Fonderie Haas

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Bâtiments de Haas à Münchenstein.

La fonderie Haas, en allemand Haas'sche Schriftgießerei, est une fonderie typographique suisse, créée en 1740. Lors de sa fermeture en 1989, elle aura été active pendant 409 ans, et considérée comme la plus ancienne fonderie au monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dynastie des imprimeurs Genath[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XVIe siècle, Jean Exertier et Jacques Foillet fondent une imprimerie à Bâle (Suisse)[1].

Johann-Jakob Genath (1582-1654), originaire de Delémont, succède à Exertier, et installe également une fonderie de caractères. Son fils, Johann-Rudolf I (1638-1708), s’occupera également des deux branches[2]. Il a notamment imprimé l’Éloge de la Folie, d’Érasme.

À sa mort, son fils aîné Johann-Jakob II reprend l’imprimerie, et le plus jeune, Johann-Rudolf II (1679-1740), la fonderie. Le catalogue des caractères comprend 21 familles de caractères romains et italiques, ainsi que des alphabets grecs[1].

Dynastie des graveurs Haas[modifier | modifier le code]

À la mort de ce dernier, survenue en septembre 1740, c'est Johann-Wilhelm Haas (1698-1764) de Nuremberg qui reprend et donne son nom à la fonderie, où il était entré en 1718. Son fils, Wilhelm Haas, lui succède et développe une presse typographique perfectionnée en métal[3].

En 1770, la fonderie compte à son catalogue plus de 110 caractères, comprenant même des alphabets arabes[1]. Elle compte parmi ses clients des imprimeurs de Suisse, de France, d'Allemagne, d'Italie et de Russie.

L'entreprise se maintient durant tout le XIXe siècle, non sans quelques difficultés et restant aux mains des Haas : son fils Wilhelm II (1766-1832[4]), puis Georg-Wilhelm Haas (1792-1853) et Karl-Eduard Haas (1801-1853).

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1903, Max Krayer en prend la direction, et son neveu, Eduard Hoffmann (1892-1980), embauché en 1917, est nommé co-directeur en 1937. Suite au décès de Max Krayer en 1944, Hoffmann assume la direction de l'entreprise jusqu'à sa retraite en 1965[5]. En 1921, l'entreprise s'installe à Münchenstein. Les bâtiments sont dessinés par l'architecte Karl Gottlieb Koller.

En 1927, une société par actions est créée, qui va s'associer avec les fonderies Berthold de Berlin, puis Stempel de Francfort-sur-le-Main. Plus tard, Deberny et Peignot (1972) et la fonderie Olive (1978) sont reprises par Haas, puis, en 1990, la fonderie Nebiolo de Turin. En 1989, la société Linotype prend le contrôle de Haas, qui continue ses activités sous le nom de Walter Fruttiger AG.

Caractères[modifier | modifier le code]

De 1927 à 1938, Edmund Thiele (1872-1953) dessine une gamme de Bodoni. Il est le créateur de nombreuses autres fontes, dont Commercial Grotesk, Ideal Antiqua, Superba, Haas Caslon et Nürnberger Schwabacher[5].

En 1943, la fonderie lance une fonte sans-sérif, Normal Grotesk, qui connait un succès relatif[1].

La famille Clarendon éditée en 1953, dessinée par Hermann Eidenbenz d'après un spécimen du 19e siècle, rencontre un grand succès[5].

Helvetica, Max Miedinger.

La plus importante création de Haas demeure le célèbre Helvetica, d'abord nommé Neue Haas Grotesk. Ce caractère est dessiné par Max Miedinger à partir de 1956, à la demande d'Eduard Hoffmann, pour créer une version moderne de l'Akzidenz-Grotesk d'Hermann Berthold, qui est devenue la fonte par défaut de la nouvelle typographie suisse. En 1957, elle est présentée officiellement, sous le nom Neue Haas Grotesk, à l'occasion de Graphic 57, grande exposition de l'industrie graphique qui a lieu au Palais de Beaulieu à Lausanne[6]. Elle sera commercialisée dès 1960 sous le nom Helvetica.

Au début des années 1970, la fonderie Haas commande à André Gürtler, professeur à l'école de graphisme de Bâle, la création d'une didone, Basilia. En 1977, Haas mandate le trio Christian Mengelt, André Gürtler et Erich Gschwind (travaillant sous le nom Team'77) de concevoir une nouvelle linéale similaire à Helvetica, destinée à l'ère de la photocomposition. Elle sera commercialisée sous le nom Haas Unica (une référence à Univers et Helvetica)[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Malsy, Victor., Müller, Lars, 1955-, Langer, Axel. et Kupferschmid, Indra., Helvetica forever : story of a typeface, Lars Müller, (ISBN 3037781211 et 9783037781210, OCLC 171112004, lire en ligne)
  2. (en) Jean-Pierre Perret, Les Imprimeries d’Yverdon au XVIIe et XVIIIe siècles, Lausanne, Slatkine, (ISBN 9782051003599, présentation en ligne), p. 61.
  3. Stefan Hess, « Haas, Wilhelm » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du . (consulté le=23 mars 2013).
  4. André Salvisberg, « Haas, Wilhelm » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du . (consulté le=23 mars 2013).
  5. a, b, c et d (en) Brigitte Schuster, « The Haas Typefoundry Ltd. in an International Environment », Footnotes,‎ , p. 38-47 (ISSN 2504-0413)
  6. Chatelain, Roger., La typographie suisse du Bauhaus à Paris, Presses polytechniques et universitaires romandes, (ISBN 9782880747718, OCLC 468204731, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]