Un hiver à Majorque

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Page manuscrite de l'œuvre.

Un hiver à Majorque est un récit de voyage autobiographique de George Sand paru en 1842. Il raconte un voyage fait à Majorque en 1838-1839 avec Frédéric Chopin, fort malade. Il est d'abord paru en 1841 dans la Revue des deux Mondes.

Manifestement irritée par les conditions matérielles de ce voyage, George Sand y montre une grande incompréhension de Majorque. Ce récit exprime ainsi sa nette intolérance envers les insulaires, comme le relèveront par la suite de nombreux commentateurs, tels que Jules Percher ("Journal des débats", 11 juin 1988) ou Joséphine de Brinckmann, voire, plus récemment, l'écrivain Llorenç Villalonga.

Contexte : un livre constitué d'emprunts[modifier | modifier le code]

Résumant un voyage de quelques mois à Majorque, le livre a été largement emprunté aux notes d'autres voyageurs, notamment celles de Joseph Tastu[1] :

"L’endroit où la romancière a vraiment découvert cette île méditerranéenne n’est autre que son propre salon parisien. George Sand s’est contentée de prendre des notes à partir de livres empruntés à la Bibliothèque Royale ; on en connaît même les dates d’emprunt et de retour. En somme, elle est parvenue à combiner les souvenirs de son vécu avec la consultation d’ouvrages dont elle ignorait jusqu’à l’existence peu avant de se mettre à écrire son manuscrit. Ce manuscrit contient même des feuillets écrits de la main d’un érudit, Joseph Tastu, qui l’avait précédée dans un voyage en Espagne" (Antoni Ferrer, Université de Provence).

G. Sand "avoue ouvertement sa dette"[2] laquelle lui permet ainsi de "suppléer à la défaillance de ses informations personnelles" (Claudine Grossir).

Très popularisé du fait même de la réputation de G. Sand, pour beaucoup, ce livre ne présente qu'un intérêt bien limité[3].

Paru en 1839, l'ouvrage de Jean-Joseph Bonaventure Laurens, "Souvenir d'un voyage d'art à l'île de Majorque" (auquel G. Sand emprunte également, en y faisant référence page 9 de l'édition originale, "préface"), continue de faire référence, sur Majorque, jusqu'à la parution de celui de l'archiduc Louis-Salvador de Habsbourg, en 1876, fruit d'un travail scientifique et méthodique complet.

Un témoignage écrit d'intolérance[modifier | modifier le code]

George Sand se plait à exprimer la liberté et le progrès, valeurs qu'elle représente pour ses admirateurs et soutiens.

Dans cet ouvrage, elle se livre à une charge en règle contre les Majorquins, sans autre fondement que son humeur, faisant de la sorte le témoignage d'une piètre humanité et d'une faible propension à saisir l'étranger.

"Un hiver à Majorque" est un exemple de l'intolérance dont George Sand était capable.

"Au reste, les paysans de Valldemossa n'étaient pas davantage ce qui convenait à une époque dont la littérature voulait que tout fût impulsif ; ils ne l'étaient certes pas ! Elle aurait voulu des indigènes aussi primitifs et aussi "nature vierge" que possible, mais sachant lire et écrire, pour qu'elle put s'attacher à leur émancipation. Il lui fallait des hommes très simples, mais qui prissent volontiers cet air de liberté que ses principes préconisaient, des hommes silencieux et paisibles mais enclins à protester de temps en temps...

Elle trouva des gens qui étaient heureux de leur île et de leur sort et qui ne protestaient jamais. Ils eurent une grande protestataire parmi eux et ils ne surent pas en profiter ; ce fut un crime d'étourderie qui la froissa certainement''" (Santiago Rusiñol, dans "L'île au calme").

Résumé : une île mal habitée[modifier | modifier le code]

Hiver 1838. L'auteur prend le bateau pour Majorque, et accoste à Palma. Ses enfants et Frédéric Chopin, gravement malade, l'accompagnent.

Il faudra se loger en ville, puis à Valldemossa. La nourriture est chère, comporte beaucoup (trop) de cochon et les paysans sont aussi malaimables que malhonnêtes.

L'auteur découvre et reconnaît les beautés architecturales et naturelles de l'île, qui n'est cependant pas comme dans les livres lus avant le départ.

Au printemps 1839 c'est le retour, forcément libérateur, pour la France.

Une belle île, bien mal habitée : voilà, en somme, ce que George Sand retient et donne à voir de Majorque.

Notes et références[modifier | modifier le code]