Sanctions contre les scientifiques iraniens

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Les sanctions contre les scientifiques iraniens comprennent toutes les actions qui limitent de manière directe ou indirecte les activités de la communauté scientifique iranienne suite aux différents politiques entre l'Iran et plusieurs pays auxquelles se rajoutent les soupçons concernant la réalisation d'armes de destruction massive en Iran.

Les États-Unis, plusieurs autres pays occidentaux, ainsi que leurs scientifiques et leurs entreprises ont limité le développement des sciences et de la technologie en Iran depuis le début du XXIe siècle.

Cette page parle principalement des limitations imposées aux ressortissants iraniens. Ces actions ont suscité de vives inquiétudes sur leur éthique et sur les droits de l'homme.

Limitations imposées par le gouvernement américain[modifier | modifier le code]

En février 2004, le Département du Trésor des États-Unis décide que l'édition ou la publication de documents scientifiques provenant d'Iran viole les termes de l'embargo sur ce pays. Les éditeurs et associations scientifiques américains sont alors divisés sur le chemin à prendre. L'IEEE, l'American Nuclear Society, l'American chemical society et l'American Society for Microbiology ont décidé de suivre cette politique.

Lors d'une réunion à Washington le 9 février de la même année, le membre du Département du Trésor chargé d'implémenter la politique, David Mills, a dit aux représentants de trente éditeurs que quiconque souhaitant publier des documents iraniens devait demander un permis pour le faire auprès du département du Trésor. Il a aussi suggéré que les scientifiques américains collaborant avec des Iraniens puissent être poursuivis en justice[1].

Sanctions de l'Université de l'État de Floride[modifier | modifier le code]

En juin 2006, l'administration de l'université passe une nouvelle loi pour limiter le travail des scientifiques iraniens avec leur établissement. Elle arrête toute la recherche de Floride en Iran en rendant illégal le déplacement de scientifiques faisant partie d'instituts financés par l'état dans ce pays. Aucun scientifique de Floride ne peut collaborer avec des collègues iraniens, ni avoir aucun contact avec ce pays[2].

L'IEEE et ses sanctions[modifier | modifier le code]

L'IEEE publie environ 30 % de tous les documents scientifiques concernant l'informatique, l'électronique, et le génie électrique. Cet institut a 380 000 membres dans 150 pays. En janvier 2002, il retire certains avantages à ses 1 700 membres iraniens, comme l'utilisation du logo de l'institution pour promouvoir leurs activités, l'accès à ses publications en ligne, et l'accès aux demandes d'emploi[3].

Selon Fredun Hodjabri, le président de l'Association de l'Université technologique Sharif, une ONG qui représente les étudiants, l'administration et les anciens élèves de l'université iranienne, le dossier débute lorsque des agents de l'IEEE déterminent qu'ils iraient à l'encontre de sanction de l'OFAC s'ils laissaient une conférence en Iran avoir lieu. Dans une lettre adressée aux membres de l'IEEE de l'Université de Téhéran datée du 14 janvier 2002, le président de l'IEEE, Joel Snyder, écrit que « l'IEEE ne peut plus offrir tous les avantages d'adhésion ni soutenir des activités » en Iran. L'IEEE bloque les comptes de messagerie électronique mis à disposition des membres iraniens par l'institution peu de temps après, d'après Hodjabri[3].

Des lettres de protestation envoyées pendant des mois de la part de la communauté d'ingénieurs iraniens n'ont pas fait changer l'IEEE de position. L'institut a refusé de répondre aux questions de la part de Science[3].

Entrée en territoire américain refusée aux membres de l'Université Sharif[modifier | modifier le code]

Plus de 80 membres de l'Université technologique Sharif, qui s'étaient vus remettre des visas pour assister spécifiquement à la IVe réunion et conférence internationale de l'association de l'université, dont il était prévu qu'elle ait lieu à Santa Clara, se sont vu refuser l'entrée aux États-Unis. Ils furent traités de manière très sévère, incarcérés et enchaînés, ainsi que les membres de leurs familles[4].

Le 14 août 2006, le président de l'association, Zahed Sheikholeslami, écrivit à la Secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, se plaignant des mauvais traitements subis par des professionnels iraniens lors de leur récente tentative d'aller aux États-Unis de manière légale[5].

Incident relatif au Projet SESAME[modifier | modifier le code]

Le gouvernement égyptien a refusé des visas à 35 scientifiques iraniens invités à Alexandrie pour une réunion des membres du projet Synchrotron-light for Experimental Science and Applications in the Middle East (SESAME). Les scientifiques iraniens disent ne pas avoir reçu de réponse de la part de l'ambassade égyptienne à Téhéran après avoir soumis leurs demandes de visa au moins 6 semaines à l'avance. Des contingents iraniens ont déjà assisté à quatre autres réunions dans la région[6].

Critiques[modifier | modifier le code]

Une porte-parole de l'American Geophysical Union, qui a une douzaine de membres en Iran, déclara que l'AGU ne considère pas que la publication soit une question de commerce et donc « accepte du travail venant de n'importe où ». L'American Society of Mechanical Engineers reprend ce point de vue, ainsi que l'American Association for the Advancement of Science, qui publie Science. Monica Bradford, éditrice du magazine, a dit : « On n'impose aucune restriction ni sur la proposition ni sur la publication des articles basés sur des sanctions économiques ou autres. »

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Publishers split over response to US trade embargo ruling : Article : Nature
  2. Article de scidev.net
  3. a, b et c Science/AAAS | Science: Sign In
  4. Harsh treatment
  5. August 5th, 2006
  6. Science/AAAS | Science: Sign In

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]