SNCASE SE.3100

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

SNCASE SE.3100
Rôle Hélicoptère expérimental
Constructeur SNCASE
Premier vol
Nombre construit 1
Équipage
1
Motorisation
Moteur Mathis 4G20
Nombre 1
Type Moteur en étoile
Puissance unitaire 100 ch
Dimensions
Diamètre du rotor 7.50 m
Longueur 6.90 m
Hauteur 2.25 m
Masses
À vide 420 kg
Maximale 130 kg
Performances
Vitesse de croisière 140 km/h
Plafond avec effet de sol 3100 m
Armement
Interne aucune

Le SNCASE SE.3100 est un prototype d'hélicoptère construit par la société SNCASE en 1946 sous la direction de l’ingénieur René Mouille[1].

Conception[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, la SNCASE s’était lancée dans la fabrication d’hélicoptères. Elle avait commencé par construire des Focke-Achgelis Fa 223 Drachen, avec l’aide de leur créateur, l’ingénieur allemand Henrich Focke, sous le nom de SNCASE SE.3000[2]. Mais cet appareil bi-rotor en tandem s’avéra lourd et sous-motorisé.

La SNCASE s’attaqua ensuite à la réalisation d’un hélicoptère de conception française, le SE.3100. L’équipe était dirigée alors par l'ingénieur en chef Pierre Renoux qui était auparavant chef du département "autogires" chez Lioré et Olivier avant la nationalisation de 1937[1].

Le SE 3101 fut commandé par l'État français en . Il fut réalisé à partir d'éléments « cannibalisés » sur un hélicoptère allemand Focke-Achgelis Fa 61 (les pales et la tête rotor principal). Le moteur était français, un Mathis de 100 ch qui manquait de puissance et était extrêmement fragile. Il était placé sous le rotor. Le reste de l’appareil était des plus sommaire : le poste de pilotage n’était pas vitré et le fuselage se composait de tubes métalliques. L’originalité de l’appareil résidait dans son système anti-couple, avec deux petits rotors de queue à l'extrémité d'un empennage en V aussi appelé "empennage papillon"[1].

Engagements[modifier | modifier le code]

Les essais en vol révélèrent la difficulté à piloter l’appareil. Et tout d’abord à le faire décoller. La machine fut emmenée à la base aérienne 107 Villacoublay et le chef pilote Henri Stakenburg avait été désigné pour le premier vol. Mais même en mettant les gaz au maximum, il ne réussit pas à se soulever d'un centimètre. Il devenait évident que le moteur avait une puissance insuffisante. Jacques Lecarme, le chef-pilote de la SNCASE, eut alors une idée. Il demanda à un jeune pilote d'essais récemment breveté, Jean Boulet, de tenter l'expérience, car il pesait 15 kg de moins que Stakenburg. L'appareil se souleva à 30 centimètres du sol durant 15 minutes. Cela marqua le début de la carrière de pilote d’hélicoptères de Jean Boulet[1].

Après le vol stationnaire, Charles Marchetti demanda à Jean Boulet d’essayer le vol en translation. Il devait décoller et essayer de faire une série d'accélérations-arrêts. Sitôt atteint la vitesse de 40 km/h, le SE.3101 se cabra brusquement vers le ciel. Jean Boulet mit alors le manche butée en avant, mais l'appareil repartait en arrière en chutant. Près du sol, les commandes répondirent un peu, ce qui permit à Jean Boulet de se poser sans dégâts, mais avec une vitesse arrière de 20 km/h. L'explication de cette perte de portance était dûe à l'interférence du souffle du rotor principal avec les deux rotors arrière. Cette interférence fut annulée par le recul de l'appareil, ce qui permit aux rotors de queue de reprendre leur fonction. Suite à cet incident, la commande de profondeur fut rectifiée et tout rentra dans l'ordre[1].

En 1949, le Service technique de l'aéronautique (STAé) exigea d'effectuer des essais d'autorotation avant la démonstration au Salon de l'aéronautique d'Orly. La veille de l’ouverture du salon, Jean Boulet se lança, non sans appréhension. Au cours de l'approche, il devait débrayer et couper le moteur. Ce qu'il fit, mais comme il n'y avait pas encore d'embrayage centrifuge, il dut lâcher la commande de pas pour arriver à attraper le levier d'embrayage. Ce qui eut pour conséquence de faire chuter le nombre de tours du rotor et d'entraîner l'appareil vers le sol. Cette fois-ci le posé fut brutal. Le support de l'atterrisseur droit cassa net (il n'y avait pas d'amortisseurs) et l'appareil se coucha sur le côté, cassant toutes les pales des rotors. Jean Boulet sortit heureusement indemne, mais vexé d'avoir cassé l'appareil qu'on lui avait confié. La présentation au Salon était compromise. Ne s'avouant pas vaincue, l’équipe répara l'appareil en travaillant jour et nuit, et le SE.3191 put faire sa démonstration officielle au Salon, comme prévu, devant le ministre de l'Air[1].

En 18 mois, l'appareil ne totalisa que 20 heures effectives de vol. Les vols d'essais étant très courts et espacés en fonction des rectifications à faire. Le SE.3101 parvint au moins à une chose : à démontrer que la position en V des rotors de queue handicapait l'appareil par un gaspillage de puissance et par la perte de portance causée par le mélange des souffles des rotors s'annulant entre-eux. La commande d'Etat fut suspendue et l'hélicoptère rendu au constructeur, lequel le céda au Musée de l'Air et de l'Espace[1], où il est encore visible dans le Hall 9 « voilures tournantes »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Daniel Liron, « Les hélicoptères français : de la SNCASE à Eurocopter », sur Aérostories, .
  2. Étienne Maurice, « Le Centre d’Essais en Vol et le Super Frelon », Association des Professionnels Navigants de l'Aviation, (consulté le 18 décembre 2015)
  3. « SNCASE SE 3101 n° 01 F-WFDQ », .

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :