Name and shame

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

La locution en anglais name and shame (litt. « nommer et couvrir de honte »), traduite par mise au pilori[1], désigne le fait de « déclarer publiquement qu'une personne, un groupe ou une entreprise agit de manière fautive »[2]. Cette pratique, à l'échelle nationale ou internationale[réf. nécessaire], est fréquemment appliquée pour dénoncer des atteintes aux droits de l'homme[3].

Principe[modifier | modifier le code]

Le naming and shaming à l'encontre de certains gouvernements a pu concourir à améliorer le respect des droits de l'homme[4],[5],[6],[7]. Certains experts étudient si cette pratique a procuré les effets recherchés[8],[7],[6].

En France, la locution est employée telle quelle ; Europe 1 la définit comme l'action de « montrer du doigt une entreprise ou une personne qui se serait mal comportée, et la livrer ainsi au jugement populaire »[9]. D'après Marianne, « les réseaux sociaux ont décuplé l'effet name and shame, jusqu'à se transformer en tribunaux populaires »[10].

Exemples[modifier | modifier le code]

Désigner des personnes ou des sociétés, dans l'objectif de les embarrasser, peut s'inscrire dans une stratégie publique pour encourager le respect des obligations légales ou pour inciter à réparer une fraude.

  • Au printemps 2009, au Royaume-Uni, le journal The Daily Telegraph publie l'identité de « députés et ministres qui ont bénéficié de remboursements pour des dépenses non professionnelles », ce qui a conduit à des démissions ; 390 députés ont dû rembourser les sommes perçues[11].
  • En 2010, le gouvernement britannique instaure un programme pour « citer les entreprises qui ne versent pas le salaire minimum à leurs employés », dans l'objectif de sensibiliser les sociétés quant à cette obligation légale et de dissuader les employeurs qui seraient tentés de violer la loi[12].
  • En 2018, le département des Affaires, de l'Énergie et des Stratégies industrielles déploie un plan pour dénoncer les employeurs qui ne s'acquittent pas des frais fixés par l'employment tribunal (en), afin de fragiliser leur réputation[13], après la publication d'un rapport pointant les impayés[14].
  • France Info qualifie de pratique du name and shame la publication, en février 2020, par le gouvernement français du « nom de sept entreprises françaises, soupçonnées de discrimination à l'embauche »[15].
  • En 2020 en France, le site du ministère du Travail affiche la liste nominative des entreprises de plus de 1 000 salariés en précisant leur score en termes d'égalité professionnelle femmes-hommes[16].

Réappropriation de la pratique avec les réseaux sociaux[pas clair][modifier | modifier le code]

Début 2021, la presse en France mentionne la prolifération de comptes sur les réseaux sociaux (notamment Instagram) : Balance ton cabinet, Balance ta start-up, Balance ton agency, où des employés ou ex-employés dénoncent des pratiques du travail peu éthiques ou illégales dont ils s'estiment victimes[17],[18].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Commission d’enrichissement de la langue française, « mise au pilori », FranceTerme, Ministère de la Culture (consulté le ).
  2. Cambridge Online Dictionary, accessed 3 January 2019
  3. (en) Elise Rousseau, « Power, Mechanisms, and Denunciations: Understanding Compliance with Human Rights in International Relations », Political Studies Review, vol. 16, no 4,‎ , p. 318–330 (ISSN 1478-9299, DOI 10.1177/1478929918768979)
  4. Jacqueline H. R. DeMeritt, « International Organizations and Government Killing: Does Naming and Shaming Save Lives? », International Interactions, vol. 38, no 5,‎ , p. 597–621 (ISSN 0305-0629, DOI 10.1080/03050629.2012.726180)
  5. (en) Matthew Krain, « J'accuse! Does Naming and Shaming Perpetrators Reduce the Severity of Genocides or Politicides? », International Studies Quarterly, vol. 56, no 3,‎ , p. 574–589 (ISSN 0020-8833, DOI 10.1111/j.1468-2478.2012.00732.x, lire en ligne)
  6. a et b (en) Emilie M. Hafner-Burton, « Sticks and Stones: Naming and Shaming the Human Rights Enforcement Problem », International Organization, vol. 62, no 4,‎ , p. 689–716 (ISSN 1531-5088, DOI 10.1017/S0020818308080247)
  7. a et b (en) Cullen S. Hendrix et Wendy H. Wong, « When Is the Pen Truly Mighty? Regime Type and the Efficacy of Naming and Shaming in Curbing Human Rights Abuses », British Journal of Political Science, vol. 43, no 3,‎ , p. 651–672 (ISSN 0007-1234, DOI 10.1017/S0007123412000488)
  8. (en) Jack Snyder, « Backlash against human rights shaming: emotions in groups », International Theory,‎ undefined/ed, p. 1–24 (ISSN 1752-9719, DOI 10.1017/S1752971919000216, lire en ligne)
  9. Rémi Duchemin, « La France est-elle prête pour le "name and shame" ? », sur Europe 1, .
  10. Cherchève 2016.
  11. Marie Bellan, « Nommer pour punir : Un succès, un projet... mais aussi des dérives », sur Les Échos, .
  12. Department for Business, Energy and Industrial Strategy, National Minimum Wage Law: Enforcement, published November 2017, accessed 3 January 2019
  13. Department for Business, Energy and Industrial Strategy (2018), Naming Scheme for Unpaid Employment Tribunal Awards, published 17 December 2018, accessed 28 December 2018
  14. Taylor, M. (2017), Good Work: The Taylor Review of Modern Working Practices, page 62, accessed 28 December 2018
  15. « Le gouvernement dévoile une liste de sept entreprises soupçonnées de discrimination à l'embauche selon l'origine », sur francetvinfo.fr, .
  16. Leïla de Comarmond, « Name and shame : après les délais de paiement, l'égalité professionnelle femmes-hommes », Les Échos,‎ (lire en ligne). Accès payant
  17. Léa Taieb, « « Balance ta start-up », « Balance ton agency »… pour ou contre ces dénonciations sur les réseaux sociaux ? »,
  18. Charlotte Hervot, « Balance ta start-up, ton stage, ton cabinet… Le monde du travail témoigne sur Instagram », sur Ouest-France,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Intraliens[modifier | modifier le code]