Alceste Cœuriot

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Alceste Anastasie Hortense Cœuriot (1823-1893) est une cantatrice française, mezzo-soprano. Elle a conduit sa carrière professionnelle entre 1850 et 1888 sous le nom de scène d'Ismaël, qu'elle avait épousé en 1852 à Lyon, et dont elle a divorcé en 1885.

Alceste Anastasie Hortense Cœuriot
dite Madame Ismaël

Naissance 4 octobre 1823
Amsterdam, Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Décès 17 avril 1893
Colombes, Drapeau de la France France
Activité principale Artiste lyrique
mezzo-soprano
Style Opéra, Opérette
Années d'activité 1850-1888

Biographie[modifier | modifier le code]

Alceste Coeuriot est la fille du ténor français Paul-Joseph Cœuriot et de son épouse Victoire Marie Françoise Lestage, également chanteuse lyrique. Alceste naît en 1823 à Amsterdam au hasard de la carrière professionnelle de ses parents.

Vers 1850, il semble que Paul-Joseph Cœuriot se produise au Grand-Théâtre de Lyon, dont sa fille devient également pensionnaire. Elle y rencontre le baryton Ismaël, qui y arrive à l'été 1851. Elle l'épouse à La Guillotière le 24 janvier 1852. Tous deux continuent leur carrière en couple, d'abord à Lyon, puis au Grand Théâtre de Bordeaux et enfin au Grand-Théâtre de Marseille à partir de 1854. Toutefois, dès 1854, le mariage d'Alceste et Ismaël est très malheureux. Alceste demande donc et obtient la séparation de corps en 1860, aux torts d'Ismaël. Dès le premier semestre 1856, Alceste ne figure plus sur les listes d'émargement du Grand-Théâtre de Marseille aux côtés de Jean-Vital[N 1].

Elle continue ensuite seule sa carrière de « dugazon », puis de « duègne ». Nous la retrouvons dans de nombreux théâtres de province français, puis elle se fixe à Bruxelles, au Théâtre de la Monnaie, entre 1875 et 1885. Jacques Isnardon la signale dans les tableaux de troupes en 1875-1876, 1878-1879, 1879-1880 et 1884-1885[1]. Il précise ses appointements mensuels pour 1877-1878, 1879-1880, 1880-1881[2] : ils sont de 500 francs[N 2]. Pendant cette période, elle est « introuvable » en France pour les autorités judiciaires. Or, Ismaël a demandé le divorce dès le rétablissement de celui-ci en droit français[N 3], pour épouser une de ses jeunes élèves. Le divorce sera donc prononcé par défaut à Marseille le 30 mars 1885. La saison 1885-1886 la voit se produire au théâtre du Capitole de Toulouse. Elle s'y trouve en compagnie de la seconde épouse d'Ismaël, Marie Ismaël-Garcin. En 1886, les deux cantatrices jouent ensemble Faust de Gounod, toutes deux sous le nom d'Ismaël. Celui-ci refuse qu'Alceste continue à jouer sous ce nom - il pouvait penser sa position légitime, puisque le divorce avait été prononcé. Il s'ensuit un procès au Tribunal civil de Toulouse. Alceste y gagne le droit définitif de se produire en tant que « Madame Ismaël », qui était son nom d'artiste depuis 1852. La nouvelle épouse d'Ismaël se fera désormais appeler « Ismaël-Garcin »[3],[4],[5],[6]. Dès la saison suivante, Alceste est engagée au Théâtre royal d'Anvers, où elle joue au moins jusqu'en 1888. Entretemps, elle joue La petite Fadette au Théâtre du Château-d'Eau[7] en 1886, puis à l'Opéra-Populaire[N 4],[8] en 1887.

Le 26 juin 1889, la pension allouée à Alceste par l'association des artistes dramatiques est considérée comme liquidée à l'assemblée générale de cette association[9]. On peut donc considérer qu'elle a « pris sa retraite ». Une certaine Madame Ismaël, habitant avenue de Châtillon à Paris se fait « tirer » son porte-monnaie en 1892[10]. Il s’agit certainement d’Alceste. Sa dernière trace connue est son acte de décès[11], le 17 avril 1893, juste avant la mort de Jean-Vital Jammes lui-même. Elle vit alors à Colombes (92), au 232 rue Victor Hugo, apparemment en compagnie d'un autre artiste lyrique, nommé Pascal Masson, cinquante quatre ans. Alceste n'a pas de descendance connue, de même que Jean-Vital Jammes.

Répertoire[modifier | modifier le code]

Théâtre de la Monnaie, Bruxelles (1875-1885)[modifier | modifier le code]

  • Madame Tidmann dans Piccolino, 4 novembre 1876[12]

Théâtre du Capitole de Toulouse (1886)[modifier | modifier le code]

Théâtre du Château-d'Eau (1886 / 1887 - devenu Opéra Populaire)[modifier | modifier le code]

  • La petite Fadette

Théâtre royal d’Anvers (1880 / 1887-1888)[modifier | modifier le code]

Source : Historique complet du théâtre royale d’Anvers, sauf indication contraire

Références et notes[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Jugement de « séparation de corps » conservé aux Archives départementales des Bouches du Rhône.
  2. À l’époque, le franc belge est égal au franc français, les deux pays faisant partie de l’Union latine.
  3. Loi de 1884
  4. Ces deux noms désignent la salle de l'Alhambra (Paris) du XXe siècle démolie en 1967.
  5. Elle est désignée comme « Madame Ismaël de Bruxelles »
Références
  1. Op.cit., p. 552, 572, 579, 607
  2. p. 571, 581, 586
  3. Armand Silvestre, Deux femmes pour un mari in Georges d'Heylli (dir.) Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, vol. 1, Paris, Librairie des bibliophiles, 1886, p. 213.
  4. Le Temps, 5 mai 1886, exposé de l’affaire, disponible sur Gallica
  5. Le Temps, 26 mai 1886, jugement du tribunal, disponible sur Gallica
  6. Hippolyte-Ferréol Rivière, « Acteurs : Propriété des noms et pseudonymes », Pandectes françaises : Nouveau répertoire de doctrine, de législation et de jurisprudence, vol. 2, Paris, Chevalier-Marescq, 1887, p. 6-8, disponible sur Gallica.
  7. Le Temps, 3 août 1886, Château d’eau, La petite Fadette, disponible sur Gallica
  8. Le Temps, 1er juillet 1887, Opéra Populaire, La petite Fadette, disponible sur Gallica
  9. Le Temps, 26 juin 1889, Association des artistes dramatiques, disponible sur Gallica
  10. Le Temps, 7 juin 1892, disponible sur Gallica
  11. Acte de décès d'Alceste Cœuriot, 17 avril 1893
  12. Le théâtre de la Monnaie, depuis sa fondation jusqu’à nos jours, p. 562

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie rassemblée dans la catégorie « Modèles de sources pour la musique classique ».
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