Sinagot (bateau)

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Sinagot Les Trois Frères durant la semaine du Golfe 2007

Un sinagot ou sinago, est un type de petit voilier à deux mâts, caractéristique du petit port de Séné près de Vannes, gréé en goélette à voile au tiers (gréement de chaloupe sardinière), utilisé traditionnellement pour la pêche et le cabotage dans le golfe du Morbihan jusqu'au début du XXe siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

Les sinagots ou sinago[1] sont des types de voilier anciens à deux mâts, utilisés traditionnellement pour la pêche et le cabotage[2] dans le golfe du Morbihan jusqu'au début du XXe siècle. Leur nom provient des habitants de Séné près de Vannes : les sinagots qui a donné le nom au navire et aux marins qui le composent.

Ils sont équipés de moteur à partir de 1947[2].

Deux sinagots d'origine subsistent :

Description[modifier | modifier le code]

Gréement[modifier | modifier le code]

Le gréement de chaloupe sardinière[1] est constitué de deux voiles au tiers[2] : une misaine à l'avant, un taille-vent à l'arrière sur le grand mât et parfois un foc amuré sur un petit bout-dehors[1],[2]. Contrairement à la plupart des chaloupes, le sinagot, qui ne s'aventure normalement pas en pleine mer, porte des mâts à pible[note 1] et non haubanés.

Traditionnellement, les voiles sont de couleur rouge ocre. Cette couleur est due au mélange de suif et d'écorces de pin broyées utilisé pour les tanner. On dit aussi rouge cachou, les fruits (cosses) de certains acacias d'Inde pouvaient être utilisés. Les couleurs des voiles de voiliers traditionnels variaient d'une région à l'autre et même d'un port à l'autre.

Coque et structure[modifier | modifier le code]

La coque semble n'avoir toujours eu qu'un enduit goudronné noir (coaltar). Ainsi tous les sinagots ont une coque noire, ils se distinguent par la couleur de leur pavois. Ce type de navire est non pontée (juste un petit pont d'étrave)[1], a une poupe inclinée en arrière et pointue[1],[2], n' a pas de quille et a un faible tirant-d'eau[2]. La longueur varie de 10 à 12 m, pour 5 à 6 tonnes et un équipage de 2 matelots[1], qui, fait rare pour l'époque, se composait aussi de femmes[2].

Forban du Bono et sinagot de Séné[modifier | modifier le code]

Un autre type de gréement identique est celui des « forbans » du Bono, près d'Auray, à ne pas confondre avec les sinagots, qui diffère par un détail de la coque : En effet, sur un sinagot, le maître-bau (la largeur maximale de la coque) est situé au niveau du tiers avant, alors que sur un forban, le maître-bau se situe au tiers arrière. Un modèle unique de forban, a d'ailleurs été reconstruit en 1991, le Notre-Dame de Béqurel appartenant à l'association Le Forban du Bono.

Historiquement, il y a toujours eu une « rivalité » entre les pêcheurs du Bono et ceux de Séné, chacun estimant avoir le meilleur type de bateau, les amenant parfois à détruire les filets posés en mer.

Exemples de navires[modifier | modifier le code]

Deux navires d'origine :

Plusieurs sinagots ont été construits récemment :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. "Mât d'un seul jet, ce qui ne veut pas dire d'un seul morceau. Les mâts bermudiens sont toujours des mâts à pible, mais ils peuvent être pleins, creux ou composés de plusieurs parties collées ensemble" (Barber, 1969)

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Merrien, Dictionnaire de la mer : Savoir-faire, traditions, vocabulaire, techniques, Omnibus, réédition 2001 (réimpr. 2014), 861 p. (ISBN 9782258113275)

Liens externes[modifier | modifier le code]