Circulation alternée

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Voies bidirectionnelles sur le Lion's Gate Bridge de Vancouver

La circulation alternée concerne des restrictions de circulation, fondées sur une interdiction de circulation dans un sens donné pour une période de temps limitée (de quelques minutes à plusieurs heures). L'usage de la voie se fait alors à sens unique, avec alternance du sens.

Cette circulation est pratiquée sur des ponts à voie unique, des portions de voies en travaux où étroites rendant les croisements dangereux, des voies bidirectionnelles d'autoroutes, de ponts ou de tunnels, avec une ou plusieurs voies de circulation réversibles en fonction de l'importance du trafic dans un sens donné. Un signal bicolore (vert ou rouge) indique alors s'il est possible, ou non, d'utiliser la voie. Cette restriction peut ne s'appliquer que pour des véhicules à gros gabarit comme les camions ou les bus (cas par exemple pour certains tunnels). Si cette circulation alternée s'applique principalement à la circulation routière, elle existe également pour les circulations ferrée et fluviale.

Le terme de circulation alternée désigne aussi une restriction de la circulation automobile qui s'applique avec alternance (en général journalière) en fonction de l'immatriculation des véhicules, le plus souvent entre les immatriculations paires et impaires. Cette alternance est mise en place dans une ville ou son agglomération pour y diminuer et fluidifier la circulation automobile afin de réduire la pollution atmosphérique.

Alternance du sens de circulation[modifier | modifier le code]

Routes[modifier | modifier le code]

Travaux et manifestations[modifier | modifier le code]

Un tronçon de route en travaux, qui ne permet le passage des véhicules que sur une voie, est souvent mis en circulation alternée. Des feux ou des employés sont placés aux deux extrémités et gèrent le trafic. C'est le cas aussi quand une manifestation sportive ou autre empêche l'accès normal aux routes.

Cols, gorges, ponts[modifier | modifier le code]

La circulation sur les routes de montagne où le croisement est dangereux ou impossible est parfois limitée sur une base horaire. Des lieux présentant un grand intérêt touristique et un trop grand nombre de véhicules peuvent aussi connaître la circulation alternée, comme les gorges de Galamus dans les Pyrénées-Orientales (tous les jours en été de 13h à 19h)[1].

Voies bidirectionnelles[modifier | modifier le code]

Des autoroutes, des ponts ou des tunnels comprennent une ou plusieurs voies de circulation réversibles qui sont attribuées dans l'une ou l'autre direction selon l'importance du trafic.

La plus longue route totalement réversible se trouve au Brésil, entre São Paulo et la mer (58,5 km). Elle compte 10 voies en 4 groupes (3+3+2+2), chacun des groupes pouvant être inversé.

En France, il existe un unique cas depuis 2010 : les 3 voies du pont de Saint-Nazaire sont autorisées à la circulation dans un sens ou dans l'autre selon l'état du trafic, d'événements climatiques et de la maintenance.

Tunnel du Mont-Blanc

Camions[modifier | modifier le code]

Dans les tunnels alpins où la densité des véhicules est strictement contrôlée, les camions ne sont parfois autorisés à circuler que de manière « alternée ». C'était le cas au tunnel routier du Gothard en 2002 : circulation alternée toutes les deux heures le matin et toutes les quatre heures l'après-midi[2]. Suite à la catastrophe dans le tunnel du Mont-Blanc en 1999, la circulation des camions a aussi été « alternée » jusqu'en mars 2003[3].

Mobilité[modifier | modifier le code]

Certaines villes comme Barcelone et Caluire[4] (Lyon) pratiquent des restrictions de la circulation qui varient selon les heures de la journée, c'est le concept de « site propre à gestion alternée ». Le but peut être de faciliter tour à tour : le stationnement des résidents la nuit, les livraisons le matin, et la circulation des voitures ou des transports publics dans la journée. À Caluire, les bus circulent sur le site propre en direction du centre ville le matin, et le soir vers la périphérie. Chambéry envisage de faire de même[5].
L'idée est de partager la voirie équitablement dans le sens le plus opportun, selon les moments.

Voies fluviales[modifier | modifier le code]

La Seine à Paris

Une circulation alternée régit la traversée de Paris sur la Seine, sur le grand bras entre le pont de Sully et le pont au Change. Chaque heure pleine permet le passage dans chaque sens durant 15 à 20 minutes[6].

Voies ferrées[modifier | modifier le code]

Dans le cas d'une voie unique, il est nécessaire d'utiliser la circulation alternée. Un feu bicolore (vert et rouge) indique s'il est possible de s'engager sur la voie sans danger.

Circulation routière alternée en fonction de l'immatriculation[modifier | modifier le code]

Plusieurs États et grandes villes ont introduit dans leur règlementation la possibilité d'une circulation alternée pour lutter contre la pollution atmosphérique. Cette disposition, assez exceptionnelle sauf à Mexico, peut se produire suite à de fortes pollutions et à de mauvaises conditions de dispersion atmosphérique. Elle a pour but de contribuer à diminuer ou limiter la présence d'un ou plusieurs polluants générés par la circulation automobile, lorsque ceux-ci atteignent des seuils jugés particulièrement néfastes sur la santé.

Concrètement, la restriction s'applique sur un secteur donné et pour une période donnée. La circulation automobile est alors interdite, au jour le jour, en fonction de l'évolution du niveau de pollution et ce le plus souvent de façon alternée en fonction du chiffre terminal de la plaque minéralogique (la ville de Mexico applique elle une double restriction). C'est le système dit des « numéros pairs et impairs » : les véhicules avec une immatriculation finissant par un chiffre pair peuvent circuler si le jour est pair, les véhicules avec une immatriculation finissant par un chiffre impair si le jour est impair. Les véhicules d'urgence, de secours, de police ou de service public peuvent circuler quelle que soit leur plaque, exceptions pouvant être étendues aux véhicules non ou peu polluants (véhicules électriques, hybrides, au gaz,...) ou transportant plus de x personnes (pour favoriser le covoiturage).

Belgique[modifier | modifier le code]

À Bruxelles, une ordonnance est entrée en vigueur le 1er janvier 2009 dressant un plan d'alerte en cas de pic de pollution. Il distingue trois niveaux de mesures allant de la simple incitation à l'utilisation des transports alternatifs à la voiture jusqu'à l'interdiction totale de la circulation pour les voitures. Au second niveau d'alerte, un système d'alternance commence en fonction du dernier chiffre de la plaque d'immatriculation des véhicules (paire/impair). Des dérogations sont accordées pour les transports en commun, les véhicules d'utilité publique ainsi pour certains véhicules dits « propres »[7]. L'ordonnance est d'application dans toute la région dès le lendemain du pic à l'origine du déclenchement du plan.

France[modifier | modifier le code]

La circulation alternée est une disposition réglementaire, applicable par décision préfectorale en application d'un arrêté préfectoral, lors d'une pointe de pollution atmosphérique constatée ou imminente, relative au dépassement du « seuil d'alerte » de l'arrêté préfectoral en vigueur.

Elle n'a été mise en application (au 12 avril 2014) que deux fois en France et uniquement sur Paris et petite couronne. Une première fois le 1er octobre 1997[8] pour lutter contre un pic de pollution au dioxyde d'azote. Puis de nouveau, 17 ans plus tard, le 17 mars 2014 pour lutter contre un pic de pollution aux particules fines sévissant depuis plusieurs jours en région parisienne. La restriction s'est appliquée de 5h30 à minuit[9]. N'étaient pas soumis à cette restriction : les véhicules particuliers électriques, hybrides, roulant au gaz naturel (GNV) ou au gaz liquéfié (GPL) ou transportant au moins trois personnes (pour favoriser le covoiturage) et les véhicules utilitaires légers (camionnettes)[9] ainsi que les véhicules assurant une mission de service public ou d'urgence (pompiers, police, poste, ambulances, etc.), les transports publics et les taxis, les véhicules de transports de produits frais, de dépannage, de déménagement, de nettoyage, d'enlèvement des ordures, de transports de fonds ou de journaux et les véhicules de presse. Les camions de plus de 3,5 tonnes et les véhicules sans pot catalytique étaient interdits de circulation, quelle que soit leur plaque d'immatriculation[9]. Les hasards du calendrier ont abouti au fait que dans les deux cas, seuls les véhicules impairs étaient autorisés à circuler.

Grèce[modifier | modifier le code]

Le nuage de pollution qui surplombe Athènes est appelé le « néfos ». La circulation alternée a été instaurée dans un périmètre restreint et n'atteint pas ses objectifs, étant contournée de diverses manières par les habitants[10].

Mexique[modifier | modifier le code]

La ville de Mexico connait de forts problèmes de pollution atmosphérique. Depuis 1988, la circulation alternée des voitures y est obligatoire de manière permanente. La circulation est interdite pour chaque véhicule l'un des 5 jours ouvrables de la semaine selon la couleur d'une pastille présente sur sa plaque d’immatriculation. En cas de pic de pollution, la restriction est plus stricte : seule une voiture sur deux est autorisée à circuler (immatriculation paires ou immatriculations impaires).

Suisse[modifier | modifier le code]

Le Conseil d'État du canton de Genève peut introduire une réglementation exceptionnelle du trafic (circulation alternée) lorsque la concentration de PM10 (pollution due aux particules fines) excède 150 μg/m3 (microgrammes par mètre cube). Genève est en 2006 le seul canton suisse à disposer d'une telle législation[11].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Gorges de Galamus
  2. Gothard: attente moyenne d'une heure pour les camions, communiqué du 31.01.2002.
  3. Décret du 31 mai 2002.
  4. Caluire
  5. Chambéry, transports en commun, bilan de concertation, décembre 2005.
  6. Service Navigation de la Seine
  7. Une liste de véhicules est donnée en fonction de leur score écologique ou « écoscore » . Voir Ecoscore - Homepage.
  8. http://www.liberation.fr/societe/1997/10/02/circulation-alternee-paris-reussit-20-de-voitures-en-moins-hier-dans-la-capitale-et-une-pollution-en_218446 "Circulation alternée: Paris réussit"], Libération, 2 octobre 1997
  9. a, b et c Préfecture de Police
  10. Café géographique du 10 mai 2004. Guy Burgel, «Athènes : une métropole contemporaine exemplaire?», in Cemoti, n° 24 - Métropoles et métropolisation, mis en ligne le 28 février 2005, consulté le 22 juin 2007.
  11. État de Genève, Communiqué du 20.12.2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]