Banque libre

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Une banque libre telle que la définit Kevin Dowd[1] est un système financier qui n'implique pas de banque centrale ni aucun autre régulateur financier, y compris le gouvernement, cela dans le but que les institutions financières puissent agir librement, tel que défini par les forces en présence sur le marché.

Théorie[modifier | modifier le code]

La question fondamentale, généralement adressée à la théorie des banques libres, est : comment un système bancaire et monétaire peut-il s'organiser sous une politique de laissez-faire[2] ?

Sorti en 1987, l'article The Evolution of a Free Banking System offre une explication de la progression de la dématérialisation des dépôts sous une politique de laissez-faire. Cette explication débute par l'idée de création d'une monnaie comme moyen d'échange et se termine sur les institutions de compensation bancaires[3].

L'hypothèse que les systèmes monétaires peuvent fonctionner facilement sans réglementations des États soulève la question suivante : pourquoi les États interviennent-ils dans la régulation de la monnaie[4] ?

Telle que le suggère Lawrence White et George A. Selgin, professeurs d'économie, la cause de cette intervention s'explique du fait que les pressions fiscales imposées aux gouvernements leur imposent de rechercher à extraire des sources de capitaux aux principaux détenteurs de la monnaie.

Or, de ce que dit Friedrich Hayek dans son livre Denationalisation of Money, c'est que la concurrence est bonne et qu'un système de monnaie privée ne pose pas de problèmes. À l'opposé, dit-il, il y a de gros problèmes si le gouvernement s'en charge.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plus de 100 pays ont adopté ce système durant l'essor du système des banques libres écossaises qui a duré près d'un siècle[5] ; cela inclut l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, l'Espagne, le Portugal et la Grèce.

  • Canada (1891 à 1934). Aucune banque canadienne n'a fait faillite durant la grande Dépression de 1929 et ce, en partie à cause de son absence de banque centrale, à l'existence de réseaux de succursale et à la collaboration interbancaire mis en place par l'Association des Banquiers Canadiens. Cependant, le 3 juillet 1934, la Loi sur la Banque du Canada est adoptée ce qui a pour effet de créer la Banque centrale du Canada[6].
  • Écosse (1716 à 1845). Ce pays a développé un système de concurrence entre banques. Chacune appliquait le système de compensation des billets de banque ; les échanges se faisait deux fois par semaine et la balance était immédiatement équilibrée. Dès le début, ils ont adopté un système de branches, et, comparé aux autres pays, ils ont eu un développement beaucoup plus rapide de leurs banque de dépôt ainsi que des techniques de prêts.

La Première Guerre mondiale a été un point tournant dans l'histoire des banques libres. Le Canada et la Nouvelle-Zélande ont adopté une forme de contrôle gouvernemental des provisions en argent afin d'aider la finance de leur engagement dans la guerre. La Société des Nations fit un mémorandum pour que chaque nation qui n'avait pas une banque centrale en ait une.

La dernière banque libre fut celle du Venezuela, qui a été remplacé par une banque centrale en 1940.

Citations[modifier | modifier le code]

  • Quand un gouvernement interdit à une compagnie quelconque le droit de mettre dans la circulation des billets au porteur n'enfreint-il pas une règle du droit naturel qui permet à tout homme de contracter des engagements, s'il en trouve un autre qui juge ces engagements dignes de sa confiance ? (Jean-Baptiste Say)
  • Tant que les affaires monétaires sont entre les mains du gouvernement, l'étalon-or avec toutes ses imperfections est le seul système tolérable ; mais on peut certainement mieux faire, et sans l'intervention du gouvernement. (Friedrich Hayek)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]