Amable Tastu

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Amable Tastu
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Estampe d’après Émile Lassalle

Nom de naissance Sabine Casimire Amable Voïart
Alias
Amable Tastu
Naissance
Metz
Décès ( à 90 ans)
Palaiseau
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français

Amable Tastu, nom de plume de Sabine Casimire Amable Voïart, née à Metz le 13 fructidor de l'an III de la République française (soit le 30 août 1795[1]) et morte à Palaiseau le 10 janvier 1885, est une femme de lettres française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sabine Casimire Amable Voïart naît le 13 fructidor de l'an III de la République française à Metz, rue des Clercs.

Son père Jacques-Philippe Voïart, natif de Longwy, est administrateur aux vivres de l'armée. Sa mère, Jeanne-Amable Bouchotte, est la sœur du ministre de la guerre, Jean-Baptiste Bouchotte. En 1802, sa mère décède. Son père se remarie en 1806 avec Anne-Elisabeth-Elise Petitpain, femmes de lettres de Nancy qui partage avec Amable sa connaissance de l'anglais, de l'allemand et de l'italien.

En 1816, Sabine épouse l'imprimeur Joseph Tastu, natif de Perpignan[2]. Un an plus tard elle met au monde un fils, Eugène. En 1819, Joseph ouvre une imprimerie à Paris, rue de Vaugirard. Sous son nom de plume Amable Tastu, elle écrit et publie des poèmes qui lui apportent la notoriété. Elle est très appréciée de Lamartine (« Elle fut chantée par Lamartine. »[1]), Sainte Beuve, Hugo, Chateaubriand[3], Marceline Desbordes-Valmore [1]... Victor Hugo lui dédie son Moïse sur le Nil et Chateaubriand son Camoens[1]. Sainte-Beuve compose en son honneur une élégie de dix-huit quatrains, et lui consacre seize pages dans ses Portraits contemporains[1]. C'est la muse romantique par excellence. En 1851, la rose Amable Tastu est créée en son hommage[4]

Après des années de prospérité, les affaires de son mari déclinent. La crise économique de 1830 a raison de son imprimerie : il fait faillite. Amable abandonne alors la poésie pour se livrer à des productions lucratives, afin de subvenir aux besoins de sa famille. Elle collabore régulièrement au Mercure de France et à La Muse française[1]. Elle publie des ouvrages pédagogiques, des traductions, des sommes historiques, un Cours d'histoire de France, publié en accord avec le ministre de l'Instruction publique, un volume sur la littérature allemande, un autre sur la littérature italienne. Elle est également l’auteur de libretti pour des musiciens comme Saint-Saëns.

En 1849, après la mort de son mari, elle suit son fils Eugène dans ses missions diplomatiques à Chypre et à Bagdad. En 1866, elle revient pour quelques années à Paris. En 1871, elle s'installe à Palaiseau où elle continuera à mener une vie sociale intense.

Elle meurt le 10 janvier 1885 à Palaiseau.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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  • La Chevalerie française, Ambroise Tardieu, Paris, 1821.
  • Ode sur la mort de madame Dufrénoy, Joseph Tastu, Paris, 1825.
  • Poésies, Joseph Tastu, Paris, 1826[5].
  • Chroniques de France, Paris, Delangle Frères, 1829.
  • Soirées littéraires de Paris, Janet, Paris, 1832 sur [6]
  • Poésies nouvelles, Paris, Denain et Delamare, 1835.
  • Œuvres de Madame Tastu, en 2 volumes. Bruxelles, E. Laurent, 1835.
  • Prose, J. Jamar, Bruxelles, 1836[7].
  • Cours d’histoire de France. Lectures tirées des chroniques et des mémoires, avec un précis de l’histoire de France, Lavigne, Paris, 1837.
  • Chroniques de France, Didier, Paris, 1838.
  • Alpes et Pyrénées ; arabesques littéraires. Composées de nouvelles historiques, anecdotes, descriptions, chroniques et récits divers, P.-C. Lehuby, Paris, 1842.
  • Tableau de la littérature allemande depuis l’établissement du christianisme jusqu’à nos jours, Alfred Mame, Tours, 1843, rééd. 1858.
  • La Normandie historique, pittoresque et monumentale, P.-C. Lehuby, Paris, 1845.
  • Voyage en France, Alfred Mame et cie, Tours, 1846[8].
  • Éducation maternelle : simples leçons d’une mère à ses enfants, Didier, Paris, 1848.
  • Poésies complètes, Didier, Paris, 1858.
  • Tableau de la littérature italienne depuis l’établissement du christianisme jusqu’à nos jours, Alfred Mame, Tours, 1870.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f André Bellard: Pléiade messine, in Mémoires de l'Académie nationale de Metz, n°59, 1966-1967.
  2. cité dans Un poète roussillonnais Pierre Battle in Mémoires de la Section des lettres / Académie des sciences et lettres de Montpellier sur Gallica
  3. Madame Tatsu et les Mémoires d'outre Tombe in les Mémoires d'outre-tombe
  4. Léon Simon et Charles Cochet-Cochet, Nomenclature de tous les noms de roses connus : avec indication de leur race, obtenteur, année de production, couleur et synonymes, Paris : Librairie horticole, 1906
  5. Poésies (3e éd.) par Madame Amable Tastu sur Gallica
  6. Soirées littéraires de Paris, recueil publié par madame Amable Tastu sur Gallica
  7. Prose par Madame Amable Tastu sur Google Books
  8. Voyage en France par Mme Amable Tastu sur Gallica

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Albert Babeau, Madame Amable Tastu ; sa vie et son œuvre, Toulouse, Douladoure, 1945.
  • Ferdinand Des Robert, Madame Tastu (Sabine-Casimir-Amable), 1798-1885, Nancy, Berger-Levrault, 1887.
  • Afifa Marzouki, Amable Tastu, une poétesse à l’époque romantique, Tunis, Publications de la Faculté des lettres de la Manouba, 1997 (ISBN 9789973936059)
  • Catherine Poussard-Joly, Madame Tastu ou La muse oubliée : Biographie, Palaiseau, Société historique de Palaiseau, 1995 (ISBN 9782950660329)
  • Maurice Souriau, Grandeur et décadence de Mme. Amable Tastu, Paris, Société française d’imprimerie et de librairie, 1910.
  • Marie Daffini, « L'amour de Madame Tastu pour Metz et la Lorraine » in La Nouvelle Revue, Lorraine, no 35 (décembre 2015-janvier 2016)
  • André Bellard, « Pléiade messine » in Mémoires de l'Académie nationale de Metz, no 59, 1966-1967.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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