Mohammad Javad Zarif

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Mohammad Javad Zarif
Illustration.
Mohammad Javad Zarif en juillet 2014.
Fonctions
Ministre des Affaires étrangères
En fonction depuis le
(5 ans et 4 jours)
Président Hassan Rohani
Prédécesseur Ali Akbar Salehi
Ambassadeur iranien auprès
des Nations unies

(4 ans, 11 mois et 20 jours)
Président Mohammad Khatami
Mahmoud Ahmadinejad
Prédécesseur Sadegh Kharazi
Successeur Mohammad Khazaee
Biographie
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Téhéran (Iran)
Nationalité Iranienne
Diplômé de Université de Téhéran
Université de Denver
Profession Diplomate

Mohammad Javad Zarif, né le 7 janvier 1960 à Téhéran (Iran), est un diplomate et homme politique iranien, ministre des Affaires étrangères depuis 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Né le 7 janvier 1960 à Téhéran, Mohammad Javad Zarif est le fils d’un marchand de textile[1]. Il vit aux États-Unis à partir de 1976. Il étudie les relations internationales à l'université d'État de San Francisco et obtient un doctorat en droit international de l'université de Denver[2],[3]. S'il s'imprègne de la culture américaine, chose rare parmi les diplomates iraniens, il ne boit toutefois pas d'alcool. Il déclare ainsi dans ses mémoires, publiés en 2013 (Monsieur l'Ambassadeur) : « Je ne me suis jamais vraiment intégré à la société américaine »[1]. Opposé au Chah, il soutient la révolution iranienne et commence sa carrière diplomatique en intégrant le consulat iranien à San Francisco[4],[5].

Carrière diplomatique[modifier | modifier le code]

En 1982, il se rend à l'ambassade d'Iran en Syrie pour travailler sur le sujet de la libération des otages américains au Liban[1].

Il prend part à la rédaction de la résolution 598 du conseil de sécurité de l'ONU, votée en 1987 afin de mettre un terme à la guerre Iran-Irak[5]. En 2001, il coopère avec les États-Unis pour la mise en place du gouvernement dirigé par Hamid Karzai en Afghanistan[1]. En 2002, il retourne aux États-Unis pour diriger la mission iranienne auprès de l'Organisation des Nations unies. Il est démis de ses fonctions en 2007 par le président Mahmoud Ahmadinejad[4],[5].

Zarif et Laurent Fabius en 2015 à Lausanne (Suisse).

En 2013, après l'élection d'Hassan Rohani à la présidence, il est nommé ministre des Affaires étrangères[4]. Chose inédite dans l'histoire du pays, il chapeaute en même temps les négociations ayant trait à la question nucléaire et qui ont repris en octobre de la même année, à Genève (Suisse)[6]. Il bénéficie, comme le nouveau chef d'État, d'un a priori favorable en Occident par rapport au gouvernement précédent de Mahmoud Ahmadinehad, jugé jusqu'au-boutiste, mais si les observateurs relèvent chez Zarif une certaine méfiance à l'égard de l'Occident ; il déclare à cet égard : « Tant que les Américains refuseront de nous traiter d'égal à égal, la confiance aura du mal à se rétablir »[1]. Il est toutefois critiqué par les responsables radicaux iraniens, qui lui reprochent de vouloir faire trop de concessions aux Occidentaux[7].

Son rôle dans le dossier du nucléaire iranien[modifier | modifier le code]

Le 21 novembre 2013, les négociateurs iraniens ont signalé que des progrès ont été réalisés dans les pourparlers à Genève avec les puissances mondiales, exprimant l'espoir de combler les différences et de signer un accord insaisissable sur le nucléaire de Téhéran. "Les différences d'opinion restent et nous les négocions. Si Dieu veut que nous atteignons un résultat", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif dans des déclarations menées par des médias iraniens, après une réunion d'une heure avec la baronne Ashton[8].

Le 24 novembre 2013, l'accord intérimaire de Genève, officiellement intitulé Plan d'action conjoint[9], était un pacte signé entre l'Iran et les pays P5 + 1 à Genève, en Suisse. Il s'agit d'un gel à court terme de certaines parties du programme nucléaire iranien en échange de sanctions économiques réduites contre l'Iran, alors que les pays travaillent pour un accord à long terme[10].

En octobre 2014, lors d'entretiens entre des diplomates américains, iraniens et européens américains, aucun accord n'a été trouvé sur la lutte contre le programme nucléaire iranien, mais les responsables ont déclaré qu'ils visent toujours à atteindre un accord avant la date limite du 24 novembre. Un haut fonctionnaire du département d'Etat a qualifié chaque étape des progrès dans les pourparlers de «décollage» à des différences techniques complexes, avec pratiquement toutes les phrases nécessitant une annexe d'explications supplémentaires. "Nous continuons à faire des progrès, mais il reste encore beaucoup de travail à faire", a déclaré le fonctionnaire, qui a parlé de l'anonymat pour discuter des négociations difficiles et secrètes[11].

L'Iran et les États-Unis exploreront les moyens de donner une impulsion aux négociations nucléaires lorsque leurs chefs de la diplomatie se réuniront à Genève. Le docteur Zarif et le secrétaire d'État américain John Kerry se prononceront avant une nouvelle série de négociations entre l'Iran et six puissances mondiales pour régler leur impasse de 12 ans sur les ambitions nucléaires de Téhéran. Les négociateurs de niveau inférieur des deux côtés se réuniront jeudi au même endroit pour planter les détails techniques avant les négociations le 18 janvier entre l'Iran et les pouvoirs "P5 + 1" - les États-Unis, la France, l'Allemagne, la Russie, la Chine et la Grande-Bretagne. S'exprimant lors d'une conférence de presse à Téhéran, Zarif a déclaré que le but des entretiens avec Kerry "est de voir si nous pouvons accélérer et pousser les négociations vers l'avant".

En février 2015, le Dr Zarif a déclaré que l'Iran n'était pas favorable à une autre extension des pourparlers sur la limitation de son programme nucléaire et que les sanctions économiques attendues seraient rapidement levées si un accord était atteint. "Les sanctions sont une responsabilité, vous devez vous en débarrasser si vous voulez une solution", a déclaré Zarif lors d'une conférence de sécurité à Munich. "C'est l'occasion de le faire, et nous devons saisir cette opportunité", a-t-il déclaré sur les efforts consentis pour forger un accord. "Il se peut qu'il ne soit pas répété". Les pourparlers nucléaires ont déjà été prolongés deux fois et font face à un délai de fin mars pour élaborer les grandes lignes d'un accord. Le délai pour un accord détaillé est fin juin[12].

Basé sur le cadre de l'accord nucléaire de l'Iran, qui a été déclaré le 2 avril 2015, l'Iran a accepté d'accepter des restrictions importantes sur son programme nucléaire depuis au moins une décennie et de se soumettre à des inspections internationales dans le cadre d'un accord-cadre. En contrepartie, les sanctions internationales seraient levées, que ce soit par phases ou tout à la fois doit encore être résolu[13].

Popularité[modifier | modifier le code]

Mohammad Javad Zarif a acquis une réputation nationale et est devenu très populaire parmi la population iranienne[14][15]. Selon un sondage mené par Information and Public Opinion Solutions LLC (iPOS) en mars 2016, Mohammad Javad Zarif était la figure politique la plus populaire en Iran avec 76 % d'approbation et 7 % de désaccords[16].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mohammad Javad Zarif est marié et a une fille et un fils qui sont nés aux États-Unis[17].Il a rencontré sa femme à l'été 1979 par sa sœur. Ils se sont mariés en Iran mais ont déménagé à New York quelques semaines au milieu de la révolution iranienne[18]. En plus de son persan natal, il parle couramment l'anglais[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Dalphine Minoui, « Mohammad Javad Zarif, tête de pont entre Téhéran et les Occidentaux », in Le Figaro, vendredi 8 novembre 2013, page 3.
  2. (en) Thomas Erdbrink, « Once an Outcast, Iranian Minister Carries Hope of Easing Tensions », The New York Times,
  3. (en) Kambiz Foroohar, « Rohani Taps U.S.-Educated Minister to End Iran Sanctions », Bloomberg,
  4. a, b et c Delphine Minoui, « Mohammad Javad Zarif, tête de pont entre l'Iran et les Occidentaux », Le Figaro,
  5. a, b et c Serge Michel, Ghazal Golshiri, « Mohammad Javad Zarif, l'homme qui veut réconcilier l'Iran et les Etats-Unis », Le Monde,
  6. « Iran : Javad Zarif, le conciliateur », in lejournalinternational.fr, 7 novembre 2013.
  7. Isabelle Lasserre, « Dernière ligne droite pour les négociations sur le nucléaire », Le Figaro, samedi 28 / dimanche 1er mars 2015.
  8. (en) « Iran negotiators see progress in Geneva nuclear talks », sur The Daily Star, (consulté le 4 juin 2017)
  9. « Farsnews », sur en.farsnews.com (consulté le 26 mai 2017)
  10. « World powers reach nuclear deal with Iran to freeze its nuclear program », sur Washington Post (consulté le 26 mai 2017)
  11. « Kerry meets with counterparts from Iran, E.U. to discuss Tehran’s nuclear program », sur Washington Post (consulté le 26 mai 2017)
  12. (en-GB) Reuters, « Iran looks to speed up negotiations to end 12-year nuclear standoff », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  13. « Pas d'accord sur le nucléaire iranien à Vienne, mais une confiance affichée », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  14. (en-US) « Zarif's domestic popularity soars with nuclear deal », Al-Monitor,‎ (lire en ligne)
  15. (en-US) « Zarif; a right man at the right time », sur theiranproject.com (consulté le 30 mai 2017)
  16. (fa) « ظریف محبوب‌ترین چهره سیاسی ایران », sur www.ipos.me (consulté le 30 mai 2017)
  17. Noah Rayman, « Iran Doesn’t Deny the Holocaust, New Foreign Minister Says on Twitter », Time,‎ (ISSN 0040-781X, lire en ligne)
  18. (en-US) Ali Alfoneh et Reuel Marc Gerecht, « An Iranian Moderate Exposed », New Republic,‎ (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]