Château de Rouelbeau

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Château de Rouelbeau
Image illustrative de l'article Château de Rouelbeau
Ruines du Château de Rouelbeau
Période ou style Château fort
Type ruine
Début construction 1318
Fin construction 1355
Propriétaire initial Maison de Faucigny
Protection Bien culturel d'importance régionale
Coordonnées 46° 14′ 31″ N 6° 13′ 04″ E / 46.241965, 6.217741 ()46° 14′ 31″ Nord 6° 13′ 04″ Est / 46.241965, 6.217741 ()  
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
canton suisse Genève
communes de Suisse Meinier

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Château de Rouelbeau

Le château de Rouelbeau est un ancien château médiéval dont on peut apprécier encore quelques vestiges à Meinier dans la campagne genevoise en Suisse.

Historique[modifier | modifier le code]

La « Bastie de Roillebot » fut d’abord une place forte en bois. Il fut construit par le chevalier Humbert de Choulex et inauguré le 7 juillet 1318, après un an de travaux, ce que des sources historiques permettent de dater avec précision.

En 1319, elle devient le siège d’une châtellenie administrée par Hugues Dauphin, sire de Faucigny. Ce château fortifié défendait l'accès des Seigneurs de Faucigny au lac et à la ville neuve d'Hermance. Le contexte politique était alors tendu entre les comtes de Genève, les seigneurs de Faucigny, et la Maison de Savoie.

À cette époque le château était composé d’une bâtie quadrangulaire, en bois, à trois tours d'angle, édifiée sur une motte artificielle. Elle était protégée par une palissade en bois et deux grands fossés remplis d'eau (fossés desquels a été excavé l’argile ayant servi à la fabrication de la motte).

C’est vraisemblablement entre 1339 (date à laquelle le château en bois est consigné dans un acte officiel) et 1355 que fut édifié le château maçonné (avec des murs de 2,25 m composés de boulets et de molasse) dont les ruines nous apparaissent encore aujourd’hui.

Le 5 janvier 1355 le Faucigny est intégré au comté de Savoie ce qui mit fin aux querelles entre les deux maisons... faisant perdre du coup aussi la raison d’être du château. Le site fut progressivement abandonné et il servit de carrière pour la construction des maisons des villages avoisinants.

Le château a été détruit par les bernois en 1536, lors des premiers mouvements de la réforme protestante.

Au XIXe siècle, le château déjà en ruines, était entouré de marécages, faisaient partie du paysage et de la vie des habitants du lieu. Les marais de la plaine de la Seymaz étaient vastes et en hiver, solidement gelés. Les gens de toute la région venaient y patiner.

Considéré isolé et mystérieux ce lieu a inspiré son lot de légendes. On raconte qu'une dame blanche le hante les nuits de pleine lune, faisant revivre les anciens habitants du château. La légende veut que la « la dame blanche» ait été la première épouse d'Humbert de Choulex, répudiée par son mari, qui espérait toujours le voir revenir à elle.

Le site a été classé monument historique en 1921 suite à l’adoption, une année auparavant, de la première loi cantonale sur la protection des monuments et des sites – ce fut le premier bâtiment classé du canton d’ailleurs. Mais il a été laissé à l’abandon et peu à peu la végétation a envahi les ruines. Malgré cela le château a toujours susité de la curiosité au sein de la population.

Dès 1920 les plans d’assainissement de la zone ont fait disparaître les marécages au profit de zones cultivables et ce n’est que grâce aux projets de renaturation des marais aux alentours en 2000 et 2002 que le site du château a trouvé un nouvel intérêt et le biotope marécageux de l’époque.

À partir de 2001 le Service cantonal d'archéologie a entrepris de remettre en valeur les ruines du château et d'en comprendre la genèse. Depuis, le château de Rouelbeau fait l’objet d’études et de restaurations. Il s’agit de l’ultime témoignage de l’architecture médiévale conservé dans la campagne genevoise.

Le travail archéologique déjà effectué permet au visiteur de cheminer tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du château et d’appréhender les volumes de cet ensemble défensif.

Quelques découvertes dans les fouilles[modifier | modifier le code]

  • bulle papale (sceau de plomb destiné à sceller un document) du pape Innocent IV dont le pontificat dura de 1241 à 1254. En 1247, le pape Innocent IV donne des privilèges au sire de Faucigny Aymon II (dont la famille seigneuriale est propriétaire des terres de Rouelbeau) sur les villes d'Hermance et de Monthoux. Rouelbeau aurait alors peut-être servi de dépôt pour ses archives comme en atteste cette découverte.
  • des fragments d’une cruche en céramique à glaçure plombifère décorée de chevrons
  • quelques pièces de monnaies
  • une corne d’appel en céramique

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michelle Joguin Regelin, « Château de Rouelbeau (Meinier) », dans Château-Gaillard, études de castellologie médiévale, XXII : Château et peuplement, actes du colloque international de Voiron (France) 27 août au 4 septembre 2004, Publications du CRAHM, Caen, 2006, p. 189-194.
  • Jean Terrier, « Meinier, ruines du château de Rouelbeau », dans Genava, n.s., LIV, 2006, p. 346-347.
  • Jean Terrier, avec une contribution de Michelle Joguin Regelin, « Rouelbeau : un château en bois édifié en 1318 au sommet d'un tertre artificiel », dans Archäologie der Schweiz, XXXII, 2009, p. 54-63.
  • Jean Terrier, « Découvertes archéologiques dans le canton de Genève en 2006 et 2007 », dans Genava, n.s. LVI, 2008, p. 99-106
  • Jean Terrier, Michelle Joguin Regelin, « Le château de Rouelbeau - une bâtie en bois édifiée au bas Moyen Age dans les environs de Genève », dans Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins, 14. Jahrgang, 4. Heft, 2009, p. 113-134.