Élections législatives vanuataises de 1983

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Politique au Vanuatu
Image illustrative de l'article Élections législatives vanuataises de 1983

Des élections législatives eurent lieu au Vanuatu le 2 novembre 1983. Il s'agissait des premières élections nationales depuis l'indépendance du pays en 1980, bien qu'une élection en 1979 ait institué un premier Parlement. Le Parlement, monocaméral, comprenait trente-neuf députés, issus de quatorze circonscriptions, à élire avec un mandat de quatre ans[1].

Le gouvernement sortant était celui du Premier ministre, le Pasteur Walter Lini, du parti Vanua'aku Pati (Parti de Notre Terre). Les élections de 1979 lui avaient conféré une majorité absolue, avec vingt-six sièges, les treize autres revenant au Parti fédéral des Nouvelles-Hébrides, « alliance des partis à prédominance francophone », ou à de petits partis. La politique du Vanuatu, ancien condominium franco-britannique, était en effet scindée entre les francophones, issus en général des écoles coloniales françaises, et les anglophones, rassemblés derrière Walter Lini. Le Vanua'aku Pati avait été le principal mouvement anticolonial, tandis que les francophones se montraient davantage rétifs à une décolonisation rapide. En vue des élections de 1983, les francophones s'étaient principalement rassemblés en une Union des Partis modérés, bien qu'existât aussi un petit Parti fren mélanésien (issu de l'Église libre protestante), ne présentant de candidat que dans une seule circonscription. L'attitude des partis vis-à-vis de la décolonisation demeura un thème de campagne, le Vanua'aku Pati accusant ses adversaires francophones d'être financés par la France. Outre ce thème, les partis se différenciaient par la politique qu'ils proposaient. Walter Lini avait formulé une idéologie de socialisme chrétien empreinte de 'valeurs autochtones', qu'il qualifiait de "socialisme mélanésien", et prônait une politique étrangère de non-alignement et de soutien envers les mouvements anti-coloniaux ; l'UPM se voulait, comme son nom l'indique, davantage "modérée"[1],[2],[3].

Le Vanua'aku Pati présenta le plus de candidats (31), devant l'UPM (25 candidats), le Parti de l'Alliance indépendante (Independent Alliance Party) (15 candidats), Nagriamel (mouvement procolonial et essentiellement francophile qui avait tenté de proclamer la sécession de l'île d'Espiritu Santo en 1980) (4 candidats), et le Parti fren mélanésien (1 seul candidat). Le taux de participation fut de 98,7 % des électeurs inscrits[1].

Résultat[modifier | modifier le code]

Le Vanua'aku Pati perdit deux sièges, mais conserva sa majorité absolue au Parlement. L'Union des Partis modérés s'imposa comme la principale force d'opposition, et comme la seule alternative politique conséquente. Nagriamel conserva son unique siège. Le Parti fren fit son entrée au Parlement, avec un siège[1].

Le 21 novembre, sans surprise, la majorité des députés reconduisirent Walter Lini au poste de Premier ministre[1].

Composition du Parlement du Vanuatu après les élections législatives de 1983
Partis ou coalitions Suffrages % Sièges Changement par
rapport à 1979
Vanua'aku Pati 24 313 55,05 % 24 -2
Union des Partis modérés 12 806 29 % 13 +8
(par rapport au PFNH)
Parti de l'Alliance indépendante 1 513 3,43 % 0 +0
Nagriamel 1 254 2,84 % 1 +0
Parti fren mélanésien 1 014 2,3 % 1 +1

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Vanuatu : élections du 2 novembre 1983, Union interparlementaire
  2. Élise Huffer, Grands hommes et petites îles : La politique extérieure de Fidji, de Tonga et du Vanuatu, Paris : Orstom, 1993, ISBN 2-7099-1125-6
  3. William F.S. Miles, Bridging Mental Boundaries in a Postcolonial Microcosm: Identity and Development in Vanuatu, Honolulu : University of Hawaii Press, 1998, ISBN 0-8248-2048-7