Sophène

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La Sophène lors de son incorporation à l'Arménie de Tigrane II.

La Sophène (en arménien Ծոփք, Tsopk ou Cop’k’) est un ancien royaume arménien situé dans le sud-est de l'actuelle Turquie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le territoire de la Sophène fut joint au royaume de l'Urartu au VIIIe siècle av. J.-C. par Argishti Ier. Ce roi déporta une partie de ses habitants afin de peupler la nouvelle ville qu'il venait de fonder, Erebouni, en 782 av. J.-C.

La Sophène se retrouve ultérieurement au sein du royaume des Orontides. Elle s'hellénise progressivement après les campagnes d'Alexandre le Grand dans les années 330 av. J.-C. En 316 av. J.-C., la satrapie arménienne passe entre les mains du Perse Orontès[1]. Au début du IIIe siècle av. J.-C., les descendants d'Orontès prennent le titre de roi et fonde une véritable dynastie royale, les Orontides[2].

Royaume de Sophène[modifier | modifier le code]

Au cours du IIIe siècle av. J.-C., les Séleucides imposent aux Orontides la sécession de la région. La Sophène devient alors un royaume indépendant dirigé par une branche des Orontides.

De 210 à 204 av. J.-C., une série de campagnes victorieuses permet à l'empereur séleucide Antiochos III d'occuper à la fois l'Arménie et la Sophène, mettant fin au règne en ces contrées de la dynastie orontide. Antiochos le Grand fait alors gouverner les pays arméniens par deux « stratèges » aux noms iraniens, Artaxias (Grande-Arménie) et Zariadris (Sophène)[3]. Après le désastre de la bataille de Magnésie du Sipyle contre les Romains (190 av. J.-C.) et le dictact romain d'Apamée (188 av. J.-C.), les deux satrapes proclament leur indépendance en assumant le titre royal, avec la protection du Sénat romain[3].

La Sophène devient à nouveau indépendante et Zariadris initialement stratège d'Antiochos III fonde une véritable dynastie[4]. Ses descendants vont en effet régner sur la région jusqu'à son annexion par Tigrane II en 90 av. J.-C.

Selon Strabon, Artaxias et Zariadris « unirent leurs efforts pour s'agrandir aux dépens des nations voisines[5] ».

L'annexion de la Sophène en 90 av. J.-C. marque le début de la première vague d'expansion de l'Arménie de Tigrane II. Néanmoins, son alliance avec Mithridate VI du Pont, ses démêlés avec les Romains et les intrigues de son fils Tigrane le Jeune finissent par lui coûter. Face à la pression de Pompée et de ses légions, Tigrane II cède la Sophène à son fils en 66 av. J.-C. Ce dernier s'y maintient à peine une année.

En 54, Néron détache la Sophène de l'Arménie et fait de Sohaemus d'Émèse son roi, jusqu'après 60 (probablement jusqu'au traité de Rhandeia en 63), lorsqu'elle retourne à l'Arménie[6].

Rois de Sophène 

Annexion romaine[modifier | modifier le code]

Sous le Bas-Empire, la Sophène est une province du diocèse du Pont.

Province arménienne[modifier | modifier le code]

Les quinze provinces de l'Arménie historique, avec la Sophène à l'ouest.

La Sophène, sous le nom de Čorrord Hayk’ (« Arménie Quatrième ») ou de Cop’ac’ Kołmn (« région de Cop’k’ ») est la deuxième province du royaume d'Arménie selon Anania de Shirak[9]. En tant que telle, elle se compose de huit districts ou cantons (gavar, գավառ)[10] :

  • Xorjean (Խորձեան) ;
  • Hašteank (Հաշտեանք) ;
  • Pałnatun (Պաղնատուն) ;
  • Balahovit (Բալահովիտ) / Aršamašat (Արշամշատ) ;
  • Cop’k’ P’ok’r (Ծոփք Փոքր) / Cop’k’ Šahuneac’ ;
  • Anjit (Անձիտ) / Hanjit ;
  • Dēgik (Դեգիք) ;
  • Gawrēk’ (Գավրէք).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Grousset, Histoire de l'Arménie, Payot, 1984 (ISBN 2-228-13570-4), p. 79.
  2. Maquart, « Le berceau des Arméniens », dans R. E. A., VIII, 1928, p. 231.
  3. a et b René Grousset, op. cit., p. 80.
  4. Parallèlement Artaxias fonde lui aussi une dynastie qui règne sur la Grande-Arménie.
  5. Strabon, XI, XIV, 15.
  6. a et b (en) Robert H. Hewsen, Armenia: A historical Atlas, The University of Chicago Press, Chicago et Londres, 2001 (ISBN 0-226-33228-4), p. 37, 43.
  7. Cyrille Toumanoff le considère comme un cadet Orontide (Toumanoff 1990, p. 395-396).
  8. a et b Toumanoff 1990, p. 400
  9. Dédéyan 2007, p. 43.
  10. (en) Robert H. Hewsen, op. cit., p. 102.

Bibliographie[modifier | modifier le code]