Subdivisions de la République de Moldavie

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Les subdivisions de la république de Moldavie, détaillant les communes et comprenant :
  • 40 arrondissements répartis en 5 régions (Nord, Centre, Sud, Transnistrie et Gagaouzie) ;
  • 5 municipalités.
  • La légende détaille la Région autonome de la rive gauche du Dniestr (Unitatea teritorială autonomă din stînga Nistrului, en nuances vertes) et la Gagaouzie (vert clair, au sud), ainsi que les limites des régions (grisé flou).
Le projet d’une Moldavie « à la suisse » selon les arrondissements de 1990 (mouvement étudiant Dreptate-Равенство) et de 2010 (parti chrétien-démocrate), avorté en raison de l’opposition des russophones et des communistes. Il proposait l’égalité entre arrondissements (sur le modèle des cantons suisses) et communautés (toutes, autochtones inclus, pouvant se référer librement, sur tout le territoire, à la culture et langue de leur choix, y compris roumaine).

Les subdivisions de la République de Moldavie sont les entités administratives, de statuts divers, composant cet état de jure (de droit, tel que reconnu par la communauté internationale et le parlement) ou de facto (de fait, telle que la situation est sur le terrain). Elles ont été mises en place en plusieurs étapes et s'organisent selon plusieurs échelons.

Descriptif[modifier | modifier le code]

De jure, la République de Moldavie est divisée en :

  1. la Région nord (capitale : Bălți ;
  2. la Région centre (capitale : Chișinău ;
  3. la Région sud (capitale : Tighina) ;
  4. la Région autonome de la rive gauche du Dniestr (Unitatea teritorială autonomă din stînga Nistrului) (divisée en 5 rayoniï/raioane, capitale : Dubăsari) ;
  5. la Région autonome non contiguë de Gagaouzie (divisée en 3 dolay/raioane ; capitale : Comrat).

Depuis la Guerre du Dniestr de 1992, le statut de facto ne correspond pas partout à celui de jure, et de plus, depuis les réformes communistes des années 1998-2001, même les statuts de jure de ces arrondissements, municipalités et régions ne sont plus égaux, certaines était autonomes, d'autres non, certaines se superposant (la capitale étant à la fois une municipalité et un arrondissement), et les langues officielles étant elles aussi différentes (raioane ou ocoluri roumanophones, rayoniï russophones et dolay turcophones).

De facto, la République de Moldavie (33 843 km2) ne contrôle que 32 arrondissements et demi, plus (dans une certaine mesure) la Gagaouzie soit un total de 29 680 km2, car :

  • l'état autoproclamé séparatiste non-reconnu de la République moldave du Dniestr, dit communément « Transnistrie », dont la capitale n'est pas Dubăsari mais Tiraspol, contrôle 92% de la région autonome de la rive gauche du Dniestr et en outre, la municipalité de Tighina sur la rive droite, soit un total de 4 163 km2 ;
  • de ce fait la capitale de facto de la région sud n'est pas Tighina mais Cimișlia.

Les 32,5 raioane (arrondissements) sous contrôle du gouvernement sont :

Deux municipalités : Bălți et Chișinău, sont sous contrôle du gouvernement moldave.

Les 4,5 arrondissements sous contrôle de la république non-reconnue de « Transnistrie » à l'est du fleuve Dniestr sont :

Deux municipalités sont sous contrôle de la république non-reconnue de la Transnistrie :

  • Tighina (en turc et russe Bender) sur la rive droite du Dniestr ;
  • Tiraspol à l'est du fleuve, capitale de fait de cet état sécessionniste.

La Gagaouzie est divisée en 3 dolay :

Elle reconnaît l'autorité du gouvernement moldave, les lois et la monnaie du pays, mais se gouverne en fait elle-même.

Lorsque le gouvernement moldave tente de se rapprocher de l'Union européenne et de la Roumanie, les représentants de la Transnistrie et de la Gagaouzie déclarent vouloir, comme la Crimée et la Novorussie d'Ukraine, rejoindre la Fédération de Russie[1].

Article détaillé : Politique en Moldavie.

Histoire[modifier | modifier le code]

La principauté de Moldavie était divisée en comtés (Ținuturi, équivalents aux 'Județe valaques), formés d'arrondissements (Ocoluri), eux-mêmes formés de paroisses (Ienorii).

Sous l'administration de l’Empire russe, le gouvernement de Bessarabie était formé de huit ouiezds : Akkerman, Beltsy, Bendery, Izmaïl, Kichinev, Orgueïev, Soroki et Khotine.

Sous l'administration de la Roumanie, le pays était partagé en dix départements (Județe) : Hotin, Soroca, Bălți, Iași (partie orientale), Orhei, Chișinău, Cahul, Tighina, Chilia et Cetatea Albă, formés d'arrondissements (Plăși), eux-mêmes formés de communes (Comune).

En août 1940, l’Union soviétique, partage le pays entre l'Ukraine et la Moldavie, et organise le territoire en arrondissements (Raioane) formés de soviets ruraux (Sovete sătești). À l'époque soviétique, le pays était divisé en 40 raions égaux en statut.

Après l'indépendance, en 1994, la loi no 306-XIII conserve l'organisation soviétique, à l'exception des soviets ruraux qui sont transformés en communes (Comună) : ces communes sont territorialement calquées sur les anciens soviets ruraux et non sur les communes pré-soviétiques.

En 1998 la loi no 191-XIV institue, sous la pression russe, une structure fédérale, les deux régions autonomes se réservant le droit de faire sécession au cas où le pays tenterait de s'unir à la Roumanie (mais de fait, la « Transnistrie » est déjà en état de sécession). La fédéralisation du pays a créé trois entités :

  • Une entité roumanophone formée de 9 départements ou județe (avec les chefs-lieu entre parenthèses) :
  1. Bălți (Bălți) ;
  2. Cahul (Cahul) ;
  3. Chișinău (Chișinău) ;
  4. Edineț (Edineț) ;
  5. Lăpușna (Hîncești) ;
  6. Orhei (Orhei) ;
  7. Soroca (Soroca) ;
  8. Tighina (chef-lieu à Căușeni, Tighina étant sous contrôle de la république non-reconnue de Transnistrie ;
  9. Ungheni (Ungheni).

Cette loi visait à faire entrer les Gagaouzes et les russophones dans le giron du gouvernement : elle atteint son objectif en Gagaouzie, mais non en « Transnistrie » qui, à l'exception de quelques communes proches de Dubăsari, continue à refuser le statut d'autonomie proposé, à se revendiquer indépendante et à occuper la municipalité de Tighina.

Le retour des Parti communiste de Moldavie au pouvoir se traduit le 27 décembre 2001 par la loi no 764-XV qui annule les județe mais conserve la dénomination de communes acquise en 1994 par les soviets ruraux, ainsi que la région autonome de Gagaouzie reconnue en 1998. Avec les modifications du 24 avril 2008 cette loi institue en outre les 37 arrondissements et 5 municipalités actuelles[2]. Bien qu'également dirigée par des communistes, la « Transnistrie », auto-proclamée, refuse aussi cette loi, et continue à exercer un contrôle exclusif sur 5 des 37 arrondissements et 2 des 5 municipalités, à l'exception des quelques communes du raion de Dubăsari qui avaient choisi en 1998 l'obédience gouvernementale.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mikhaïl Bourla, président du Soviet Suprême de Transnistrie, sur [1] et Mikhaïl Formuzal sur [2].
  2. http://ro.wikisource.org/wiki/Wikisource:Documente_legislative#Republica_Moldova