformées de se rencontrer à Londres du 3 juillet au 11 juillet pour discuter et avaliser le document de 1677. Bien que le document ait été écrit en 1677, sa préface officielle le désigne comme la "Confession de foi baptiste de 1689".

Les conséquences historiques de la confession de 1689[modifier | modifier le code]

La confession de 1689, à côté des confessions de Westminster et de Savoy, est considéré comme la plus importante confession de foi réformée faite dans le monde anglophone. Il n'y pas de doute que la confession de 1689 fut lourdement influencée par le travail réalisé lors de l'écriture des deux autres confessions, mais il ne faudrait toutefois pas ignorer son importance et son influence sur les églises baptistes en particulier, et les églises calvinistes et réformées en général.

Les baptistes réformés développèrent rapidement des églises dans l'Amérique coloniale, et en 1707 l'Association baptiste de Philadelphie fut créée. L'association adopta formellement la confession de 1689 en 1742 après des années d'application tacite par des églises individuelles et des membres de congrégations. Elle fut renommée Confession de foi de Philadelphie. D'autres associations d'églises baptistes réformées furent créées dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et adopèrent la confession sous le nom de Confession baptiste.

Durant le Second grand éveil en Amérique, les baptistes réformés et les autres expressions calvinistes du christianisme protestant subirent les attaques d'évangélistes comme Charles Grandison Finney et des théologiens comme Nathaniel William Taylor. De nombreux baptistes particuliers adoptèrent l'hyper-calvinisme, malgré le fait que la confession de 1689 ne supporte pas des positions aussi extrêmes dans la théologie réformée.

La confession de 1689 demeure, de nos jours, un document important pour tout églises baptistes réformées au niveau international, leur autorisant d'avoir une confession de foi historique qui peut être comparée favorablement à la Confession de Westminster. Les relations modernes entre les baptistes réformés et les dénominations réformées (comme les presbytériens) sont sans aucun doute puissantes grâce à la similarité entre les deux confessions.

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