Unica Zürn

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Unica Zürn
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Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 54 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Nora Berta Unica Ruth ZürnVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Lieux de travail

Unica Zürn, née le à Berlin-Grunewald, et morte le à Paris, est une artiste et écrivaine allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Nora Berta Unica Ruth Zürn est le second enfant de Ralph Zürn, un journaliste voyageur, et d’Helene Pauline Heerdt, qui est issue d’une famille très fortunée.

Après des études commerciales, elle est engagée, en 1933, comme sténotypiste aux studios de l’Universum Film AG de Berlin. Sa correspondance montre une existence frivole, pleine d’amitiés et intrigues amoureuses[1]. De 1936 à 1942, elle travaille comme scénariste et auteure de films publicitaires.

Par sa mère, qui a épousé en secondes noces en 1931 Heinrich Doehle, alors ministre d’Hindenburg avant de devenir un des hauts dignitaires du IIIe Reich, Unica Zürn est introduite dans la haute société nazie.

En 1942, Unica Zürn épouse Erich Laupenmühlen, un commerçant avec qui elle a deux enfants : Katrin, née le , et Christian, né le .

En 1949, elle divorce, et ses enfants sont confiés à la garde du père. Elle écrit des récits et des nouvelles pour les journaux, des contes radiophoniques, et fréquente le milieu artistique.

En France (1953-1970)[modifier | modifier le code]

En 1953, Unica Zürn rencontre le plasticien Hans Bellmer (1902-1975) à l'occasion d'une exposition organisée à Berlin. Elle l'accompagne à Paris, où ils vivent dans un petit studio au premier étage du 88 rue Mouffetard, obtenu grâce à un artiste ami de Bellmer, Christian d'Orgeix.

Bellmer la présente au groupe surréaliste. Elle commence alors ses anagrammes et dessins qui seront publiés sous le titre d'Hexentexte[2] par la galerie Springer à Berlin. Cette même année[Quand ?], sa première exposition parisienne est organisée à la galerie Le Soleil dans la tête[3], suivie d'une autre au même endroit en 1956[4]:

« Les dessins qui ont été vendus, ressemblent à peu près à ceci : le 1er était une sorte de lapin, avec des seins sur le buste, avec des os et dans le ventre un fantôme (encre de Chine noire). Le 2e était, comme l’a dit Hans, une sorte de « buffle-punaise » […] Le 3e était une « sole voyageuse » accolée à une pieuvre répugnante […] Le 4e était […] une sorte de gros bourdon, d’où émergeaient d’autres insectes[5]. »

Unica Zürn essaie la peinture à l'huile mais abandonne rapidement pour ne se consacrer qu'au dessin.

En 1957, elle rencontre Henri Michaux qui lui inspire le personnage de « L'Homme-Jasmin ». À la suite d'une dépression nerveuse et d'une « crise » schizophrénique, elle fait un séjour à la clinique de Wittenau. Elle fait alors une première tentative de suicide.

Pendant une dizaine d'années, les crises alternent avec des séjours en clinique, à Sainte-Anne à Paris (), à La Rochelle, et à l'hôpital Maison Blanche de Neuilly-sur-Marne (1966, 1969 et 1970). En clinique, elle dessine à l'encre de Chine et peint.

En 1959, Unica Zürn participe à l'Exposition internationale du surréalisme de la galerie Daniel Cordier à Paris. Des photographies de bondage réalisées par Bellmer, où elle a posé nue, paraissent en couverture de la revue Surréalisme.

En 1963-1964[6], ses dessins sont exposés à la galerie Le Point cardinal. Le catalogue est préfacé par Max Ernst qui a également réalisé les invitations pour le vernissage.

Entre 1963 et 1965, elle écrit Der Mann im Jasmin (L'Homme-Jasmin).

En 1969, Hans Bellmer, devenu hémiplégique à la suite d'un accident vasculaire cérébral, reste dans un profond mutisme jusqu'à la fin de sa vie.

Unica Zürn publie Sombre Printemps et elle est à nouveau internée à Maison Blanche. Son état est si critique qu’elle ne peut plus dessiner ni écrire.

Au début de 1970, elle est internée une troisième fois à Maison Blanche. Elle rédige un journal de souvenirs, Crécy, ainsi qu'un Livre de lecture pour enfants.

Le , elle écrit une lettre de rupture à Bellmer. Elle achève la rédaction de L'Homme-Jasmin, Vacances à Maison-Blanche et Rencontre avec Hans Bellmer, et elle projette d'écrire L'Homme-Poubelle comme une suite à L'Homme-Jasmin.

Autorisée à sortir de la clinique, elle se rend chez Bellmer et se suicide en se jetant par la fenêtre de son appartement. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (9e division), et Hans Bellmer le sera dans la même tombe cinq ans plus tard.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

  • Hexentexte (Grimoire de sorcière), comprenant 10 dessins et 10 anagrammes, postface de Hans Bellmer, Berlin, galerie Springer, 1954[7]
  • Oracles et spectacles, 14 poèmes-anagrammes et 8 eaux-fortes, introduction de Patrick Waldberg, frontispice et post-scriptum de Hans Bellmer, Paris, Georges Visat, 1967[8]
  • The House of Illnesses, première publication en allemand, 1977. Traduction anglaise de Malcolm Green, avec des dessins d'Unica Zürn, Londres, Atlas Press, 1993

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Œuvres complètes d’Unica Zürn, en 8 volumes, Berlin, Brinkman et Bose, 1988-1999
  • L'Homme-Jasmin, traduction Ruth Henry et Robert Valençay, avec une préface d'André Pieyre de Mandiargues, Paris,Gallimard, 1971 ; réédition Paris, Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 1999
  • Sombre Printemps, traduction Ruth Henry et Robert Valençay, Paris, Belfond, 1971. Réédition Paris et Montréal, éditions Écriture, 1997. Ce roman de 80 pages raconte l'histoire d'une enfant en besoin d'amour.
  • Lettres au Docteur Ferdière, coécrit avec Hans Bellmer, Biarritz, Nouvelles éditions Séguier, 1994
  • Vacances à Maison-Blanche, Paris, Joëlle Losfeld, 2003. Derniers écrits et autres inédits, traduction et présentation de Ruth Henry
  • MistAKE & autres écrits français, Ypsilon éditeur

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie sur Unica Zürn[modifier | modifier le code]

  • Sarah Palermo, Unica Zürn. Il diario della follia. Art Dossier n. 348 , 11 2017. Ed. Giunti, Firenze, pp. 26-31
  • Ruth Henry, Rencontre avec Unica, postface de Der Mann im Jasmin, Berlin, 1977, reprise en postface de Sombre printemps (éd. Rocher/Serpent à plumes, collection Motifs)
  • Françoise Buisson, Portrait d'Unica Zürn, éd. Le Nouveau Commerce, Paris, 1977
  • « La Femme surréaliste », Obliques no 14-15, 1977
  • Sarah Palermo, Unica Zürn. I doni della follia, Outsider Art, Art Brut O.O.A. vol.8 - Glifo, 2014
  • Marcelle Fonfreide, Approche d'Unica Zürn, éd. Le Nouveau Commerce, supplément au cahier 49, Paris, 1981[9]
  • Martine Delvaux, « Unica Zürn et un surréalisme affolant », in Women in French Studies, vol. 3, Fall, 1995
  • La Femme s'entête/La Part du féminin dans le surréalisme, Lachenal & Ritter, Paris, 1998, textes de Jean-François Rabain « Quelques roses pour Unica Zürn » et Ruth Henry « Unica Zürn, la femme qui n’était pas la poupée »[10]
  • Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles. Trente quatre femmes surréalistes, Jean-Michel Place, Paris, 1999, p. 302 à 313, avec une photographie anonyme de l'artiste et la reproduction de cinq peintures sans titres, datées de 1955 à 1968
  • Virginie Pouzet, « Unica Zürn, un surréalisme de l'enfance et de la folie », in Emmanuel Rubio L'Entrée en surréalisme, Ivry, Phénix édition[11], Collection des pas perdus, 2004, p. 231-246
  • Jean-Claude Marceau, Unica Zürn et L'Homme-Jasmin : le dit-schizophrène, L'Harmattan, 2006
  • Unica Zürn, La Halle Saint-Pierre, éditions du Panama, 2006
  • « Unica Zürn - Sombre automne », in art press, no 326, 2006
  • Marc Alyn, Unica Zürn : l'innocente perversité de l'ange, Approches de l'art moderne, Bartillat, 2007.
  • Véronique Bergen, Le Cri de la poupée, Al Dante, 2015, roman sur Unica Zürn
  • Perrine Le Querrec, Ruines, Tinbad, 2017, poèmes sur Unica Zürn
  • Anouchka D'Anna, Unica Zürn, L'Écriture du vertige, 2010, Éditions Cartouche, 158p.
  • Thüne, Eva-Maria (2016): “Wirst du dein Geheimnis sagen? Intertextuelle und semiotische Bezüge in Anagrammen von Unica Zürn”, in Uta Degner & Martina Wörgötter, Hgg., Literarische Geheim- und Privatsprachen. Formen und Funktionen. Würzburg (Königshausen & Neumann), 103-124.
  • Thüne, Eva-Maria (2012a): “Das Kabinett der Sonnengeflechte. Ein Beispiel von Text- und Bildbeziehung in Unica Zürns Das Haus der Krankheiten”, in Franciszek Grucza; Anne Betten; Alexander Schwarz & Stanislaw Predota, Hgg., Akten des XII. IVG-Kongresses „Vielheit und Einheit der Germanistik weltweit“. Bd. 4. Sprache in der Literatur / Kontakt und Transfer in der Sprach- und Literaturgeschichte des Mittelalters und der Frühen Neuzeit / Die niederländische Sprachwissenschaft - diachronisch und synchronisch, Frankfurt/M. et al. (Peter Lang), 133–138 [Publikationen der IVG; 4];
  • Thüne, Eva-Maria (2008): Unica Zürn, Due diari. Introduzione e traduzione. Brescia (Edizioni l’Obliquo).
  • Céline Wagner, La trahison du réel, Unica Zürn, portrait d'une schizophrénie, roman graphique, Éditions La Boîte à Bulles, 2019. (ISBN 978-2849533345)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Unica Zürn, Œuvres complètes, Brinkmann & Bose, Berlin
  2. Littéralement, « textes des sorcières »
  3. Colvile, cf. Bibliographie (Sur Unica Zürn), p. 302
  4. Du 11 au 31 mai. La préface du catalogue est écrite par André Pieyre de Mandiargues
  5. Lettre d'Unica Zürn, Œuvres complètes, Brinkmann & Bose, Berlin
  6. Du 10 décembre au 15 janvier
  7. Voir Andrea Oberhuber, « Le pouvoir incantatoire de Hexentexte d’Unica Zürn » [1]
  8. Voir Andrea Oberhuber, « La consignation de poèmes-anagrammes dans Oracles et spectacles d’Unica Zürn » [2]
  9. Contient Unica Zürn : « Meine Kindheit ist das Glück meines Lebens » (« Mon enfance est la chance de ma vie »).
  10. http://www.ccic-cerisy.asso.fr/femmesurreaTM98.html
  11. Sur le site Les Voiles de Salomé.