SNCASE SE.1010

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SNCASE SE.1010
Constructeur Drapeau : France SNCASE
Équipage 6
Statut projet abandonné
Premier vol
Dimensions
Longueur 21,80 m
Envergure 31,00 m

Le SE.1010 était un avion de transport conçu en France par la SNCASE (Sud-est Aviation).

Conception[modifier | modifier le code]

Le SE.1010 est dérivé du projet d’avion stratosphérique pour 80 passagers SE.1000 développé à Marignane, alors que l’usine SNCASE de Toulouse développait un concurrent, le SE.2000. Le SE.1010 est réalisé sous la forme d’un prototype propulsé par quatre moteurs SNECMA 14R de 1 600 ch. Tandis qu’ont lieu des débats houleux à l’Assemblée nationale concernant les pertes financières très élevées des sociétés nationales (dont la SNCASE et la SNECMA), le prototype effectue son premier vol à Marignane le , piloté par Jacques Lecarme avec Henri Vanderpol comme co-pilote. Ses essais sont marqués par les pannes de moteurs[1]. Surtout, Jacques Lecarme se méfie de cet avion, en raison d’un manque d’efficacité de la dérive dans certaines conditions de vol, avec le risque de voir l’avion s’engager dans une vrille à plat lors d’un fort dérapage. Jacques Lecarme avait demandé une modification de la dérive pour y remédier. Mais avant d’effectuer la modification, le chef du bureau d’études Louis Marnay demande à l'ingénieur Silvio Agliani d'effectuer un dernier vol d’essai pour recueillir plus de données[2].

Accidents[modifier | modifier le code]

Le samedi vers 14h00, le prototype décolle de Marignane pour son 34e vol comportant deux essais. Le second essai consiste à couper deux des moteurs Gnome et Rhône 14R sur une aile, et à pousser les deux autres à fond. Le gouvernail se bloque et l'avion part dans une vrille à plat. Les deux moteurs coupés refusent de redémarrer, et moins de 20 secondes plus tard l'avion s'écrase dans des vignes près de Carcès, Var[3]. Les 6 membres de l'équipage sont tués :

  • Henri Vanderpol, pilote ;
  • Silvio Agliani, ingénieur ;
  • Pierre Bouillon, ingénieur ;
  • Ferdinand Pillet, mécanicien ;
  • Marius Rivet, radio ;
  • Valéry Chasson, mécanicien[4].

Le marché est résilié par Air France et les trois exemplaires fabriqués versés par l’État à l'Institut géographique national (IGN)[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gérard Hartmann, « Les réalisations de la SNCASE ».
  2. Jacques Noetinger, Rigueur et audace aux essais en vol, Nouvelles Éditions Latines, , 369 p. (ISBN 2-7233-0438-8), p. 73-76
  3. sergioleonedu83, « La tragédie du prototype SE-1010 (et création d'un musée commémoratif) », .
  4. Thierry Dubois, « Prototype SE-1010 », sur Aérosteles, lieux de mémoire aéronautique, .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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