Les Nouveaux Temps
| Les Nouveaux Temps | |
Page 1 d'un exemplaire Les Nouveaux Temps (13 juin 1944) | |
| Pays | |
|---|---|
| Fondateur | Jean Luchaire |
| Date de fondation | 1er novembre 1940 |
| Date du dernier numéro | 17 août 1944 |
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Les Nouveaux Temps est un quotidien du soir de la presse collaborationniste française, durant l'Occupation.
Descriptif
[modifier | modifier le code]Il est fondé par Jean Luchaire, le avec l'appui de l'ambassade d'Allemagne. Dans son procès de la Libération, Jean Luchaire affirme que c'est Otto Abetz lui-même, dont il était l'ami personnel, qui en a choisi le titre[1]. Il s'agit aussi alors de récupérer le lectorat de la bourgeoisie aisée qui lisait auparavant Le Temps, dont Les Nouveaux Temps adoptent le format. Luchaire a aussi dirigé un périodique appelé Notre Temps, qui a cessé de paraitre en .
Deux anciens de Notre Temps accompagnent Luchaire, Guy Crouzet et Guy Zucarelli[2]. Comme Luchaire se désintéresse du journal, surtout à partir de 1942, et qu'il est pris par ses autres activités, il laisse l'éditorial à Crouzet, collaborationniste convaincu et antisémite, qu'il connaît depuis le début des années 1920.
C'est sans doute le plus collaborationniste des quotidiens français. Le journal est relativement peu lu et l'entreprise est en déficit structurel[3], comblé par les fonds allemands. Son tirage est encore de 57 000 exemplaires en [4].
Le journal fonde un prix littéraire en 1941, le « prix de la Nouvelle France », présenté par son critique littéraire, Marcel Espiau, secrétaire général du prix[5],[6].
Le journal paraît jusqu'au [7].
Devenir des principaux dirigeants et journalistes
[modifier | modifier le code]Guy Zuccarelli, rédacteur en chef, est jugé en et condamné à dix ans de travaux forcés[8]. Luchaire est condamné à mort en et exécuté le mois suivant. Guy Crouzet (1901-1956), qui fut aussi un temps le rédacteur en chef de La Gerbe en 1943-1944, est jugé en et condamné aux travaux forcés à perpétuité[9]. Amnistié en 1951, il collabore au périodique d'extrême droite Rivarol à partir de cette date, sous le pseudonyme d'Yves Jacquemin, jusqu'à sa mort[10].
Georges Prade (1904-1992), secrétaire général depuis des Nouveaux Temps et administrateur de Paris-Soir, conseiller municipal de Paris depuis 1929 et homme d'affaires[11], est condamné en à 7 ans de travaux forcés[12].
Sources
[modifier | modifier le code]- Des archives du journal Les Nouveaux Temps sont conservés aux Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine, sous la cote 2AR : Inventaire du fonds.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Les procès de collaboration, compte rendu sténographique, Jean Luchaire, France. Haute Cour de justice, Albin Michel, 1948.
- ↑ Claude Lévy, Les Nouveaux Temps et l'idéologie de la collaboration, Librairie Armand Colin et FNSP, 1974, p. 78
- ↑ Hervé Joly, Les comités d'organisation et l'économie dirigée du régime de Vichy : actes du colloque international, Caen, 3-4 avril 2003, Université de Caen, Centre de recherche d'histoire quantitative, 2004
- ↑ D'après les Archives de la Préfecture de police, citées par Pascal Ory, Les collaborateurs 1940-1945, Points Histoire, Seuil, 1976, p. 283.
- ↑ Jacques Cantier, Lire sous l'Occupation, CNRS éditions, 2019, p. 224
- ↑ Les Nouveaux Temps, 1er août 1941, Ibid., 8 juillet 1941, Ibid., 12 avril 1941, Aujourd'hui, 13 juillet 1944
- ↑ « Les Nouveaux temps : quotidien du soir / dir. Jean Luchaire », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ « Sentence dérisoire pour Zuccarelli des Nouveaux Temps », L'Humanité, 24 janvier 1945, p. 1, Combat, 24 janvier 1945
- ↑ France-Soir, 19 janvier 1947, L'Humanité, 19 janvier 1947, Combat, 19 janvier 1947
- ↑ Tristan Rouquet, Les écrivains collaborateurs. Engagement, stigmate et postérité, CNRS éditions, 2025
- ↑ Yves Pourcher, Vichy théâtre d'ombres, Vuibert, 2019, chap. 7. « Les deux canailles ».
- ↑ L'Aube, 26 juin 1947, Combat, 24 juin 1947
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Claude Lévy, Les Nouveaux Temps et l'idéologie de la Collaboration, Paris, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques - Armand Colin, 1974.
- Pierre-Marie Dioudonnat, L'argent nazi à la conquête de la presse française, 1940-1944, Éditions Jean Picollec, 1981.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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