Yann Algan

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Yann Algan
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Yann Algan

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Le Doyen Yann Algan (né le à Paris) est un économiste français, spécialiste de l’économie de la confiance et du bien-être et de l’économie du Big Data. Il est professeur à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), en charge notamment du grand cours d’introduction à l’économie de première année. Il est nommé, en juillet 2015, doyen de l'école d'affaires publiques de Sciences Po.

Biographie[modifier | modifier le code]

Yann Algan a effectué sa thèse de doctorat en économie à l’Université de Paris I / Paris School of Economics en 2002. Après l’obtention de l’agrégation du supérieur en économie en 2004, il part deux ans comme professeur invité au MIT et à Harvard. En 2008, il revient en France comme professeur d’économie à Sciences Po Paris, succédant à Dominique Strauss Khan dans cette fonction.

Il est directeur scientifique de l’École d’Affaires Publiques et dirige le Master Economics and Public Policy et l’Executive Master Management des Politiques publiques au sein de Sciences Po. Il est également co-directeur de la Chaire Sécurisation des Parcours Professionnels et de l’Observatoire du Bien-être, et membre de l’Institut Universitaire de France. Il est senior éditeur de Economic Policy. Il est membre du High Level Experts Group de l’OCDE sur la mesure du Bien-être et du Progrès social.

Sa recherche est publiée dans les meilleures revues internationales et a été sélectionnée pour la Commission Européenne pour des ERC starting (2010) et consolidator grants (2015).

Travaux[modifier | modifier le code]

Ses travaux portent principalement sur la confiance et l’économie comportementale pour comprendre les décisions économiques, la croissance et le bien-être. Ses travaux évaluent aussi les politiques publiques et les politiques de management qui sont les plus propices à développer la confiance et le bien-être dans la société civile, à l’école et dans les entreprises. Ses travaux sont à la croisée de la recherche en économie, en management, et en psychologie.

Confiance et croissance[modifier | modifier le code]

Dans le livre La Société de Défiance (2008), il montre avec Pierre Cahuc que les Français se caractérisent par une grande défiance et un sentiment d’absence de coopération qui explique leur mal-être et les blocages du pays. Ils se défient beaucoup plus de leurs concitoyens que dans la plupart des autres pays développés. Les Français se défient également plus souvent de leurs institutions, de leurs élites et du marché. Les auteurs montrent que cette société de défiance a un coût économique et humain considérable.

Dans le livre La fabrique de la défiance... et comment s'en sortir (2012, Albin Michel), il analyse en collaboration avec Pierre Cahuc et André Zylberberg les racines de cette défiance. Il montre que la société de défiance n'est pas un héritage culturel immuable, elle résulte d'un cercle vicieux où le fonctionnement hiérarchique et élitiste de l'école nourrit celui des entreprises et de l'État.

Big Data et Observatoire du Bien-être[modifier | modifier le code]

Yann Algan a développé à Sciences Po un TrustLab / MediaLab pour explorer les fondements de nos préférences sociales et du bien-être à partir des Big Data. Dans un contexte où la coopération sociale et le bien-être sont devenus une nouvelle priorité de nos sociétés, au-delà de la seule croissance économique, ce Lab propose d’évaluer leurs déterminants et les politiques publiques qui permettent de les développer.

Il propose de réviser la théorie et la manière de mesurer le bien-être et les attitudes sociales à l’aide des Big Data à partir des requêtes sur Google, échanges sur Twitter, Facebook ou autres forums. Ces indicateurs Big Data du bien-être permettent de prendre le pouls des sociétés à une fréquence temporelle et à un niveau géographique incroyablement plus riches que les enquêtes traditionnelles. De même le TrustLab développe des plateformes online d’économie comportementale capables d’étudier la coopération et les motivations sociales dans les entreprises et au sein des différentes sociétés. Yann Algan utilise ces mesures comportementales issues du Big Data pour analyser les déterminants économiques, historiques, sociaux ou encore psychologiques du bien-être et de la coopération.

Politiques publiques, Éducation et Compétences sociales[modifier | modifier le code]

Yann Algan évalue également les politiques publiques qui permettent de développer le bien-être et les comportements pro-sociaux des citoyens, en particulier dans les organisations, sur le marché du travail et à l’école. Cette analyse conduit à renouveler les paradigmes d’évaluation des politiques économiques et publiques, en intégrant leurs effets sur le bien-être individuel et le progrès social.

En particulier, il évalue comment construire une école de la confiance avec une évaluation des interventions susceptibles de développer dès la petite enfance les compétences non-cognitives et sociales. Yann Algan a aussi travaillé sur le sujet de l'échec scolaire[1], et insiste sur l'importance de la pédagogie déployée à l'école. Il compare les différents systèmes éducatifs et montre que la France a beaucoup à gagner à repenser la pédagogie à l'école maternelle comme à l'école élémentaire. Il pense que cela passe notamment par le développement des travaux en groupe au primaire afin d'apprendre la coopération sociale aux jeunes enfants. Ce discours est développé et argumenté dans l'une de ses conférences sur l'échec scolaire. Il évalue des programmes à grande échelle pour lutter contre le harcèlement ou redonner confiance aux décrocheurs ou jeunes chômeurs.

À quoi servent les économistes ?[modifier | modifier le code]

Une partie des travaux de Yann Algan porte sur la place de l’économie dans nos sociétés. En particulier, dans l’article « The superiority of economists », il s’interroge sur les raisons de l’impérialisme de l’économie dans les sciences sociales et plus généralement dans nos vies quotidiennes. Ce débat est présenté notamment dans une vidéo sur Mediapart et dans The Economist et le New York Times.

Yann Algan développe également le projet CORE economics pour renouveler l’enseignement de l’économie : «Teaching economics as if the last three decades had happened ».  Cette initiative internationale propose un renouvellement du contenu de l’enseignement de l’économie où les étudiants apprennent que l'économie est une science motivée par des grandes questions contemporaines de notre temps (inégalités, instabilité financière, soutenabilité environnementale, évaluation des politiques publiques…) et non par des modélisations mathématiques comme dans l’enseignement traditionnel. Ils apprennent également que l'économie est une science pluridisciplinaire, irriguée en permanence par la recherche en psychologie, en histoire, en sciences sociales et en sciences dures. Cet enseignement propose également d'enseigner l'économie du XXIe siècle avec les méthodes pédagogiques du XXIe siècle, à partir de nouvelles plateformes numériques et des serious games.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Yann Algan a reçu le Prix du meilleur jeune économiste en 2009[2].
  • Meilleur Livre d’Économie – Prix Lycéen 2012 : La Fabrique de la Défiance…(Comment s’en sortir), avec Pierre Cahuc et André Zylberberg, Albin Michel 2012.
  • Meilleur Livre d’Économie et Meilleur Essai : La société de défiance : comment le modèle social s’autodétruit, avec Pierre Cahuc, Éditions Ulm- CEPREMAP, 2008.
  • Membre de l’Institut Universitaire de France en 2014
  • Membre du Conseil Économique et Social en 2013
  • Lauréat des bourses européennes ERC starting grant (2010) et ERC consolidator grant (2015)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yann Algan sur l'échec scolaire, WorldConf.eu, juin 2010 [1]
  2. Voir interview de Yann Algan [2]

Lien externe[modifier | modifier le code]