Unités territoriales autonomes de la rive gauche du Dniestr

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Les Unités territoriales autonomes de la rive gauche du Dniestr, en roumain : Unitățile Teritoriale Autonome din stînga Nistrului, en russe : Автономная территориальные единицы левобережья Днестра ou plus brièvement Приднестровская автономная единица, sont les 5 raions de Camenca, Rîbnița, Dubăsari, Grigoriopol, Slobozia et la municipalité (ro) de Tiraspol qui forment, selon le droit de la Moldavie et selon l'Organisation des Nations unies, une région autonome de ce pays désignée par l'acronyme UTAN[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

En fait seule la moitié de l'un des cinq raions, celui de Dubăsari, se trouve dans cette légalité du parlement moldave et du gouvernement de Chișinău. Le reste du territoire autonome, ainsi que la ville et la citadelle de Bender/Tighina sur la rive droite du Dniestr et six communes adjacentes, se trouvent sous le contrôle d'une entité auto-proclamée, militairement protégée par la 14e armée russe : la « République moldave du Dniestr » (RMN), en russe : Приднестровская Молдавская Республика, en ukrainien : Придністровська Молдавська Республіка et en moldave : Република Молдовеняскэ Нистрянэ (en caractères roumains cyrilliques, soit en roumain : Republica Moldovenească Nistreană, abrégé en RMN), qui est un État non reconnu, issu de la dislocation de l'URSS (1991).

Territoire de facto de la RMN (avec Bender/Tighina et six autres communes rive droite du Dniestr, mais sans Cocieri, Molovata, Corjova, Coșnița, Pîrîta et Doroțca qui ont choisi l'obédience du gouvernement moldave).

Dénominations[modifier | modifier le code]

Le nom de « Transnistrie » utilisé par les médias en français pour désigner cette entité, n'a aucun caractère officiel. Il a été inventé par les ethnographes roumains du XIXe siècle dans leurs descriptions des minorités roumanophones vivant dans les gouvernements russes de Podolie et de Kherson, où elles s'étaient installées en provenance du Boudjak et de Dobrogée, pour fuir la double-capitation sur les chrétiens (haraç) et l'enlèvement des garçons pour les enrôler dans les janissaires, pratiqués dans ces régions devenues ottomanes au XVe siècle. Au début du XXe siècle cette dénomination tombe en désuétude jusqu'en 1941, lorsque le régime fasciste du maréchal Antonescu, le « Pétain roumain », occupe la région ukrainienne située entre le Dniestr et le Boug, alors dénommée officiellement « gouvernement de Transnistrie ». Cette occupation dure trois ans, après quoi à nouveau le terme sombre dans l'oubli (sauf pour les historiens de la Shoah en Roumanie) pour ressurgir en 1992 lors de la guerre du Dniestr consécutive à la dislocation de l'URSS, mais cette fois avec un sens territorialement plus restreint, désignant seulement le territoire moldave situé rive gauche du Dniestr.

Les autorités et populations russophones contestent cette dénomination roumaine, signifiant « au-delà du Dniestr », et utilisent la dénomination russe Pridniestrovie (Приднестровье) signifiant « sur le Dniestr » ou « le long du Dniestr ».

En forme longue, le gouvernement de Tiraspol utilise un nom différent dans chacune de ses trois langues officielles (russe, ukrainien et « moldave »). La dénomination moldave : Република Молдовеняскэ Нистрянэ en caractères roumains cyrilliques est la même qu'en caractères latins (roumain : Republica Moldovenească Nistreană, soit littéralement « République Moldave Nistréenne »), tandis qu'en russe : Приднестровская Молдавская Республика et ukrainien : Придністровська Молдавська Республіка elle comporte le préfixe При (pri) dont la traduction française, en toponymie, donne « lez », « lès » ou « auprès de ». La forme longue slave serait donc « République moldave du Dniestr ». La nuance est importante car « Transnistrie », « au-delà du Dniestr », se réfère à la définition moldave légale n'incluant que la rive gauche du fleuve, alors que Приднестровье, translittéré Pridnestrovie ou Pridniestrovie, « près du Dniestr », se réfère à la définition russe incluant des territoires sur les deux rives du fleuve[2]. La meilleure traduction en français des noms slaves serait « Cisdniestrie », et la meilleure transcription « Pridniestrie ».

On trouve quelquefois la forme « Transdniestrie », mélange entre la dénomination roumaine et la dénomination russe[3].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ainsi cité dans la loi no 764-XV de 2001 sur l'organisation territoriale de la Moldavie.
  2. Exemple sur le site Internet Pridnestrovie
  3. Une rapide recherche sur le site Internet du Conseil de l'Europe relève 1248 occurrences pour « Transnistrie/Transnistria », 134 occurrences pour les mots « Transdniestrie/Transdniestria » et 22 occurrences pour « Transdnistrie/Transdnistria ».

Sources[modifier | modifier le code]

  • (fr) Xavier Deleu, Transnistrie, la poudrière de l'Europe, Hugo, Paris, 2005 (ISBN 2755600551).
  • (fr) Frédéric Delorca, Transnistrie, voyage officiel au pays des derniers soviets, Éditions du Cygne, Paris 2009 (ISBN 9782849241301)
  • (fr) Victor-Yves Ghebali, L'OSCE dans l'Europe post-communiste, 1990-1996, Éditions Bruylant, 1996, 741 p. (ISBN 2802707469)
  • (fr) Marc Ferro, L'état de toutes les Russies, Éditions La Découverte, 1993, 446 p.
  • (fr) Florent Parmentier, La Moldavie à la croisée des chemins, Editoo.com, 2003, 178 p. (ISBN 2747700712)
  • (fr) Matei Cazacu, La Moldavie ex-soviétique : histoire et enjeux actuels, Acratie, 1993, 271 p. (ISBN 2909899012)
  • (fr) P.Loubière, Autoproclamation de la Transnistrie. Quelle révolution orange pour la Moldavie ?, Paris, décembre 2005 - janvier 2006
  • (fr) André Sellier, Atlas des peuples d'Europe centrale, Éditions La Découverte, 2002, 200 p. (ISBN 2707136395)
  • (fr) Jean Radvanyi, L'URSS : régions et nations, Masson, Paris, 1990, 294 p. (ISBN 2225820465)
  • (fr) Jean Radvanyi, Les États postsoviétiques : Identités en construction, transformations politiques, trajectoires économiques, Armand Colin, 2003, 235 p. (ISBN 2200264623)

Liens externes[modifier | modifier le code]