Almanach de Gotha

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Almanach de Gotha, 2013, Volumes I & II
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Almanach de Gotha était originellement un annuaire des maisons royales et des familles souveraines ou l'ayant été et de la haute noblesse de l'Europe ainsi que des chefs d'États.

Histoire[modifier | modifier le code]

D'abord publié en 1763 par CW Ettinger à Gotha à la cour ducale de Frédéric III, duc de Saxe-Gotha, il est venu à être considéré comme faisant autorité dans le classement des monarchies régnantes et de leurs gouvernements, ou des anciennes dynasties princières, et familles ducales, et les détails généalogiques, biographique et la titulature du plus haut niveau de l'aristocratie de l'Europe. Il a été publié de 1785 annuellement par Justus Perthes à Gotha, jusqu'en 1944, lorsque les Soviétiques ont détruit les archives de l'Almanach de Gotha.

En 1998, un éditeur basé à Londres, a acquis les droits pour l'utilisation du titre de Gotha de Justus Perthes Verlag Gotha GmbH (toutefois Perthes considère que les volumes qui en résultent sont des nouvelles œuvres, et non pas comme une continuation des éditions que Perthes avait publié de 1785 à 1944)[1]. Les nouveaux éditeurs ont jusqu'à présent réalisé de nombreuses éditions (composé de deux volumes), Le volume I énumérant le souverain, autrefois souverains et maisons médiatisées de l'Europe et le volume II énumérant les maisons princières et ducales non souveraines de l'Europe.

Dans le langage ordinaire le gotha désigne plus simplement et ordinairement des personnalités politiques, médiatiques ou culturelles, notamment, connues pour leur importance en termes de vie sociale ou de notoriété (par exemple : le gotha de la publicité).

Objectifs[modifier | modifier le code]

L'objectif de l'Almanach était de lister les membres des maisons souveraines d'Europe (régnantes ou anciennement régnantes) ainsi que la plupart des familles ducales européennes (mais aucune famille noble non ducale) et accessoirement le corps diplomatique et les plus hauts fonctionnaires. Il faut se souvenir que les maisons régnantes en Allemagne et en Italie se comptaient par dizaines pour apprécier le défi majeur que le Gotha s'était fixé.

Le Gotha fut très vite un grand succès et y être inclus devint une nécessité sociale importante pour une famille souveraine ou ducale. En effet, aux XVIIIe et XIXe siècles, une source d'information incontestable était nécessaire pour compenser les difficultés de communication, et après 1914 et la chute de beaucoup de familles régnantes, le guide devint essentiel pour départager les faux titres des vrais. Ainsi, une famille portant un titre de prince ou de duc mais non listée dans le Gotha était présumée avoir été auto-promue, ou en tous cas, non valablement.

Le Gotha n'a jamais incorporé dans ses listes les maisons de haute noblesse d'extraction (y compris les plus anciennes ou les plus illustres) portant des titres inférieurs à celui de duc (donc marquis, comte, vicomte et baron) et encore moins la petite noblesse, laissant ces deux tâches à chaque pays.

Structure[modifier | modifier le code]

L'Almanach était divisé en trois sections jusqu'en 1876 :

À partir de l'édition de 1876, les deuxième et troisième sections fusionnèrent, élevant ainsi les anciennes familles comtales du Saint empire au rang des familles princières. En effet, à la suite de leur médiatisation, ces familles comtales avaient reçu comme compensation l'égalité de rang avec les familles princières.

Dès l'édition de 1877, la deuxième section fut divisée en parties A et B, où la partie A regroupait les familles médiatisées allemandes, qu'elles soient comtales ou princières, et la partie B les familles princières non-allemandes et les familles allemandes non-médiatisées. Ainsi fut créée l'illusion que les familles médiatisées allemandes jouissaient d'un rang supérieur aux familles princières non-allemandes, illusion renforcée par le renommage à partir de l'édition de 1890 de la Section II A en Section II, et II B en Section III.

Influence[modifier | modifier le code]

La division du Gotha eut une grande importance sociale, car en Allemagne les maisons de la seconde section furent considérées comme ayant le même rang qu'une famille régnante allemande apparaissant dans la première section, ce qui joua un grand rôle dans l'élaboration des stratégies matrimoniales.

Ainsi, si une comtesse de la deuxième section épousait un souverain de la première section, leur mariage n'était pas considéré comme morganatique, et les enfants issus de cette union recevaient des droits dynastiques, comme celui de pouvoir hériter de la couronne. Inversement, si une princesse ou une duchesse de la troisième section épousait un petit prince allemand souverain de la première section, le mariage était réputé morganatique et les enfants exclus de la ligne de succession.

Cette division arbitraire fut une source majeure de frustration pour les familles européennes reléguées en Section III, sans compter les nombreuses familles princières de l'est de l'Europe (Russie, Géorgie, etc.) qui n'étaient même pas listées.

L'attitude relativement condescendante du Gotha vis-à-vis de la haute noblesse de l'Europe de l'ouest, espagnole, britannique, italienne ou scandinave, couplée à l'abondance des familles allemandes listées, a certainement contribué à la « prolifération » des princesses allemandes médiatisées dans les maisons royales européennes observée au XIXe siècle [réf. nécessaire] (spectaculaire dans le cas des familles royales du Royaume-Uni, de Russie, et des nouvelles monarchies de Grèce, de Roumanie, de Bulgarie, de Belgique) : la noblesse allemande sut parfaitement tirer parti de la surestimation artificielle de leur « valeur » sur le marché des mariages résultant du classement du Gotha[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Almanach de Gotha », sur Justus Perthes (consulté le 9 juin 2008)
  • Ghislain de Diesbach, Les secrets du Gotha. Avec 16 pages hors texte et [en pochette] 22 tableaux généalogiques. Paris, [1964].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]