Orontès IV

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Orontès IV
Titre
Roi d'Arménie
ca. 200 – ca. 190 av. J.-C.
Prédécesseur Abdissarès
Successeur /
Biographie
Dynastie Orontides
Date de décès ca. 190 av. J.-C.
Père Arsamès

Orontès ou Ervand IV (en arménien Երուանդ Դ ; mort vers 190 av. J.-C.) est le dernier roi d'Arménie de la dynastie des Orontides.

Règne[modifier | modifier le code]

Orontès IV est le dynaste évoqué par Strabon qui précise que l'Arménie avait eu pour dernier satrape perse « Oronte, descendant d'Hydarnès », l'un des « Sept »[1], avant que, toujours selon Strabon, deux des généraux d'Antiochos le Grand, Artaxias et Zariadris, se la partagent vers 190 av. J.-C.[2].

Une inscription en grec découverte en 1927 à Armavir confirme l'existence de ce roi Orontès et de sa fin tragique, et mentionne son frère Mithras « grand-prêtre du temple du soleil et de la lune » à Armavir[3].

Cyrille Toumanoff estime que Moïse de Khorène se fait l'écho déformé dans son Histoire d'Arménie du règne d'Orontès IV et de son frère. Selon l'historien, ils correspondent au roi « Ervand » et à son frère « Ervaz » dont l'histoire est longuement rapportée par Moïse de Khorène[4], qui situe cependant ces personnages après le règne d'un roi « Sanatruk »[5], meurtrier des enfants d'un roi « Abgar »[6] dont il fait abusivement un roi d'Arménie[7].

L'historien relève comme similitudes que le roi Ervand de Moïse de Khorène est réputé avoir transféré sa capital d'Armavir à Ervandachat alors que le transfert de la capitale orontide d'Armavir à Ervandachat a été confirmé par des découvertes archéologiques[8], et qu'il est vaincu et tué par un prétendant nommé « Artachès » qui correspond en fait à l'Artaxias historique. De plus, son frère Ervaz est promu grand-prêtre d'une ville nommée Bagaran dédiée aux idoles païennes Aramazd, Anahit et Vahagn.

En conclusion, Cyrille Toumanoff attribue trois ou quatre fils au roi Arsamès d'Arménie : Xerxès, qui lui succède le premier, ensuite peut-être Abdissarès, seul ou seulement sur la Sophène, et enfin Orontès IV et son frère le grand-prêtre Mithras, qui sont éliminés par l'artaxiade Artaxias Ier, qui leur est peut-être apparenté[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. I.e. les sept nobles perses qui, après avoir tué le mage Smerdis, portent l'achéménide Darius Ier sur le trône.
  2. Strabon, Géographie, Livre XI, chapitre 14, § 15.
  3. (en) Cyrille Toumanoff, Studies in Christian Caucasian History, Georgetown, Georgetown University Press,‎ 1963, partie III, « The Orontids of Armenia », p. 283.
  4. Moïse de Khorène, Histoire d'Arménie, Livre II, chapitres 37-46.
  5. Roi d'Arménie vers 75-100 [?).
  6. Abgar VII Bar Ezad, roi d'Osroène entre 109 et 116 (?).
  7. (en) Cyrille Toumanoff, op. cit., p. 284.
  8. Moïse de Khorène, Histoire d'Arménie, traduction et présentation Annie et Jean-Pierre Mahé, livre II, chapitre 39, p. 196, note n° 2.
  9. (en) Cyrille Toumanoff, op. cit., p. 282.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Grousset, Histoire de l’Arménie des origines à 1071, Paris, Payot,‎ 1947 (réimpr. 1973, 1984, 1995, 2008), 644 p.
  • Moïse de Khorène (trad. Annie et Jean-Pierre Mahé), Histoire de l'Arménie, Paris, Gallimard, coll. « L'aube des peuples »,‎ 1993 (ISBN 978-2-07-072904-3).
  • Jean-Pierre Mahé, « Le site arménien d'Armawir : d'Ourartou à l'époque hellénistique », dans Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 140e année, no 4, 1996, p. 1279-1314.
  • (en) Cyrille Toumanoff, Studies in Christian Caucasian History, Georgetown, Georgetown University Press,‎ 1963, partie III, « The Orontids of Armenia », p. 277-305.