Machinedrum

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Machinedrum
Surnom Syndrone, Tstewart, Machine Drum, Aden
Nom de naissance Travis Stewart
Naissance
à Eden, Caroline du Nord
Genre musical glitch, abstract hip-hop, jungle, juke, house, dubstep
Instruments MAO, Synthétiseurs, Sampleur, Guitare
Années actives 2000 à aujourd'hui
Labels Merck, LuckyMe, Planet Mu, Ninja Tune
Site officiel machinedrum.net


Machinedrum, pseudonyme de Travis Stewart, est un musicien américain de musique électronique né le à Eden en Caroline du Nord[1]. Éclectique et prolifique, il a signé de nombreux disques et apparitions dans des styles allant de l'abstract hip-hop à la jungle en passant par le juke, la house et le dubstep.

Carrière[modifier | modifier le code]

2000-2006 : L'ère Merck[modifier | modifier le code]

Né à Eden en Caroline du Nord, Travis Stewart grandit dans la ville voisine de Hickory. Dès 3 ans il joue sur le piano parental, mais c'est surtout chez son grand-père, membre d'un groupe de country, qu'il développe son intérêt pour la musique. Dans son studio, il joue avec les guitares, pedal steel guitar, séquenceurs, enregistreurs et pédales d'effets qu'il a à sa disposition[2]. Baigné dans cet environnement musical (auquel s'ajoute un cousin chanteur-parolier), il s'oriente très tôt vers le métier d'artiste. Il joue dans une fanfare, s'y exerce à divers instruments comme le marimba, le vibraphone et la basse, puis s'essaye à la composition personnelle à travers la musique électronique[3],[4].

Après avoir terminé ses études en audio mastering tout début 2000, où il acquiert de nombreux instruments, modules et samples, il apparait pour la première fois sous le nom de Syndrone chez Merck records, un nouveau label basé à Miami et qui ne tardera pas à se révéler très influant[5]. Intitulé Triskaideka (sorti en mars 2000), ce premier album, avec ses doubles beats, coupés, ses contre-rythmes, est assez expérimental et se situe dans la lignée du duo Autechre à leur début[3], avec les douces nappes psychédéliques en plus, et s'apparente à de nombreux autres artistes appartenant pour beaucoup au label Warp, tels qu'Aphex Twin ou LFO.

À partir du début 2001, il prend le pseudonyme de Machine drum (en deux mots) pour une série de trois albums, Now you know en février, Half the Battle en septembre l'année suivante, et enfin Urban biology également en septembre 2002. Ces trois albums, déjà marqués par l'éclectisme que développera l'artiste dans les années à venir (le premier est plutôt abstract hip-hop, à l'image de Prefuse 73, tandis que les deux autres se rapprochent plus des travaux récents d'Autechre, ou éventuellement du Team Shadetek), assoient rapidement sa réputation dans les milieux de la musique underground[5]. Toujours en 2002, il effectue au Japon sa première tournée, en compagnie de son futur complice Jimmy Edgar, et y découvre une notoriété qu'aucun des deux ne soupçonnait[3].

En mars 2004, Stewart sort son deuxième album sous le pseudonyme Syndrone, Salmataxia. Fondamentalement expérimental, beaucoup plus travaillé et ambitieux que Triskaideka, avec des beats affolés, aléatoires, et ses douces nappes synthétiques en arrière-plan, il repousse les limites de la musique électronique expérimentale et range le producteur aux côtés d'Autechre, Squarepusher, Aphex Twin, Murcof parmi les artistes électro les plus innovants. Entre octobre 2004 et début 2006, il publie ses trois derniers albums pour le compte de Merck records : deux sous son alias Machine Drum, Bidnezz et la double compilation de remixes Mergerz & Acquisitionz, tous deux ancrés dans la veine hip-hop experimental qu'il a autant contribué à développer que Prefuse 73[6],[7] ; et puis Living Exponentially, cette fois sous le nom Tstewart, beaucoup plus ambient et mélodique.

2007-2015 : La consécration[modifier | modifier le code]

Dès lors, Machinedrum (en un seul mot désormais) étend encore sa palette d'influences, intégrant notamment des éléments venus de la house, du dubstep[8] ou de la jungle. Ainsi parait en 2009 Want to 1 2?, unanimement salué par la critique, puis l'année suivante l'EP His many Faces sur le label LuckyMe (en) d'Hudson Mohawke, qui lui ouvre les portes d'une plus large audience[5]. S'en suit une collaboration avec Praveen, un comparse de Merck, sous le nom Sepalcure (en), qui, en trois EPs et un album long, enchantera la critique par son atmosphère romantique de voix pitchées sur des rythmiques issues du UK garage[9]. C'est aussi vers cette époque qu'il signe un unique morceau sous le pseudonyme Neon Black pour une compilation du label Gravitas[10].

Son style vire progressivement vers un mélange de juke, de dubstep et de jungle, plus sombre mais toujours très influencé par le hip-hop, comme le montre d'abord son album suivant Room(s), sorti en 2011 sur Planet Mu, le label de μ-ziq. Il retient alors l'attention d'Azealia Banks, qui lui confie la production de son album No Problems, point de départ d'une diffusion à plus grande échelle qui aboutira à la signature sur le célèbre label Ninja Tune[11]. Il y publie le duo conceptuel Vapor City / Vapor City Archives en 2013 et 2014, où il affine un son de plus en plus personnel, urbain et foisonnant, qui n'est pas sans rappeler les productions de SBTRKT et surtout Burial[12],[13]. Stewart explique avoir disposé pour ce disque d'un réservoir de plus de 70 morceaux, écrits dans la foulée de Room(s) et dont les styles respectifs pouvaient être classés par groupes, lesquels deviendront les districts d'une ville imaginaire née d'un rêve récurrent qui le hantait à l'époque[14]. Sur scène, il joue accompagné du batteur Lane Barrington et du vidéaste Weirdcore[4].

Ces trois sorties successives, acclamées par la critique et accompagnées d'une multitude d'EPs dont le public ne se lasse pas, finissent d'assoir Machinedrum parmi les producteurs électro les plus marquants et demandés de sa génération[5],[8]. Il signe ainsi l'essentiel de la production sur l'album Love Apparatus de Jesse Boykins III (en)[8], et rejoint son groupe de scène The Beauty Created. En 2015, marqué par la mort prématurée de DJ Rashad, pilier de la scène footwork, il lui rend hommage dans un EP autoproduit, dans lequel il compile 5 titres initiés en collaboration avec Rashad mais jamais encore vraiment terminés[15].

Toujours enclin à chercher des orientations nouvelles, Stewart s'essaye en parallèle à la pure house sous encore un nouveau pseudonyme, Aden, signant quelques EPs sur le label Ultramajic qu'il dirige avec son ami Jimmy Edgar. Les deux artistes en profitent pour signer la collaboration JETS (pour Jimmy Edgar Travis Stewart), qui sortira différents EPs et un mix pour le compte du magazine britannique FACT (en)[16].

Il partage actuellement son quotidien entre Berlin et le quartier new-yorkais de Brooklyn, la première pour son dynamisme musical et son coût relativement faible, le second parce qu'il y a la plupart de ses amis et que la vie plus chère le « pousse hors de sa zone de confort »[3].

Influences[modifier | modifier le code]

Stewart se décrit lui-même comme un « MTV kid ». Il estime sa culture musicale fortement redevable des clips de punk rock, de métal, de hip-hop et parfois de reggae qu'il regardait sur la chaîne. Il s’entiche ensuite de l'indus, en particulier grâce aux morceaux NWO (en) de Ministry et Head Like A Hole de Nine Inch Nails, puis découvre Aphex Twin, qui le conduit à creuser le répertoire du label Warp[2]. Il admet ainsi qu'il réserve son alias Syndrone à ses compositions les plus inspirées d'Autechre[3].

Recherchant d'abord la folie et l'imprévisibilité, il s'intéresse aux productions d'autres labels novateurs, parmi lesquels il cite entre autres Astralwerks, Skam (le label d'Autechre), Ninja Tune, Matador et Thrill Jockey (en). Stewart reconnaît également beaucoup s'inspirer de ses différentes collaborations, avec notamment Praveen Sharma, Jimmy Edgar et bien-sûr DJ Rashad, décédé brutalement en 2014, et à qui il vouera un EP hommage l'année suivante[2].

Son album favori reste pourtant le Music for 18 Musicians de Steve Reich, dont les polyphonies lui rappellent la complexité rythmique qui le suit depuis ses premières expériences avec une fanfare[3].

Matériel utilisé[modifier | modifier le code]

S'il est convaincu que l'évolution technologique a eu un grand apport sur la musique et sa démocratisation, Travis Stewart se contente lui-même d'assez peu d'instruments, pour la plupart de MAO. Parmi eux[4],[17] :

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Machinedrum », sur Discogs
  2. a, b et c (en) « Machinedrum on Sepalcure's Future: "Expect a New Album Very Soon" », sur miaminewtimes.com,‎
  3. a, b, c, d, e et f (en) « 20 Questions: Machinedrum Talks New York vs. Berlin, Steve Reich, and Staying Motivated », sur XLR8R,‎
  4. a, b et c (en) « Machinedrum on Live Performance: Balancing Simplicity and Presence », sur djtechtools.com,‎
  5. a, b, c et d (en) « Machinedrum », sur jambase.com
  6. (en) « Bidnezz », sur Pitchfork,‎
  7. (en) « Machine Drum: Mergerz & Acquisitionz », sur gridface.com,‎
  8. a, b et c (en) « Artist Biography by Mark Pytlik », sur AllMusic
  9. (en) « Rising: Sepalcure », sur Pitchfork,‎
  10. « Various – Virtus In Sonus », sur Discogs
  11. (en) « Exclusive: Machinedrum Signs to Ninja Tune », sur Billboard,‎
  12. « Machinedrum - Vapor City : post-dubstep ? Jungle ? Cet Américain brouille les pistes et les repères. Critique. », sur Les Inrockuptibles,‎
  13. « Machinedrum - Vapor City Archives : la magistrale utopie d’un beatmaker US. Critique et écoute. », sur Les Inrockuptibles,‎
  14. (en) « Machinedrum Talks Dreams, BPM, And Reveals All About New Album "Vapor City" », sur thecreatorsproject.com,‎
  15. (en) « Machinedrum unveils ‘Understand’ from DJ Rashad tribute Movin’ Forward », sur factmag.com,‎
  16. « JETS (6) – FACT Mix 358 », sur Discogs
  17. (en) « Machinedrum: Sacred Frequencies », sur Ableton,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]