Éruption minoenne

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36° 20′ 58″ N 25° 23′ 58″ E / 36.34944444, 25.39930833 ()

Éruption minoenne
Image illustrative de l'article Éruption minoenne
Image satellite de l'archipel de Santorin aujourd'hui : la caldeira est formée de l'île principale de Santorin, de l'île de Thirassía et de l'île minuscule d'Aspronissi au sud-ouest. Au milieu se trouvent deux îles postérieures à l'éruption : Paléa Kaméni et Néa Kaméni.
Localisation
Pays Civilisation minoenne
Volcan Santorin
Zone d'activité Cratère sommital, flancs du volcan
Dates Env. 1600 av. J.-C.
Caractéristiques
Type d'éruption Plinienne
Phénomènes Nuées ardentes, tsunami
Volume émis 99 km3 de téphra
Échelle VEI 7
Conséquences
Régions affectées Mer Égée et delta du Nil

L’éruption minoenne désigne l'explosion, au cours du IIe millénaire av. J.-C., du volcan de Santorin et l'effondrement de sa partie centrale, ayant donné naissance à la caldeira actuelle et aux îles de Santorin, Thirassía et Aspronissi.

Datation[modifier | modifier le code]

La date précise de l'éruption reste débattue, la datation traditionnelle vers -1550, établie par l'étude comparée des styles de céramique, ayant été remise en cause par l'utilisation d'autres méthodes (carbone 14, dendrochronologie) qui indiquent des dates plus anciennes. Les plus récentes datations convergent vers une période située entre -1628 et -1600[1],[2]. L'éruption ayant laissé des traces dans une partie du bassin méditerranéen, la confirmation de ces datations pourrait amener à modifier les chronologies relatives des civilisations de la région. On retrouve ainsi des traces des éjectas de l'éruption et les dépôts marins des tsunamis dans les sites archéologiques de tout l'est des rivages de la Méditerranée, ce qui fournit une couche stratigraphique de référence.

Alors qu'une précédente éruption s'est produite il y a 18 000 ans avant celle d’il y a 3 600 ans, cette dernière éruption caldérique a rejeté 40 à 60 km3 de magma, le volcan s'étant réveillé en moins de cent ans, chronologie déterminée par le taux de diffusion et de rééquilibrage[3] de différents éléments dans les plagioclases de ponces[4].

Conséquences[modifier | modifier le code]

La catastrophe provoqua un gigantesque tsunami qui traversa la mer Méditerranée de part en part[5]. Ainsi par exemple, au moins trois vagues successives d'une vingtaine de mètres de hauteur entrèrent sur des centaines de mètres à l'intérieur de la Crète[5].

L'indice d'explosivité volcanique est estimé entre 6 et 7 (densité équivalente de roche = 60 km3), l'éruption ayant été plus importante que ce que l'on a longtemps pensé[6],[7].

Effets sur le monde égéen[modifier | modifier le code]

L'éruption détruisit l'avant-poste de la culture minoenne qui existait à l'époque sur l'île et en Crète et dont on a retrouvé les ruines sur le site d'Akrotiri dans l'île de Santorin. La ville de Knossos, dans les terres, fut épargnée.

La théorie selon laquelle la catastrophe aurait provoqué la destruction de la civilisation minoenne, défendue notamment par Marinatos, est aujourd'hui abandonnée, mais les conséquences indirectes de l'éruption et de ses effets secondaires sur les civilisations de la région sont toujours débattues. Il est par ailleurs difficile de retrouver des indications géologiques ou archéologiques dépourvues d'ambiguïté sur la question[8].

D'après Marinatos et d'autres chercheurs, l'éruption est une des origines possibles du mythe de l'Atlantide. Selon certains chercheurs, elle pourrait aussi être à l'origine des dix plaies d'Égypte. Ces hypothèses ne font cependant pas l'unanimité. L'impact global, et en particulier climatique, de l'éruption fait aujourd'hui l'objet d'évaluations plus nuancées et mesurées[9],[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. R.Treil et al, Les civilisations égéennes, p.296
  2. L'éruption a ainsi été datée entre -1629 et -1600 par une étude au carbone 14 effectuée sur des branches d'olivier retrouvées dans les cendres de l'éruption (Documentaire télévisuel de Gabrielle WENGLER et Sandra PAPADOPOULOS Les dix plaies d'Egypte 2/3, avec les interviews des scientifiques Walter FRIEDRICH et Bernd KROMER [1])
  3. Ce taux est corrélé au temps que deux magmas de composition différente mettent à se mélanger.
  4. (en) T. H. Druitt et coll, « Decadal to monthly timescales of magma transfer and reservoir growth at a caldeira volcano », Nature, vol. 482,‎ 2 février 2012, p. 77–80 (lien DOI?)
  5. a et b J. Faucounau, Les Peuples de la Mer et leur histoire, L'Harmattan, Paris, 2003.
  6. « Santorini eruption much larger than originally believed » (August 23, 2006). Retrieved on 2007-03-10.
  7. (en)[PDF] F.W.McCoy, S.E. Dunn, « Modelling the Climatic Effects of the LBA Eruption of Thera: New Calculations of Tephra Volumes May Suggest a Significantly Larger Eruption than Previously Reported », Chapman Conference on Volcanism and the Earth's Atmosphere Lire en ligne, American Geographical Union, 2002
  8. R. Dalongeville, « Malia : un marais parle », B.C.H., 125-1. 2001, p. 67-88 Lire en ligne
  9. D.M.Pyle, « The global impact of the Minoan eruption of Santorini, Greece », Environmental Geology, 30, 1-2, 1997, pp. 59-61Lire en ligne
  10. J. Grattan, « Aspects of Armageddon : An exploration of the role of volcanic eruptions in human history and civilization », Quaternary International, 151, 2006, pp. 10-18

Liens externes[modifier | modifier le code]