Siward de Northumbrie

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Siward
Titre
Comte de Northumbrie
Monarque Hardeknut
Édouard le Confesseur
Prédécesseur Eadulf
Successeur Tostig Godwinson
Comte d'York
x 1033 –
Monarque Knut le Grand
Harold Pied-de-Lièvre
Hardeknut
Prédécesseur Éric Håkonsson
Successeur lui-même
Biographie
Date de décès
Sépulture Église Saint-Olave (en) (York)
Père Bjorn ?
Conjoint Ælfflæd
Godgifu
Enfants Osbeorn Bulax (en)
Waltheof
Religion christianisme

Siward ou Sigurd est un baron anglais mort en 1055.

Probablement d'origine scandinave, Siward commence sa carrière en Angleterre sous le règne de Knut le Grand. Il gouverne le sud de la Northumbrie au nom de Knut à partir de 1033 au plus tard. Pour renforcer sa position, il épouse Ælfflæd, la fille du comte de Bamburgh Ealdred. À la mort de son successeur Eadulf, en 1041, Siward devient comte de toute la Northumbrie. Il conduit une invasion de l'Écosse en 1054 et remporte une grande victoire sur le roi Macbeth en 1054, durant laquelle son fils aîné Osbeorn (en) est tué. Siward meurt l'année suivante. Son autre fils, Waltheof, devient à son tour comte de Northumbrie après la conquête normande de l'Angleterre.

Siward est inhumé à l'église Saint-Olave (en) d'York. Plus de cinq siècles après sa mort, sa campagne écossaise lui vaut d'apparaître comme personnage secondaire dans la pièce Macbeth de William Shakespeare.

Sources[modifier | modifier le code]

Les sources concernant la vie de Siward sont maigres. Il n'existe pas de biographie contemporaine du comte, et les textes narratifs de cette époque, comme l'Encomium Emmae ou la Vita Ædwardi regis, le mentionnent à peine. Les historiens doivent se contenter de quelques entrées dans la Chronique anglo-saxonne et les annales irlandaises. Les chroniqueurs de l'époque anglo-normande, comme Jean de Worcester (entre 1124 et 1140), Guillaume de Malmesbury (entre 1125 environ et 1142), Henri de Huntingdon (entre 1133 environ et 1154) et Orderic Vital (entre 1114 environ et 1141), sont plus ou moins fiables en fonction de leurs propres sources, tout comme les textes attribués à Siméon de Durham (Historia Regum, Libellus de exordio, De primo Saxonum adventu et De obsessione Dunelmi), compilés entre la fin du XIe siècle et la première moitié du XIIe siècle. Les hagiographies et les chroniques plus tardives, comme celles des Écossais Jean de Fordun et Andrew Wyntoun (XIVe et XVe siècle), ne sont intéressantes que dans la mesure où elles gardent la trace de sources antérieures perdues depuis. L'une de ces sources pourrait être une saga consacrée à la vie du comte. Plusieurs anecdotes rapportées dans la Vita et Passio Waldevi, une hagiographie de son fils Waltheof, et par Henri de Huntingdon présentent le ton caractéristique de ce type de récit.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'empire de Knut le Grand s'étend sur l'Angleterre, le Danemark et la Norvège.

La carrière de Siward débute sous le règne de Knut le Grand (1016-1035), se poursuit sous ceux de ses fils Harold Pied-de-Lièvre (1035-1040) et Hardeknut (1040-1042) pour s'achever sous celui d'Édouard le Confesseur (1042-1066). Le plus important des quatre est celui de Knut, qui voit l'ascension d'un grand nombre de nouveaux venus sur la scène politique, dans des proportions que certains historiens n'hésitent pas à comparer aux années qui suivent la conquête normande. Ces « parvenus » sont issus de l'armée et la plupart n'ont pas de liens avec la dynastie saxonne supplantée par Knut. L'empire de ce dernier comprend également le Danemark et la Norvège, ce qui l'amène à déléguer une partie importante de son pouvoir à ces hommes forts. En Angleterre, ces hommes portent le titre d'ealdorman ou earl (« comte ») et administrent un ou plusieurs comtés au nom du roi. Avec le comte de Wessex Godwin et le comte de Mercie Leofwine, Siward est l'un des principaux comtes au service de Knut.

Le nord de l'Angleterre se distingue alors du reste du pays. L'ancien royaume de Northumbrie, qui s'étendait du Humber et du Mersey jusqu'au Firth of Forth, où il voisinait le royaume de Strathclyde à l'ouest et le royaume d'Alba au nord, n'est uni au royaume de Wessex que depuis les années 950. Sa partie occidentale, du Lancashire au Cumbria, présente également une importante population de Gall Gàidheal. Les rois saxons exercent leur autorité sur la Northumbrie par l'entremise de deux ealdormen : l'un gouverne la région au nord de la Tees à partir de la forteresse de Bamburgh, tandis que l'autre gouverne au sud de la Tees depuis l'ancienne cité romaine d'York. La fragmentation politique ne s'arrête pas là, puisque des magnats locaux, portant le titre de thegn, hold ou high-reeve, bénéficient d'une autonomie importante vis-à-vis des deux ealdormen. On peut citer par exemple Thurbrand, un hold du Yorkshire dont la famille s'oppose fréquemment aux souverains de Bamburgh.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Les historiens considèrent généralement que Siward est d'origine scandinave. La Vita Ædwardi Regis indique en effet qu'il est appelé « Digri en langue danoise ». La Vita Waldevi, l'hagiographie de son fils Siward, prétend qu'il est le fils d'un comte scandinave nommé Bjorn et fait remonter son ascendance jusqu'à l'union d'une femme et d'un ours blanc. Un tel pedigree se retrouve dans d'autres récits du folklore germanique. La Vita Waldevi raconte encore le voyage de Siward de Scandinavie en Angleterre, durant lequel il tue un dragon dans les Orcades et rencontre Odin, déguisé en vieil homme, qui lui remet une bannière à l'emblème du corbeau et lui conseille d'aller à Londres pour se mettre au service du roi d'Angleterre.

Sous Knut et ses fils[modifier | modifier le code]

La date exacte à laquelle Siward arrive en Angleterre est inconnue. Des chartes de 1019, 1024, 1032, 1033 et 1035 mentionnent un Si[ge]ward minister, « Siward le thegn », sans qu'il soit possible d'affirmer avec certitude qu'il s'agit du futur comte de Northumbrie. Ce n'est que dans une charte de 1033 qu'il peut être identifié de manière indubitable, car il apparaît en tant que Siward dux sur une donation de Knut à l'archevêque d'York Ælfric Puttoc. 1033 constitue donc un terminus ante quem pour le début du règne de Siward en Northumbrie, mais il est possible qu'il soit arrivé au pouvoir bien plus tôt, car la dernière mention de son prédécesseur Éric Håkonsson date de 1023. Bien que Guillaume de Malmesbury affirme qu'Éric est chassé de son comté et contraint de rentrer en Norvège, les sources scandinaves sont unanimes pour dire qu'il est mort en Angleterre. L'histoire William Kappelle considère qu'Éric cesse d'être comte en 1023 ou peu après, à la suite de quoi Carl, fils de Thurbrand, est nommé hold ou high-reeve du Yorkshire par le roi. Carl aurait conservé ce titre même après l'avènement de Siward, mais ce dernier aurait remplacé le roi comme son supérieur direct. Timothy Bolton rejette cette idée et envisage que le titre de comte soit resté vacant après la mort d'Éric vers 1023. Il souligne que Knut semble n'avoir guère prêté attention à la Northumbrie avant les dernières années de son règne, et qu'un autre individu, Ealdred fils d'Uchtred, accède au pouvoir dans ce contexte de vacance.

À la mort de Knut, en 1035, plusieurs prétendants au trône s'opposent, parmi lesquels ses deux fils Harold et Hardeknut. Ce dernier, qui se trouve alors en Scandinavie, ne peut empêcher son demi-frère Harold de ceintre la couronne. Harold meurt en 1040, alors même que Hardeknut se préparait à envahir l'Angleterre pour revendiquer le pouvoir. Il ne règne sur l'Angleterre que deux ans avant de mourir à son tour en 1042. Édouard, un descendant de l'ancienne dynastie saxonne, monte alors sur le trône sans effusion de sang. Durant cette période troublée, Siward semble avoir adopté une position de « neutralité bienveillante ou prudente » d'après Frank Barlow. Il figure comme témoin sur plusieurs chartes de Hardeknut : en 1038 à l'abbaye de Bury St Edmunds, à l'abbaye de Fécamp entre 1040 et 1042, à l'abbaye d'Abingdon et à l'évêque Ælfwine de Winchester en 1042.

La Chronique anglo-saxonne rapporte qu'en 1041, le comte de Bamburgh Eadulf est « trahi » par le roi Hardeknut[1]. Le Libellus de Exordio et d'autres sources indiquent qu'Eadulf est attaqué et tué par Siward, ce qui suggère qu'il agit au nom du roi. Ce faisant, il devient comte de toute la Northumbrie. C'est la première fois depuis des décennies que toute la région est réunie sous le même comte. Il est possible que Siward ait pu se prévaloir de son mariage avec Ælfflæd, la fille d'Ealdred, pour recueillir la succession du comte de Bamburgh, mais on ignore s'il s'est marié avec elle avant ou après la mort de son frère[2]. Aucun souverain de Bamburgh n'est apparu à la cour anglaise après Uchtred, ce qui pourrait impliquer qu'ils étaient révoltés contre la couronne. Dans cette hypothèse, Hardeknut aurait pu encourager Siward à le débarrasser d'un vassal rebelle ou déloyal, qui était du reste son principal rival dans la région[3].

En 1041 également, la ville et l'abbaye de Worcester sont la cible d'une expédition punitive après l'attaque de deux percepteurs du roi. La Chronique de Jean de Worcester signale la participation de Siward à ce raid de représailles[4]. Hardeknut meurt le 8 juin de l'année suivante. Édouard le Confesseur lui succède sans heurt, ayant été invité en Angleterre par Hardeknut lui-même en 1041, vraisemblablement en vue d'en faire son héritier. Il est sacré le 3 avril 1043.

Sous Édouard le Confesseur[modifier | modifier le code]

Les affaires d'Angleterre[modifier | modifier le code]

Siward semble avoir entretenu de bonnes relations avec Édouard, au point d'avoir été l'un de ses principaux soutiens. Le 16 novembre 1043, il accompagne le roi avec les comtes Godwine de Wessex et Leofwine de Mercie contre la reine-mère Emma de Normandie afin de la dépouiller de ses nombreuses richesses. Édouard accuse sa mère de trahison et dépose son proche conseiller, l'évêque d'Elmham Stigand[5]. En 1051, Siward lève des troupes pour défendre le roi contre la révolte du comte Godwine et de ses fils, qui sont finalement contraints à l'exil. Le soutien de Siward et Leofric est crucial pour Édouard, mais ils semblent avoir été réticents à affronter leur pair sur le champ de bataille, ce qui expliquerait pourquoi le roi est contraint de rappeler Godwine d'exil pour le rétablir dans ses titres dès 1052[6],[7]. Siward apparaît comme témoin sur de nombreuses chartes du règne d'Édouard. Il figure généralement en troisième position dans la liste des comtes, après Godwine et Leofric, mais avant les fils de Godwine et les autres comtes.

D'après Guillaume de Poitiers, Siward fait partie de ceux ayant prêté serment de reconnaître Guillaume le Conquérant comme l'héritier du roi Édouard[8]. Ce serment est également prêté par les comtes Godwin et Leofric, ainsi que par Stigand, devenu évêque de Winchester en 1047 après avoir reçu le pardon du roi[9]. Dans la mesure où Guillaume de Poitiers est un chroniqueur favorable au Conquérant, la véracité de cet événement n'est pas assurée. Si ces serments ont bien été prêtés, c'est vraisemblablement en 1051 ou peu avant, au moment où l'archevêque Robert de Jumièges se rend à Rome pour y recevoir son pallium[8].

Quelques indices suggèrent que Siward acquiert le contrôle du Northamptonshire dans les années 1040, puis du Huntingdonshire dans les années 1050, étendant ainsi son autorité vers le sud. En effet, des ordonnances royales lui sont adressées en sa qualité de comte de ces deux comtés. C'est à cette région que ces descendants restent le plus étroitement associés, davantage qu'à la Northumbrie. Il est également possible qu'il ait ramené le Cumberland dans le giron northumbrien, dans l'hypothèse où cette région serait passée sous le contrôle du royaume de Strathclyde, mais cette idée repose sur une formulation ambigüe dans un document émis par un certain Gospatrick (soit le comte Gospatrick, soit le fils du comte Uchtred le Hardi) et n'est pas unanimement acceptée par les historiens.

Les relations de Siward avec l'Église northumbrienne sont le mieux connues dans la région de Durham. Par son mariage avec Ælfflæd, le comte acquiert des domaines dans le Teesside (en) qui sont également revendiqués par l'évêché de Durham. La situation est à son avantage, car l'évêque Æthelric a été chassé par son propre clergé en 1045 ou 1046. D'après le Libellus de Exordio, c'est en versant un pot-de-vin à Siward qu'Æthelric peut récupérer son siège, sans que le clergé de Durham, « terrifié et écrasé par la puissance effroyable du comte », n'ose s'opposer à lui. Malgré cela, Siward ne souffre pas d'une mauvaise réputation dans les textes produits ultérieurement par les moines de Durham, ce qui suggère que ses relations avec la communauté religieuse sont dans l'ensemble bonnes[10].

L'invasion de l'Écosse[modifier | modifier le code]

En 1054, Siward mène une expédition contre le roi écossais Macbeth. Les causes de cette campagne ne sont pas claires. D'après le Libellus de Exordio, le roi écossais Duncan Ier envahit la Northumbrie et assiège Durham en 1039 ou 1040. Dans l'année qui suit, Duncan est déposé et tué par Macbeth, qui s'empare du pouvoir, au même moment où le comte Eadulf de Bamburgh est tué par Siward. Aucun lien explicite n'est fait entre ces événements, mais il en existe vraisemblablement un[11],[12]. Les Annales de Lindisfarne et Durham (début du XIIe siècle) indiquent qu'en 1046, Siward envahit l'Écosse et détrône Macbeth, mais ce dernier reprend le pouvoir une fois Siward rentré en Angleterre. L'historien William Kapelle considère que cette annale relate un événement authentique et la relie à l'entrée des Annales de Tigernach pour 1045, qui mentionne une bataille entre Scots à la suite de laquelle Crínán de Dunkeld, le père de Duncan, trouve la mort. Pour Kapelle, Siward aurait essayé de remplacer Macbeth par Maldred, un autre fils de Crínán[13]. En revanche, l'historien Alex Woolf considère que la campagne relatée dans les Annales de Lindisfarne et Durham est celle de 1054, datée à tort de 1046[14].

Durant l'invasion de 1054, une bataille prend place à un endroit indéterminé au nord du Firth of Forth. Elle est traditionnellement située à Dunsinane, mais la plus ancienne source pour ce fait est Andrew Wyntoun, au XVe siècle[15],[16]. La Chronique anglo-saxonne indique qu'elle se déroule le 27 juillet :

« Ici le comte Siward se rendit avec une grande armée en Écosse, avec une flotte et une troupe ; et il combattit les Écossais, et mit en déroute le roi Macbeth, et tua les meilleurs hommes du pays, et ramena un grand butin, comme nul n'en avait jamais ramené ; et là furent tués son fils Osbeorn, et le fils de sa sœur Siward, et certains de ses housecarls et aussi certains du roi, le jour des Sept Dormants[17]. »

Jean de Worcester, qui s'appuie sur une version de la Chronique anglo-saxonne, précise les noms de deux autres victimes de la bataille, les Normands Osbern Pentecost (en) et Hugues, qui avaient rejoint Macbeth après avoir fui l'Angleterre. L'affrontement apparaît également dans les annales irlandaises, brièvement dans les Annales de Tigernach et de manière plus détaillée dans les Annales d'Ulster.

D'après Jean de Worcester, après sa victoire, Siward place un certain « Máel Coluim, fils du roi des Cumbriens », sur le trône écossais. L'identité exacte de ce Máel Coluim (Malcolm) et les raisons pour lesquelles Siward lui a apporté son aide reste incertaines. L'historiographie traditionnelle considère qu'il s'agit de Malcolm III et que Siward cherchait à évincer Macbeth à son profit. Cette interprétation repose sur la chronique de Jean de Fordun et d'autres sources plus anciennes, comme Guillaume de Malmesbury, mais ce dernier n'est pas un modèle de fiabilité : il affirme que Macbeth a été tué au combat par Siward, alors que le comte est mort deux ans avant lui. En 2002, l'historien écossais Archie Duncan estime que les chroniqueurs ultérieurs se sont basés sur la Chronique anglo-saxonne pour identifier à tort le « fils du roi des Cumbriens » au roi écossais du même nom[18]. Máel Coluim pourrait être plutôt un fils d'Owain Foel, roi breton du Strathclyde[19], peut-être par une fille de Malcolm II[20].

La campagne de 1054 n'aurait donc pas entraîné de changement à la tête du royaume d'Écosse[21]. Sa principale conséquence a peut-être été d'imposer la suzeraineté northumbrienne à des terres bretonnes qui se trouvaient jusqu'alors sous domination écossaise. Máel Coluim aurait été un prince cumbrien contraint de se placer sous protection anglaise[22]. Plusieurs indices suggèrent que le Strathclyde est sous contrôle anglais à cette époque, notamment les traces de maçonnerie northumbrienne du XIe siècle retrouvés à la cathédrale de Glasgow et les textes du XIIe siècle qui affirme que les évêques de Glasgow Magsuen et Johannes Scotus (en) ont été sacrés par l'archevêque d'York Cynesige entre 1051 et 1060[23].

Mort et postérité[modifier | modifier le code]

La Mort du comte Siward, par le peintre préraphaélite britannique James Smetham (en) (1861).

Le chroniqueur Henri de Huntingdon raconte que Siward, frappé de dysenterie, craint de mourir « comme une vache ». Préférant mourir comme un soldat, il endosse son armure et se munit d'une hache et d'un bouclier. C'est ainsi apprêté qu'il serait mort. Cette anecdote provient vraisemblablement de la saga perdue du comte Siward, et son historicité est douteuse[24]. La Vita Ædwardi regis et la Chronique anglo-saxonne précisent qu'il est mort à York et inhumé au « monastère de saint Olaf » qu'il a fondé à Galmanho (en). Il s'agit du seul cas de sépulture dans une église d'un individu autre qu'un roi attesté avant la conquête normande[25]. Une colline au sud-est d'York porte le nom de Siward's Howe (en), vraisemblablement parce que le comte y tenait sa cour[26].

Des deux fils de Siward et Ælfflæd, seul Waltheof lui survit. Il devient ultérieurement comte dans les Midlands, puis en Northumbrie. Pour s'être révolté contre Guillaume le Conquérant, il est exécuté en 1076. Par la suite, il est vénéré comme saint à l'abbaye de Crowland. Par le mariage de Maud, la fille de Waltheof, avec le roi écossais David Ier, Siward est l'ancêtre des monarques écossais puis britanniques ultérieurs.

Une source indirecte permet d'affirmer que Siward a également été marié à une certaine Godgifu, morte avant lui. Dans une charte, Siward conclut un accord avec l'abbaye de Peterborough afin que les domaines de Belmesthorpe et Ryhall, promis à l'abbaye par Godgifu à sa mort, puissent rester en la possession du comte jusqu'à sa mort à lui[4]. Puisqu'aucune source ne précise le nom de la mère d'Osbeorn, il est possible que Waltheof et lui ne soient que demi-frères. L'historien William Kapelle propose que Siward ait envisagé de partager son comté entre ses fils à sa mort : le sud à Osbeorn et le nord (lié à la famille de sa mère Ælfflæd) à Waltheof[27].

Bien que Siward soit mort plus de dix ans avant Édouard le Confesseur, il figure parmi les propriétaires terriens anglais en 1066 dans le Domesday Book. Il lui attribue quatre manoirs, trois dans le Yorkshire et un dans le Derbyshire, qui deviennent la propriété du comte de Chester Hugues d'Avranches après la conquête normande. Leur valeur est estimée à 212 £, contre 136 £ pour les propriétés de son fils Waltheof, éparpillées dans neuf comtés différents[28]. Cette estimation est vraisemblablement incomplète si on compare les 348 £ que valent les domaines de Siward et Waltheof aux 2493 £ que valent les domaines de la famille des comtes de Mercie[29]. Il est possible qu'une partie des terres de Siward soient passées aux mains de ses successeurs en Northumbrie, Tostig et Morcar. En outre, le recensement du Domesday Book laisse de côté plusieurs comtés du Nord (Durham, Northumberland, Cumberland et Westmorland), tandis que le Yorkshire, qui n'est documenté que partiellement, a également beaucoup souffert de la Dévastation du Nord, avec des conséquences significatives sur la valeur des domaines de la région[30],[31].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Swanton 1996.
  2. Morris 1992, p. 14.
  3. Kapelle 1979, p. 24.
  4. a et b Aird 2004.
  5. Barlow 1970, p. 76-77.
  6. Barlow 1970, p. 107-119.
  7. Mason 2004, p. 63.
  8. a et b Barlow 1970, p. 107.
  9. Barlow 1970, p. 78.
  10. Aird 1998, p. 53-54.
  11. Aird 1998, p. 53.
  12. Woolf 2007, p. 254-255.
  13. Kapelle 1979, p. 46.
  14. Woolf 2007, p. 259.
  15. Aitchison 1999, p. 90, 172-173.
  16. Duncan 2002, p. 35-36.
  17. Swanton 1996, p. 185.
  18. Duncan 2002, p. 37-41.
  19. Duncan 2002, p. 41.
  20. Woolf 2007, p. 262.
  21. Duncan 2002, p. 40.
  22. Woolf 2007, p. 262-263.
  23. Woolf 2007, p. 263.
  24. Mason 2004, p. 88-89.
  25. Daniell 1970, p. 186.
  26. Baxter 2007, p. 103.
  27. Kapelle 1979, p. 31.
  28. Clarke 1994, p. 220-224.
  29. Clarke 1994, p. 206-220.
  30. Green 2002, p. 100-110.
  31. Kapelle 1979, p. 158-190.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) William M. Aird, St Cuthbert and the Normans: The Church of Durham, 1071–1153, Woodbridge, The Boydell Press, (ISBN 0-85115-615-0).
  • (en) William M. Aird, « Siward, earl of Northumbria (d. 1055) », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, (lire en ligne) (inscription nécessaire).
  • (en) Nick Aitchison, Macbeth: Man and Myth, Stroud, Sutton Publishing, (ISBN 0-7509-1891-8).
  • (en) Frank Barlow, Edward the Confessor, Londres, Eyre & Spottiswoode, (ISBN 0-413-27830-1).
  • (en) Stephen Baxter, The Earls of Mercia, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-923098-3).
  • (en) Peter A. Clarke, The English Nobility under Edward the Confessor, Oxford, Clarendon Press, (ISBN 0-19-820442-6).
  • (en) Christopher Daniell, Death and Burial in Medieval England, 1066–1550, Londres, Routledge, (ISBN 0-415-11629-5).
  • (en) A. A. M. Duncan, The Kingship of the Scots 842–1292: Succession and Independence, Édimbourg, Edinburgh University Press, (ISBN 0-7486-1626-8).
  • (en) Judith Green, The Aristocracy of Norman England, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-52465-2).
  • (en) William E. Kapelle, The Norman Conquest of the North: The Region and Its Transformation, 1000–1135, Londres, Croom Helm Ltd, (ISBN 0-7099-0040-6).
  • (en) Emma Mason, The House of Godwine: The History of a Dynasty, Londres, Hambledon and London, (ISBN 1-85285-389-1).
  • (en) Christopher J. Morris, Marriage and Murder in Eleventh-Century Northumbria: A Study of 'De Obsessiones Dunelmi', York, University of York, (ISSN 0524-0913).
  • (en) Michael Swanton (trad.), The Anglo-Saxon Chronicle, Routledge, (ISBN 0-415-92129-5).
  • (en) Alex Woolf, From Pictland to Alba, 789–1070, Édimbourg, Edinburgh University Press, (ISBN 978-0-7486-1234-5).

Lien externe[modifier | modifier le code]