Collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie

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Collégiale Notre-Dame
de Mantes-la-Jolie
Image illustrative de l'article Collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie
Présentation
Culte Catholique romain
Type Collégiale
Rattachement Diocèse de Versailles
Début de la construction XIIe siècle
Style dominant gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Mantes-la-Jolie
Coordonnées 48° 59′ 25″ N 1° 43′ 13″ E / 48.990304, 1.72026648° 59′ 25″ Nord 1° 43′ 13″ Est / 48.990304, 1.720266  

La Collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie est une église gothique des XIIe et XIIIe siècles située à Mantes-la-Jolie (Yvelines, France) en bord de Seine. Elle fut classée Monument historique en 1840[1].

Cette église ressemble à Notre-Dame de Paris par le style et par son élévation sur trois niveaux. C'est une nef simple, encadrée de bas-côtés, sans transept, qui se termine par une abside entourée d'un déambulatoire et de neuf chapelles rayonnantes construites au XIIIe et XIVe siècles. La façade orientée vers l'ouest est percée de trois grands portails sculptés surmontés d'une rosace. Cette disposition s'inspire du modèle de la cathédrale de Laon. Le portail central dédié à la Vierge a été endommagé pendant la Révolution.

Histoire[modifier | modifier le code]

Notre-Dame vers 1840, avant les campagnes de restauration

Commencée vers 1150, elle fut achevée vers 1350 après plusieurs campagnes de travaux. Les travaux commencèrent par l'implantation d'une plate-forme au nord et les murs extérieurs avec les trois portails. La tour sud fut construite vers 1250 et la tour nord vers 1510.

Pendant la Révolution française, la collégiale est gravement endommagée. En particulier, de nombreuses statues de la façade ont été mutilées en 1794. L'édifice a été alors converti en « temple de la Raison », puis est devenu successivement une fabrique de salpêtre et un arsenal.

Après la signature du Concordat en 1801, quelques travaux de restauration d'urgence ont été réalisés.

Une campagne de restauration importante est menée ensuite durant le XIXe siècle. La restauration de la tour nord est réalisée de 1851 à 1855 sous la direction d'Alphonse Durand, architecte de Mantes-la-Jolie, élève de Viollet-le-Duc. Il décida de la reconstruire à l'identique de la tour sud, outrepassant quelque peu le principe d'une restauration.

Le 30 mai 1944, un important bombardement aérien allié, visant le pont de Mantes, détruit une grande partie du vieux centre de Mantes-la-Jolie. La collégiale est légèrement touchée.

La toiture a été entièrement refaite en 2001 et 2002. Ces travaux ont nécessité la pose de 44 650 tuiles vernissées. La rosace a été restaurée en 2003.

Depuis 2011, la façade nord est en cours de restauration.

Le 27 septembre 2012, à l'occasion du lancement d'un timbre à l’effigie de la collégiale, Michel Vialay, maire de Mantes-la-Jolie, annonce son intention de demander l'inscription du bâtiment au Patrimoine mondial de l'UNESCO[2].

Dimensions[modifier | modifier le code]

La collégiale de Mantes-la-Jolie a des dimensions proches de celles de la cathédrale de Senlis.

  • Longueur totale : 67,70 m ;
  • longueur de la nef et du chœur : 57,70 m ;
  • largeur de la nef : 11,75 m ;
  • hauteur sous voûtes : 29,90 m ;
  • hauteur totale des tours : 61 m ;
  • largeur de la façade : 29,70 m ;
  • largeur des bas-côtés : 6,10 m ;
  • hauteur jusqu'à l'étage des galeries : 31,25 m.

Les portails[modifier | modifier le code]

Portails de la façade ouest de la Collégiale Notre-Dame

Le portail de la Résurrection[modifier | modifier le code]

L’œuvre la plus ancienne de l'édifice. Il aurait été réalisé vers 1175 en pierre blanche de Vernon ou blonde d'Île-de-France par les ateliers qui travaillèrent à Saint-Denis et Notre-Dame de Paris. Ce portail est dédié à la Résurrection du Christ. Sculpté dans un style plus archaïque, il démontre une moins grande maîtrise technique de l'artiste. On peut néanmoins apprécier la simplicité qui s'en dégage et qui est en lien sans aucun doute avec sa vocation pédagogique.

Le portail de la Vierge[modifier | modifier le code]

L'entrée principale de la Collégiale vouée à Marie et à son assomption. Le portail de la Vierge est considéré comme un chef-d'œuvre de la sculpture occidentale. Il se compose de deux ensembles conçus à dix ou quinze ans d'intervalle. La partie basse, sous le niveau de la base du linteau, a dû être exécutée très peu de temps après le portail de la Résurrection. Toute la partie supérieure (voussure et tympan), est sensiblement postérieure.

Le portail des Échevins[modifier | modifier le code]

Situé à droite de la façade, ce portail très richement décoré a été construit en 1300 à la demande des échevins de la ville. Il ressemble par sa composition et son style au portail sud la Calende de la cathédrale de Rouen. Il fut gravement endommagé lors de la Révolution. Il a perdu notamment les statues des ébrasements en partie basse et une partie de la décoration du tympan où les têtes des statues ont disparu[3].

La nef[modifier | modifier le code]

La nef gothique la plus élevée du XIIe siècle. De son temps, seule Notre-Dame de Paris la dépassait de seulement deux mètres. L'élévation de la nef est partagée en trois étages de hauteur sensiblement égale : les grandes arcades du rez-de-chaussée, celles des tribunes et enfin les fenêtres hautes. La disposition de la nef est en grande partie due à ses trois voûtes d'ogives à six branches (sexpartites), chacune embrassant deux travées. L'adoption de ce type de structure a une conséquence évidente : les piles ne supportent pas toutes la même charge. D'où l'alternance de fûts cylindriques simples et de piles flanquées de colonnettes.

Le style de l'architecture frappe par sa sobriété. Les grandes baies des tribunes ne sont pas moulurées. De vastes pans de murs nus, dus à l'absence de division horizontale, y apparaissent notamment à l'étage des fenêtres hautes. Cette sobriété est parfaitement dans l'esprit des architectes parisiens du XIIe siècle. La longueur modeste de la nef, l'écartement du pilier qui ouvre largement sur les bas-côtés, ainsi que les amples zones horizontales confèrent à l'ensemble une étonnante majesté.

Les vitraux[modifier | modifier le code]

La rose[modifier | modifier le code]

La grande rose de Mantes est l'une des plus anciennes de France. Les plus anciens panneaux remontent aux environs de 1210. Elle représente le jugement dernier. L'oculus central est occupé par une mandorle où trône le Christ juge, se détachant sur un fond bleu peuplé d'étoiles rouges. Il est entouré d'un chœur d'anges dont les bustes ailés sortent des nuées. Le premier cercle, qui obéit à un axe de symétrie vertical, est celui des anges et des intercesseurs. Le fond bleu des quadrilobes figurés s'oppose au rouge sur lequel se détachent les rinceaux décoratifs qui complètent chaque compartiment[3].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Bailly, La collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie, édition financée par le conseil général des Yvelines et la ville de Mantes-la-Jolie, 1980
  • Jean Bony, « Notre-Dame de Poissy », Congrès archéologique de France, Paris, Société archéologique de France / A. Picard, vol. 104 « 104e session tenue à Paris et à Mantes en 1946 »,‎ 1947, p. 163-220 (ISSN 00698881)
  • André Rhein, « Notre-Dame de Mantes », Congrès archéologique de France, Paris, A. Picard / Levé, vol. 82 « 82e session tenue à Paris en 1919 »,‎ 1920, p. 210-226 (ISSN 00698881, lire en ligne)
  • André Rhein, L'église Notre-Dame de Mantes, Paris, 1932.
  • Thomas Schwob et Cédric Sidobre, Notre Dame de Mantes-la-Jolie, éditions Italique,‎ 2007, 159 p. (ISBN 9782915749052)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00087508 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Mantes-la-Jolie: la collégiale à l'Unesco? », sur Le Figaro (consulté le 27 septembre 2012)
  3. a et b Notre-Dame de Mantes-la-Jolie, Thomas Schwob, Cédric Sidobre, Éd. Italique