Style typographique international

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Helvetica est l'une des polices de style international

Le style typographique international (ou style international), également connu sous le nom de style suisse, est un courant du design graphique développé en Suisse dans les années 1950, notamment par Armin Hofmann et Emil Ruder.

Spécificités[modifier | modifier le code]

Il met l'accent sur le dépouillement, la lisibilité et l'objectivité. Les éléments distinctifs du style international sont une mise en page asymétrique, l'utilisation de grilles, de polices de caractères sans-serif comme Akzidenz Grotesk[1], et l'alignement à gauche du texte, dont le bord droit est laissé irrégulier. La photographie, souvent en noir et blanc, est préférée aux illustrations dessinées. Bon nombre des premières créations du style international utilisent la typographie, en plus de son utilisation pour le texte, comme élément principal et structurant du design.

Logos d'entreprises internationales[modifier | modifier le code]

Parmi les identités d'entreprises et logos emblématiques du style international, on peut citer American Airlines, créé en 1967 par Massimo Vignelli (qui sera en usage jusqu'en 2013)[2], le logo du constructeur automobile Fiat, développé par Jean Reiwald et Armin Vogt[3], ou celui de la compagnie aérienne Swissair, créé en 1978 par Karl Gerstner[4].

Action des typographes suisses à Paris[modifier | modifier le code]

Durant la période allant des années 1950 à 1980, un nombre important de typographes suisses, formés aux écoles de Bâle et de Zurich, vont pratiquer leur métier dans la capitale française. En apportant leur style à des revues (p.ex. Elle, sous la direction artistique de Peter Knapp)[5] ou à des d'édifices publics comme l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle (signalétique conçue par Adrian Frutiger), le Métro parisien (signalétique par Frutiger) ou le Centre Pompidou (identité visuelle par Jean Widmer), ils contribuent à l'essor international de ce langage visuel et typographique.

Des représentants de la typographie suisse vont également influer sur l'enseignement artistique, comme Peter Keller, qui enseigne à l'École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) dès 1969, et à l'Atelier national de recherche typographique (ANRT) dès sa création en 1985, avant d'être nommé directeur en 1990. D'autres graphistes suisses ayant enseigné dans les écoles de Paris sont Adrian Frutiger (à l'École Estienne de 1952 à 1962, puis à l'ENSAD de 1954 à 1968)[6],[7], Rudi Meyer (à l'ENSAD de 1967 à 2004) et Hans-Jürg Hunziker (à l'ANRT).

Selon José Mendoza, «la vague typographique suisse des années cinquante a tempéré l'insolence française, (...) apportant de la rigueur»[8]. Gérard Blanchard écrit: «Au milieu d'une anarchie typographique généralisée (...), ce que les Suisses allemands apportaient c'était une rationalisation de la typographie (....). Quand à l'enseignement, les Suisses avaient su systématiser les recherches faites au Bauhaus depuis les années 1920, mais refusées par la plupart des esthéticiens français d'alors.»[9]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hollis 2006, p. 44.
  2. (en) Keenan Mayo, « Q&A: Original American Airlines Designer Massimo Vignelli on the Redesigned Logo », Bloomberg,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Hans Conraths, The creation of the FIAT logo 1968 – a landmark in the perception of a visual industrial identity, 10 p. (lire en ligne)
  4. « The Karl Gerstner design archive », sur admin.ch (consulté le 21 janvier 2018)
  5. Miroslav Mares, « Une exposition célèbre l’âge d’or des typographes suisses », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Adrian Frutiger, Heidrun Osterer et Philipp Stamm, Typefaces. The Complete Works, Bâle, Birkhäuser, , 459 p. (ISBN 9783764385811, OCLC 860586274, lire en ligne)
  7. « Les Illustres », sur ecole-estienne.paris (consulté le 25 janvier 2018)
  8. Roger Chatelain, Rencontres typographiques, Lausanne, Eracom, , 242 p. (ISBN 2-9700406-0-3), p. 279
  9. Gérard Blanchard, « Albert Hollenstein, typographe visualiste », Communication et langages, vol. 24, no 1,‎ , p. 62–81 (DOI 10.3406/colan.1974.4156, lire en ligne)