Élection fédérale canadienne de 1962

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Élection fédérale
canadienne de 1962
18 juin 1962
Type d’élection  Élection législative fédérale
Postes à élire  265 sièges de la Chambre des communes
John G. Diefenbaker.jpg
Parti progressiste-conservateur – John Diefenbaker
  
37,22 %
Sièges obtenus 116 Red Arrow Down.svg 92
Lester B. Pearson 1958.jpg
Parti libéral – Lester B. Pearson
Voix 2 846 589
  
36,97 %
Sièges obtenus 99 Green Arrow Up.svg 51
Green - replace this image male.svg
Crédit social – Robert N. Thompson
Voix 893 479
  
11,61 %
Sièges obtenus 30 Green Arrow Up.svg 30
TommyDouglas-c1971-crop.jpg
NPD – Tommy Douglas
Voix 1 044 754
  
13,57 %
Sièges obtenus 19 Green Arrow Up.svg 11
Résultats par province
Carte
Sièges à la Chambre des communes
Diagramme
Premier ministre
Sortant
Élu

L'élection fédérale canadienne de 1962 se déroule le 18 juin 1962 afin d'élire les députés de la 25e législature à la Chambre des communes du Canada. Il s'agit de la 25e élection générale depuis la confédération canadienne de 1867. Lors du déclenchement de l'élection, le Parti progressiste-conservateur du Canada, dirigé par John Diefenbaker, avait gouverné pendant quatre ans avec la majorité parlementaire la plus importante aux communes dans l'histoire du Canada jusqu'alors. Le gouvernement Diefenbaker avait introduit des réformes aux programmes sociaux, une Déclaration canadienne des droits, et d'autres changements.

L'élection réduit les tories à un mince gouvernement minoritaire en raison des difficultés économiques comme un haut taux de chômage et un dollar canadien en perte de valeur, ainsi que des décisions impopulaires comme l'annulation de l'Avro CF-105 Arrow. Malgré les difficultés du gouvernement Diefenbaker, le Parti libéral du Canada, mené par Lester B. Pearson, ne parvient pas à faire suffisamment de gains pour défaire le gouvernement.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les libéraux tentent de dépeindre le gouvernement Diefenbaker comme étant faible et sujet à des divisions internes. Les libéraux critiquent les progressistes-conservateurs pour leur « mauvaise gestion irréfléchie des finances[1] », la perte de vitesse de l'économie canadienne, un manque de confiance dans les politiques du gouvernement, les pertes d'emplois, et un niveau de vie généralement moins élevé qu'en 1956. Les libéraux affirment également que la dévaluation rapide du dollar Canadien augmentait le coût de la vie pour les Canadiens.

Les progressistes-conservateurs tentent de défendre le déclin du dollar Canadien en mettant en valeur les bénéfices au secteur touristique, aux exportations, la manufacture et l'agriculture, et l'emploi. Ils nient que la dévaluation avait eue un impact sur le prix du pain, du bœuf, de l'essence, et des fruits et légumes, affirmant que ces prix sont soit établies au Canada ou influencés par d'autres facteurs.

L'élection de 1962 est la première à laquelle participe le Nouveau Parti démocratique social-démocrate, formé par une alliance entre le Parti social démocratique (PSDC) et le Congrès du travail du Canada. Le parti élit en tant que premier chef l'ancien premier ministre de la Saskatchewan Tommy Douglas. Le nouveau parti parvient à récupérer le terrain perdu par le PSDC lors de l'élection fédérale de 1958, qui l'avait presque anéanti. Il gagne près de 50 % de voix de plus que les meilleurs résultats du PSDC, mais ne parvient tout de même pas à effectuer la percée majeure espérée lors de la création du parti.

Douglas ne réussit pas à remporter sa propre circonscription en Saskatchewan, et le NPD est exclu de cette province, pourtant sa base politique. La campagne de Douglas est handicapée par le chaos dans sa province engendré par la création du système universel de soins de santé et la grève des médecins saskatchewanais. Douglas est forcé de faire son entrée à la Chambre des communes à la faveur d'une élection partielle en Colombie-Britannique. Malgré les problèmes initiaux, le système de santé universel s'avère populaire, s'étendant à travers le pays, et est considéré comme la principale contribution majeure du NPD (et de Douglas) à la structure sociale du Canada.

Le Parti du Crédit social revient à la Chambre des communes après avoir perdu tous ses sièges dans l'élection de 1958. Bien que le chef Robert N. Thompson et trois autres créditistes sont élus dans l'Ouest canadien, la base traditionnelle du parti, le vrai succès du parti vient au Québec : Réal Caouette mène l'aile québécoise du parti à la victoire dans 26 circonscriptions.

Pour la première fois, le territoire entier du Canada est compris dans des circonscriptions électorales (l'ancienne circonscription de la Rivière Mackenzie est agrandie pour inclure les Territoires du Nord-Ouest en entier) et les Amérindiens et les Inuits peuvent exercer le droit de vote pour la première fois.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. …reckless mismanagement of finances…

Résultats[modifier | modifier le code]

Nationaux[modifier | modifier le code]

Parti Chef Nombre de
candidats
Sièges Voix
1958 Élus % Diff. Nombre absolu % % Diff.
     Progressiste-conservateur John Diefenbaker 265 208 116 -44,2 % 2 865 542 37,22 % -16,35 %
     Libéral Lester B. Pearson 263 48 99 +106,3 % 2 846 589 36,97 % +3,57 %
     Crédit social R. N. Thompson 230 - 30 893 479 11,61 % +9,02 %
     NPD1 Tommy Douglas 218 8 19 +137,5 % 1 044 754 13,57 % +4,06 %
     Libéral-travailliste 1 1 1 - 15 412 0,20 % +0,04 %
     Libéral indépendant 7 - - - 10,406 0,14 % -0,03 %
     Indépendant 11 - - - 8 084 0,08 % -0,05 %
     Communiste² Leslie Morris 12 - - - 6,360 0,08 % -0,05 %
     Inconnu 4 * - * 2 783 0,04 % *
     Progressiste-conservateur indépendant 4 * - * 2 713 0,04 % *
     Candidat libéral des électeurs 1 * - * 1 836 0,02 % *
     Capital familial Henri-Georges Grenier 1 - 393 0,01 % -0,01 %
     Co-operative Builders of Canada 1 * - * 261 x *
     All Canadian Party 1 * - * 189 x *
     Ouvrier indépendant 1 * - * 152 x *
Total 1 016 265 265 - 7 698 953 100 %
Sources : http://www.elections.caHistorique des circonscriptions depuis 1867

Notes :

* N'a pas présenté de candidats lors de l'élection précédente

x - moins de 0,005 % des voix

1 Comparé aux résultats du Parti social démocratique du Canada dans l'élection précédente

² Comparé au résultats du Parti ouvrier progressiste dans l'élection précédente.

Par province[modifier | modifier le code]

Parti C-B AB SK MB ON QC N-B N-É ÎPE T-N TNO YK Total
     Progressiste-conservateur Sièges : 6 15 16 11 35 14 4 9 4 1 1 - 116
     Voix (%) : 27,3 42,8 50,4 41,6 39,2 29,6 46,5 47,3 51,3 36,0 55,0 47,8 37,2
     Libéral Sièges : 4 - 1 1 43 35 6 2 - 6 - 1 99
     Voix (%) : 27,3 19,4 22,8 31,3 41,0 39,2 44,4 42,4 43,3 59,0 45,0 52,2 37,0
     Crédit social Sièges : 2 2 - - - 26 - - - - 30
     Voix (%) : 14,2 29,2 4,6 6,8 1,8 26,0 3,6 0,8 0,2 0,1 11,6
     NPD Sièges : 10 - - 2 6 - - 1 - - 19
     Voix (%) : 30,9 8,4 22,1 19,7 17,2 4,4 5,3 9,4 5,2 4,9 13,6
     Libéral-travailliste Sièges : 1 1
     Voix (%) : 0,6 0,2
Total sièges 22 17 17 14 85 75 10 12 4 7 1 1 265
Partis n'ayant remporté aucun siège :
     Libéral indépendant Voix (%) : 0,1 0,5 0,2 0,1
     Indépendant Voix (%) : xx 0,1 0,3 0,1 0,2 0,1
     Communiste Voix (%) : 0,2 0.1 0,6 0,1 xx 0,1
     Inconnu Voix (%) : 0,1 xx 0,1 xx
     PC indépendant Voix (%) : 0,1 xx
     Candidat libéral des électeurs Voix (%) : 0.1 xx
     Capital familial Voix (%) : xx xx
     Co-operative Builders Voix (%) : xx xx
     All Canadian Party Voix (%) : xx xx
     Ouvrier indépendant Voix (%) : xx xx

xx - moins de 0,05 % des voix

Source[modifier | modifier le code]