Champs Phlégréens

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Champs Phlégréens
Image satellite des champs Phlégréens.
Image satellite des champs Phlégréens.
Localisation
Coordonnées 40° 49′ 37″ N 14° 08′ 20″ E / 40.827, 14.13940° 49′ 37″ N 14° 08′ 20″ E / 40.827, 14.139
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Campanie
Province Naples
Communes Bacoli, Giugliano in Campania, Naples, Marano di Napoli, Monte di Procida, Pouzzoles, Quarto
Géologie
Massif Arc volcanique campanien
Âge 34 000 av. J.-C. et 13 000 av. J.-C.
Type de cratère Caldeira
Type Volcan gris
Activité Actif
Dernière éruption 29 septembre 1538 - 6 octobre 1538
Code 0101-01=
Observatoire Observatoire du Vésuve
Dimensions
Altitude 458 m
Diamètre 13 km

Géolocalisation sur la carte : Campanie

(Voir situation sur carte : Campanie)
Champs Phlégréens

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Champs Phlégréens

Les champs Phlégréens (en italien, campi Flegrei) (du grec φλεγραῖος, « brûlant »), constituent une région volcanique située à l'ouest de la ville de Naples, en Italie.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de cette zone vient du grec et signifie « champs brûlants »[1] : ainsi les nommaient en effet les premiers colons grecs[réf. nécessaire].

Cette appellation n'est pas réellement due à l'activité volcanique, qui à l'époque était calme depuis plus de 1 500 ans, mais plutôt aux nombreux phénomènes hydrothermaux (fumerolles et sources chaudes) qui furent exploités à l'époque de la Rome antique[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Cette zone est située en bordure du golfe de Pouzzoles, dans le nord-ouest de la baie de Naples, dans la Campanie, en Italie. Elle se situe à seulement 9 km à l'ouest de la ville de Naples[3].

Aujourd'hui, on y retrouve notamment les villes de Pouzzoles et de Cumes. Plus de 500 000 personnes vivent à l'intérieur même de la caldeira[2], et près de 1,5 million de personnes vivent à l'intérieur ou à proximité[3].

Topographie[modifier | modifier le code]

C'est en fait une caldeira formée au cours de deux éruptions majeures, il y a 36 000 puis 14 000 ans. Cette zone se caractérise par la présence de très nombreux cônes et cratères volcaniques, ainsi que de phénomènes thermaux, tels que sources chaudes et fumerolles[2].

La bordure de la caldeira est encore visible dans sa partie septentrionale, mais la partie méridionale est en grande partie immergée dans le golfe de Pouzzoles, bien qu'il demeure le Monte di Procida au niveau du cap Misène.

À l'intérieur de la caldeira, le cratère de la Solfatare présente de nombreux phénomènes hydrothermaux, dont des fumerolles et des puits de boue bouillonnante.

Il existe de nombreux cônes et anneaux de tuf au sein de la caldeira, tels que l'Astroni, le mont Barbaro (noté Gauro sur la carte satellite), le cône du cap Misène, celui de l'île Nisidia, l'anneau de Bacoli ou le cratère contenant le lac Averne.

Histoire géologique[modifier | modifier le code]

Contexte tectonique[modifier | modifier le code]

À l'échelle des plaques tectoniques, les causes de ce volcanisme s'apprécient dans le cadre du rapprochement entre l'Europe et l'Afrique. Le contexte tectonique de la formation des champs Phlégréens est complexe et lié à la subduction de la lithosphère adriatique sous l'Italie vers l'ouest. Cette ancienne zone de subduction, maintenant bloquée, est visible sous les Apennins par les méthodes géophysiques.

Bien que les laves ne soient pas minéralogiquement et chimiquement typiques d'une subduction, ce volcanisme est donc défini comme un magmatisme de subduction.

Activité ancienne: un passé chargé[modifier | modifier le code]

Avant la formation de la caldeira[modifier | modifier le code]

Les éruptions à l'origine de la caldeira[modifier | modifier le code]

Il y a 36 000 ans, un épisode explosif intense produisit entre 80 et 150 km3 de matériel volcanique de composition trachytique (« tuf gris » campanien, en fait une ignimbrite). C'est à la suite de cet évènement que la caldeira se forme. Puis, il y a 14 000 ans, une deuxième série d'explosions mit en place entre 10 et 30 km3 de matériel volcanique nommé tuf jaune napolitain[2],[3].

Après la formation de la caldeira[modifier | modifier le code]

Depuis la région a connu des périodes d'intense activité, séparées de très longues périodes de repos s'étendant généralement sur plusieurs millénaires.

La dernière période explosive importante a eu lieu entre -4 500 et -3 700 BP. Elle a donné naissance à des dômes de laves et des éruptions phréatiques[2].

L'éruption la plus récente a débuté le 29 septembre 1538, sur la rive est du lac Averne. Elle a donné naissance à une petite montagne de cendres et de ponces de 130 m de hauteur, le Monte Nuovo[2]. Elle s'est achevée le 6 octobre 1538, après une dernière explosion qui tua 24 personnes qui gravissaient les pentes du Monte Nuovo[3].

Activité actuelle : une menace planétaire ?[modifier | modifier le code]

Les champs Phlégréens

Le niveau du sol dans la région des champs Phlégréens s'est élevé d'environ 2 m par un phénomène de bradyséisme depuis 1970. Il est probable qu'il s'agisse d'un supervolcan[4] en sommeil (volcan d'indice d'explosivité volcanique 8 — à titre de comparaison, l'éruption apocalyptique de Toba à Sumatra, il y a 75 000 ans, d'IEV 8 elle aussi, a recouvert sous des mètres de cendres le plateau indien et une partie de l'Asie du Sud-Est, et expédié dans l'atmosphère quelques 3 000 km3 de matériaux à l'origine d'un hiver volcanique qui a fortement affecté le climat de la planète pendant des centaines d'années ; selon la Théorie de la catastrophe de Toba, elle serait l'origine d'extinctions massives des espèces et du goulot d'étranglement bien identifié de l'évolution des hominidés). La périodicité de ce type d'éruptions, dites apocalyptiques, s'évalue en dizaines de milliers d'années.

En 1982 et 1984, 40 000 personnes ont dû être évacuées de Pouzzoles par prudence à la suite d'un regain d'activité de la zone.

L'un des principaux cratères des champs Phlégréens est la Solfatare.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F. Martin, Les Mots grecs, Hachette, p.162.
  2. a, b, c, d, e et f Mauro Rosi, Paolo Papale, Luca Lupi, Marco Stoppato, 100 volcans actifs dans le monde, Paris, Delachaux et Niestlé,‎ 2000, réimpression 2008, 335 p. (ISBN 978-2-603-01398-4), p. 104-105
  3. a, b, c et d (en) John Seach, « Campi Flegrei Volcano », sur volcanolive.com (consulté le 27 mars 2010)
  4. (en) T. H. Druitt, F. Costa, E. Deloule, M. Dungan et B. Scaillet, « Decadal to monthly timescales of magma transfer and reservoir growth at a caldera volcano », Nature, vol. 482, no 7383,‎ 2 février 2012, p. 77-80 (ISSN 0028-0836 et 1476-4687, DOI 10.1038/nature10706, résumé).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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