Olivier Blanc

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Olivier Blanc (de son vrai nom Charles-Olivier Blanc), né en 1951 à Montivilliers, est un historien et conférencier français.

Sommaire

[modifier] Aperçu biographique

Il a consacré ses recherches à l’étude d’archives du XVIIIe siècle, particulièrement de la Révolution française, mettant au jour et publiant un grand nombre de documents inédits comme des lettres d’adieu de condamnés à mort. Ses recherches sur l'influence et le renseignement tendent à redéfinir la réalité du travail de diplomate sous la Révolution française, et notamment l’espionnage entre puissances européennes.

[modifier] Domaines de recherche

Le premier ouvrage important d’Olivier Blanc est une biographie d’Olympe de Gouges parue en 1981, qui participe à l'entreprise de réhabilitation de cette révolutionnaire qui donna une visibilité à l'engagement politique au féminin, militante de l'abolition de l'esclavage et qui, proche des Girondins, fut victime de la Terreur.

En 1984, il publie un recueil de lettres ultimes écrites par des condamnés à la guillotine à Paris entre 1793 et 1797. Sous le titre La Dernière Lettre, prisons et condamnés de la Révolution, cet essai construit à partir des archives dites de Fouquier-Tinville témoigne des mentalités du temps et peut être vu comme un réquisitoire contre les violences de la Révolution française. Traduit en une dizaine de langues, il a fait l’objet de nombreuses recensions tant dans la presse française que dans la presse étrangère[1].

Ses autres travaux se concentrent également sur les archives de la fin du XVIIIe siècle, de la Révolution et du Premier Empire :

  • Les Hommes de Londres (1989) s'appuie sur un corpus de documents inexploités, notamment les archives Carnot, pour mettre en lumière la duplicité de quelques "Janus" de la Révolution, comme le général Santerre ou surtout Bertrand Barère de Vieuzac, membre du Comité de salut public. Dans la même thématique, La Corruption sous la Terreur (1993) et « Les Espions du Comité de salut public » in Les Espions de la Révolution et de l’Empire (1995) s'inscrivent dans la suite des recherches menées sur le sujet par l'historien Arnaud de Lestapis[n 1], mettent en lumière l'influence des affrontements entre factions sur le développement de la Terreur, et relativisent la thèse des « sévérités nécessaires » dans leur rapport exclusif à la guerre.
  • D’autres ouvrages (Les Libertines (1997) et L'Amour à Paris sous Louis XVI (2003) se concentrent sur la société et les mentalités, comme le libertinage ou les biographies de personnalités du XVIIIe et du début du XIXe siècle.

Le travail d’Olivier Blanc s’effectue essentiellement à partir de documents d’archives de la fin du XVIIIe siècle et de l’époque napoléonienne provenant de fonds ou de séries souvent peu exploités — aux Archives nationales, aux archives du quai d'Orsay, aux archives de Paris, mais aussi dans les fonds privés et à l’étranger. Sa recherche se distingue notamment par une interprétation des causes de la Terreur à partir de documents mettant en évidence de fortes rivalités politiciennes au sein des comités de gouvernement. Il a également pointé le rôle essentiel de Barère de Vieuzac dans le développement de ces rivalités dont il a joué, et établi ses liens avérés avec les agents d’influence et espions du gouvernement britannique. Ces éléments vont dans le sens de certaines intuitions d’Albert Mathiez, qui avait esquissé en son temps la question des rivalités internes au sein des comités et leur poids relatif dans l’histoire de la Terreur.

[modifier] Bibliographie

Livres
  • Olympe de Gouges, préf. Claude Manceron, Syros, 1981 (première rééd., 1989)[n 2].
  • La Dernière Lettre, prisons et condamnés de la Révolution, préface de Michel Vovelle, Robert Laffont, 1984 & Collection Pluriel 1986 (avec critiques et commentaires)[n 3].
  • Madame de Bonneuil, préface de Jacques Godechot, Robert Laffont, 1987.
  • Les Hommes de Londres, histoire secrète de la Terreur, Albin Michel, 1989[n 4].
  • La Corruption sous la Terreur, Robert Laffont, 1992[n 5].
  • Les Espions de la Révolution, Perrin, 1995[n 6].
  • Les Libertines, plaisir et liberté au temps des Lumières, Perrin, 1997 (ouvrage couronné par l’Académie française)[n 7].
  • L’Amour à Paris au temps de Louis XVI, Perrin, 2002[n 8].
  • L’Éminence grise de Napoléon, Regnaud de Saint-Jean d’Angély, Pygmalion, 2002.
  • Marie-Olympe de Gouges, une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, Éditions René Viénet, 2003.
  • Portraits de femmes, artistes et modèles à l’époque de Marie-Antoinette, Éditions Didier Carpentier, 2006 (ISBN 284167438X).
En collaboration
  • L'État de la France pendant la Révolution (1789-1799), ouvrage collectif sous la direction de Michel Vovelle, Editions de la Découverte, Paris, 1989, (« Tribunaux et prisons » p. 200-203; « La Terreur », Ibid.,p. 219-220; « La guillotine, une mort propre », Ibid., p. 220-222.)
  • Mélanges Michel Vovelle, Paris, Société des etudes robespierristes, 1997 (« Aux origines du 9 thermidor », p. 261-270).
  • Études sur l’histoire du renseignement, ouvrage collectif sous la direction du Professeur Maurice Vaïsse, Lavauzelle, 1998.
  • La démocratie « à la française » ou les femmes indésirables, ouvrage collectif sous la direction de Eliane Viénot ; CEDREF/Université Paris 7, Denis Diderot, 1996. (« Féminisme et politique: l'exemple d'Olympe de Gouges, 1789-1793 », p.  159-166) (ISBN 2 7442 0002 6)
Articles
  • « Les indics de la Révolution », L'Histoire, N°62, 1981.
  • « Enquête sur le vol des diamants de la couronne », L'Histoire, N°75, 1983.
  • « La Terreur », Le Monde de la Révolution, octobre 1989.
  • « La Révolution contre l'Eglise: la déchirure », Historama, juillet 1990, p.10-16.
  • « Les "affaires" des Jacobins: des corrompus contre l'Incorruptible », Historama, n°32, mai 1993.
  • « Résistances à la Révolution, l'influence des femmes », Les femmes et la Révolution française, actes du colloque internationale d'avril 1989, Université de Toulouse le Mirail, Presses Universitaires du Mirail, 1989.
  • « Les maisons de santé sous la Terreur », La Cité, Société historique et archéologique des IIIe, IVe et XIe arrondissements de Paris. Nouvelle série, n°12, décembre 1993, p. 55-74.
  • « Un ami de cœur de Marcel Proust : Clément de Maugny (1873-1944) », Bulletin Marcel Proust, 1995, n° 45, p. 48-61.
  • (en) « The Italian Taste in the time of Louis XVI (1774-1792) », Review of Homosexuality in French History and Culture, edited by Jeffrey Merrick and Michael Sibalis, The Haworth Press, New-York, 2001, p. 69-84.
  • « Visibilité du libertinage féminin sous Louis XVI », Mémoires libertines, sous la direction d'Anne Richardot, Presses universitaires de Rennes, Paris, 2002.
  • « Cercles politiques et « salons » du début de la Révolution (1789-1793) », Annales historiques de la Révolution française, 2006 n° 2, p. 63-92.
Débat
  • Tribunal de grande instance de Paris, bicentenaire de la Révolution (...) débat du 29 juin 1989 sur le Tribunal révolutionnaire avec MM.Olivier Blanc, Jean-Denis Bredin, Jean-François Fayard et Luc Willette, Brochure réalisée par le service administratif du TGI de Paris, Paris, 1989.

[modifier] Notes

  1. Auteur, entre autres, de la thèse La « conspiration » de Batz (1793-1794), Paris, Société des Etudes robespierristes, 1969;
  2. Traduit en allemand et en japonais.
  3. Traduit en allemand, italien, hollandais, japonais, anglais, etc.
  4. Voir le compte rendu de Antoine Boulant paru dans la Revue d'histoire diplomatique, 104e année, 1990, p.181-182: « L'ouvrage d'Olivier Blanc se termine par des annexes d'un grand intérêt, de nombreuses notes de références et un index. Il nous confirme en apportant de nouveaux renseignements que l'activité des agents anglais en France fut bel et bien réelle, et qu'elle toucha les milieux les plus élevés. D'aucuns contexteront sans doute la signification donnée par Olivier Blanc à la Terreur et continueront après Soboul à voir en elle un "instrument de défense nationale". Ne doutons pas cependant de la place essentielle tenue désormais par cet ouvrage dans l'historiographie de la Révolution comme dans celle de la diplomatie moderne. »
  5. Traduit en portugais
  6. Voir François Crouzet, « L'aventure des espions de 1789 à 1810 », Le Figaro, jeudi 18 février 1996: « le livre d'Olivier blanc apporte une foule de révélations passionnantes sur le dessous des cartes, de Valmy à Waterloo... »
  7. Traduit en allemand.
  8. Également traduit en italien et en lettonien.

[modifier] Références

  1. Pour la presse française, la plupart des articles dont ceux du Monde, de Libération, du Figaro, du Point, de l'Express ont été publiés dans l’édition de poche de La dernière lettre (collection Pluriel chez Hachette). Pour la presse internationale : l’International Herald Tribune (7/8/1987), le Washington Post (16/8/1987), le New York Times, le Times (16/3/1987), le New Zealand Herald (10/10/1987), le Times Literary Supplement (6/3/1987), Books and Bookmen (16/6/1987), etc.

[modifier] Liens externes

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