Bonnette (optique)

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Une bonnette macro Canon de 2 dioptries.
Une bonnette macro Raynox DCR-250.

Une bonnette, qu'on peut appeler « lentille additionnelle », voire « lentille d'approche » (nomenclature Nikon), est une lentille convergente supplémentaire ajoutée à un objectif photographique. Elle permet d'utiliser un objectif fixe standard, un téléobjectif fixe ou un zoom pour la photographie rapprochée. On la visse devant l'élément frontal, comme un filtre.

Principe[modifier | modifier le code]

Schéma de principe.

La bonnette assure la déviation des rayons lumineux, ce qui permet de rapprocher le plan de mise au point et donc d'obtenir une image plus grande du sujet sur le film. Les bonnettes sont très peu encombrantes, pratiques à manipuler, mais n'en demeurent pas moins un dispositif optique rajouté à l'objectif qui modifie sensiblement sa formule optique. Cela se traduit par l'apparition d'aberrations optiques aux échelles inférieures à 1:4 et donc par l'impossibilité d'atteindre des grossissements élevés avec un niveau de qualité acceptable (pour les bonnettes non-achromatiques).

L'intérêt des bonnettes est réel si le rapport de grandissement reste proche de 1:1, car cet accessoire ne modifie pas le tirage, donc ne provoque pas de réelle perte de luminosité. Les bonnettes sont souvent utilisées en extérieur et pour débuter en proxiphotographie, leur prix étant très sensiblement inférieur à celui d'un objectif macro dédié, avec l'exception des bonnettes achromatiques renseignées ci-dessous.

Une lentille est caractérisée par sa puissance, exprimée en dioptries :

  • Une lentille d'une dioptrie (1D) ramène la distance maximum d'un objectif calé sur la position « infini » à un mètre.
  • Une lentille de 2 dioptries (2D) ramène la distance maximum d'un objectif calé sur la position « infini » à 50 cm.
  • Une lentille de 3 dioptries (3D) ramène la distance maximum d'un objectif calé sur la position « infini » à 33 cm.
  • Une lentille de 4 dioptries (4D) ramène la distance maximum d'un objectif calé sur la position « infini » à 25 cm.
  • Une lentille de 10 dioptries (10D) ramène la distance maximum d'un objectif calé sur la position « infini » à 10 cm.

On peut utiliser deux lentilles d'approche en les additionnant sur un objectif. Dans ce cas, il faut d'abord visser en premier la plus puissante sur l'objectif, puis visser la seconde, de puissance dioptrique égale ou inférieure à la première. Au-delà de deux lentilles, les aberrations et le nombre additionné des surfaces air/verre génèrent des aberrations qui diminuent très fortement la qualité de la prise de vue. Une lentille 3D donnera de meilleurs résultats que l'addition successive des lentilles 2D + 1D...

Bonnettes « achromatiques »[modifier | modifier le code]

Les meilleures bonnettes sont de véritables objectifs : il s'agit de bonnettes dites « achromatiques », composées de deux lentilles accolées, corrigeant les aberrations (surtout en périphérie).

Curieusement, Canon, Minolta ou Nikon ne désignent pas leurs lentilles par la puissance optique, mais par une désignation propre à la marque :

  • Canon propose les lentilles 250D (+4D) en 52 et 58 mm de diamètre, et les 500D (+2D) en diamètres 52 mm, 58 mm, 72 mm et 77 mm.
  • Minolta proposait trois lentilles No. 0 = +0,94D, No. 1 = +2D, No. 2 = +3,8D aux diamètres 49 mm ou 55 mm.
  • Nikon a abandonné en 2006 la fabrication de ses « lentilles d'approche » achromatiques :
    • 3T (+1,5D) et 4T (+2,9D) en diamètre 52 mm
    • 5T (+1,5D) et 6T (+2,9D) en diamètre 62 mm

Ces lentilles achromatiques, véritables optiques par leur conception optique, peuvent même, combinées à des objectifs spécifiques, être utilisées inversées (voir la suite de l'article). Une bonnette 6T Nikon (fabrication arrêtée depuis 2006) coûte, en occasion, presque aussi cher qu'un objectif 50 mm F/1.8.

Association d'objectifs[modifier | modifier le code]

Nikon D300 associé à un objectif Macro 105mm F2.8 et un 50mm f1.4 retourné

Il existe un autre moyen d'obtenir une lentille macro : l'ajout devant la lentille frontale de l'objectif monté sur l'appareil d'un second objectif en position retournée. Ainsi, un 200 mm équipé d'une bague filetée mâle/mâle se verra rajouter un objectif de 50 mm, ou d'un 35 mm. Le rapport de grossissement sera alors de 200/50 = 4 ou 200/35 = 5,7.

Un objectif retourné est intéressant à utiliser pour les raisons suivantes :

  • ses lentilles ont généralement subi un traitement multicouches ;
  • sa formule optique a été corrigée des principales aberrations optiques ;
  • avec le passage de la plupart des photographes de l'argentique au numérique, beaucoup d'anciennes optiques sont disponibles à des prix ridiculement bas, ou ne méritent pas qu'on s'en sépare pour un prix aussi bas.

Pour coupler les deux objectifs, il faut utiliser des bagues à pas de vis mâle/mâle aux diamètres appropriés de chaque objectif. En France, elles sont très difficiles, voire impossible, à trouver. Ces bagues se vendent sur internet, sous le nom de coupling ring ou macro ring.

Dans le cas où le diamètre de l'objectif monté sur l'appareil est supérieur à celui de l'optique ajoutée en position retournée, on risque d'observer un vignetage plus ou moins marqué.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]