François de Bonal

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François de Bonal, 92e évêque de Clermont-Ferrand, est né le 9 mai 1734 à Saint-Léger canton de Penne dans le Lot-et-Garonne. Il décède le 3 septembre 1800 à Munich où il s’était réfugié suite à la Révolution.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Jean de Bonal et de Françoise Christine de Méallet de Fargues, il appartient, par son père, à l’une des plus anciennes familles : Pierre de Bonal était évêque de Sarlat en 1446 puis de Rieux où il mourut en 1469. Sa mère est issue d'une haute famille de Haute-Auvergne. Son frère cadet, Jean-Joseph Méallet de Fargues[1], devient chevalier de Saint-Louis[2] alors que son neveu, Henri de Bonal, page de Louis XVI est chevalier de Malte.

L'évêque[modifier | modifier le code]

Il entre dans les Ordres après de longues études. Député à l’assemblée du clergé en 1758, il est pourvu de l’abbaye de Saint-Ambroise de l’ordre de Saint-Augustin dans le diocèse de Bourges, puis nommé vicaire et grand archidiacre de Châlon-sur Saône. Madame Louise de France l’appelle comme directeur général des Carmélites qu’elle édifiait alors. De Bonal est sacré le 6 octobre 1776 évêque de Clermont en l'église Saint-Roch à Paris[3]. Le 19 mars 1780, un Bref de Pie VI lui accorde le pouvoir de donner aux fidèles qui seraient en danger de mort la bénédiction apostolique avec l'indulgence plénière. Lors de l'assemblée générale du clergé de 1780[4], il proteste contre les progrès de l'antichristianisme et dénonce les ouvrages "L'histoire philosophique et politique des établissements des Européens dans les Deux Indes" et "Le système de la nature"[5]. En 1781, il est nommé abbé de Bonport dans le diocèse d'Évreux. De retour dans son diocèse, il intervient auprès du Roi pour la défense et le maintien de la Cour des Aides à Clermont. Suite aux privations du peuple, il accorde en 1783 une dispense du jeûne pendant quatre jours de la semaine lors du Carême. De 1777 à 1785, Mgr de Bonal visite trois cent quatre-vingt-sept églises de ce vaste diocèse qu’était alors celui de Clermont. Au cours de l'été 1785, il accueille les filles de Louis XV, Adélaïde et Victoire venues voir le tombeau de Saint Amable à Riom et prendre les eaux à Vichy. Gravement malade en 1786, il aide une dernière fois son diocèse, victime de la grêle en juillet 1787, en lui faisant octroyer un secours de 44 000 livres et une remise sur les impositions pour les paroisses concernées.

Le député[modifier | modifier le code]

En 1787, de Bonal siège à l'Assemblée provinciale d'Auvergne. En 1788, il adresse une protestation à Louis XVI contre l'édit du 7 novembre 1787 qui accorde aux Réformés l'exercice de leurs droits civils avant de se rendre à l'Assemblée générale extraordinaire du Clergé que Louis XVI réunit afin d'obtenir une aide financière. Lors de son « Mandement » pour le carême de février 1789, Mgr de Bonal dénonce les « calamités » que provoquerait l’application « d’une philosophie impie qui s’est répandu sur nous ». Élu député aux États généraux de 1789 pour la Sénéchaussée de Riom à égalité avec le curé de Dore-l'Église, François Caprais de Brignon, il opte pour celle de Clermont-Ferrand. Député à l'Assemblée nationale constituante, De Bonal déploie un certain talent et une fermeté en donnant l’exemple [6] du refus à prêter serment à la Constitution civile du clergé le 12 juillet 1790 tout en tentant de prévenir la rupture entre l’Assemblée et le Saint-Siège. Anxieux des cruelles conséquences de la « Constitution civile », Louis XVI le consulte, de sa prison au Temple, dans une lettre célèbre publiée dans "Le Moniteur" du 6 décembre 1792.

Émigré en Hollande, chassé par l’armée française en 1795, Mgr de Bonal refuse au général Pichegru une voiture sous prétexte qu’elle ne peut contenir tous ses compagnons d’infortune. Il est transporté dans un petit port de la mer du Nord, Altona, à l’embouchure de l’Elbe. L’évêque se réfugie ensuite à Fribourg en Suisse, puis à Constance et enfin à Munich où il décède le 3 septembre 1800. Il y est enterré dans le couvent des Pères Capucins.

Devise épiscopale[modifier | modifier le code]

« Absque nubibus rutilat »[réf. nécessaire].

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Abbè P.-F. Guélon, « François de Bonal, notice biographique », in "Bulletin Historique et Scientifique de l'Auvergne", 1883, Tome XXV, p. 41-65.
  • A.-C. Chaix de Lavarène, « Histoire de Mgr de Bonal et du diocèse de Clermont pendant son épiscopat », in "Bulletin Historique et Scientifique de l'Auvergne", 1885, tome XXVII, p. 401-530. Pour la partie "L'évêque".
  • A.-C. Chaix de Lavarène, « Histoire de Mgr de Bonal et du diocèse de Clermont pendant son épiscopat », in "Bulletin Historique et Scientifique de l'Auvergne", 1887, tome XXIX, p. 337-453. Pour la partie "Le député".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. né le 9 février 1737, capitaine des grenadiers du régiment de Vivarais.
  2. Commandeur d’Olloix, Chaynat, La Sauvetat, procureur général et receveur au grand prieuré d’Auvergne. Cf. « Histoire de La Sauvetat », Clermont-Ferrand, 1882.
  3. Il arrive dans son diocèse le 12 novembre 1776 et décide de consacrer les revenus de son évêché, soit 15 000 livres aux pauvres.
  4. Les grandes assemblées ordinaires ont lieu tous les dix ans, les petites tous les cinq ans
  5. Ecrit par l'ancien jésuite Guillaume Thomas François Raynal
  6. cf. Mémoires d’Anne de Noailles marquise de Montagu