Sénéchaussée de Loudun

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La sénéchaussée de Loudun fut une entité administrative de l'Ancien Régime. Loudun et le Loudunais sont situés dans un territoire dépendant de l'Anjou et situé à la limite de deux autres provinces : la Touraine et le Poitou.

Au Moyen Âge et jusqu'à la Révolution française, le Saumurois s'enfonce dans le Poitou actuel englobant Loudun jusqu'à Mirebeau au Sud. Le Loudunais constitue un bailliage ou sénéchaussée distinct, dépendant du gouvernement de Saumur et du Saumurois ainsi que de la Généralité de Tours. Le Loudunais demeure historiquement détaché du Poitou.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sénéchaussée de Loudun dans l'Anjou du XVIIIesiècle
Localisation de Loudun dans l'Anjou de l'Ancien régime.
Imbriquement des sénéchaussées de Loudun et de Saumur sous l'Ancien régime

En 970, Guillaume IV de Poitiers et Geoffroy d'Angers s'affrontent au lieu-dit Les Roches Saint-Paul, alors rattaché à la paroisse de Coussay. Geoffroy obtient le fief de Loudun mais est vassal de Guillaume. Loudun dépendra des comtes d'Anjou jusqu'en 1206, date à laquelle Philippe-Auguste la rattache à la Couronne de France. Cependant, Philippe-Auguste donne Loudun en garde à Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou et du Maine, car le roi de France considère Loudun comme une place stratégique et décide de remplacer l'ancien castrum par une nouvelle forteresse des puissants Plantagenêt.

Le comte d'Anjou Foulques Nerra (987-1040) fait construire une première tour pour protéger le Sud des possessions angevines à d'éventuelles incursions des comtes de Poitou. Elle fut détruite à une date indéterminée et probablement reconstruite à la charnière des XIe-XIIe siècles par son petit-fils Foulques IVle Réchin (1068-1109).

En 1214 : Jean sans Terre intrigue contre le roi Philippe-Auguste, en achetant l’aide des barons poitevins : les Chauvigny, les Mauléons, les Thouars. Jean-sans-Terre occupe Angers. Louis, le fils de Philippe-Auguste intervient à Moncontour dont il fait détruire le château. De son côté, Philippe-Auguste est vainqueur à Bouvines. Il vient aussitôt à Loudun pour imposer la paix de Chinon à Jean-sans-Terre qui doit renoncer à la plus grande partie de ses possessions en Poitou.

En 1476, le roi René d'Anjou est contraint de conclure un accord avec Louis XI, étant accusé d'avoir négocié avec Charles le Téméraire. Loudun est alors réunie à la couronne de France. Louis XI l'érige en bailliage. François Ier ordonne qu'on rédige la coutume de Loudun. Le Loudunais devient une sénéchaussée. La sénéchaussée de Loudun dépendra du gouverneur de Saumur.

En 1542, Lors de la création de la généralité de Tours, la sénéchaussée de Loudun intègre cet ensemble territorial constitué par les provinces d'Anjou, du Maine et de la Touraine.

En 1568 Les luttes entre protestants et catholiques reprennent. Henri, roi de Navarre, alors âgé de 16 ans se trouve alors à Loudun avec l'armée protestante. Les protestants brûlent la Collégiale de Sainte-Croix, le couvent de l'église des Carmes (Saint-Hilaire-du-Martray) et l'échevinage. Le duc d'Anjou (catholique) fait le siège de Loudun pour récupérer la cité aux mains des Protestants.

En 1569, Coligny siège Poitiers. A la Bataille de Moncontour : le duc d'Anjou, futur Henri III inflige une défaite sanglante aux Huguenots.

En 1587, Henri de Navarre s'empare de Loudun ainsi que de Vivonne, Mirebeau et Châtellerault.

En 1631, Louis XIII envoie à Loudun le conseiller d'État Jean Martin baron de Laubardémont afin de terminer la démolition de la forteresse construite par Philippe-Auguste, du palais des Ducs-Rois d'Anjou-Sicile, du donjon et de l'enceinte fortifiée de la ville.

En 1789, l'Assemblée Constituante impose la création de départements. Les délégués de Saumur et de Loudun envisagent la création d'un département regroupant les anciennes sénéchaussées de Saumur et de Loudun. Mais des tensions apparaissent entre les délégués saumurois et ceux d'Angers. Les Saumurois reprochant aux Angevins de démanteler l'Anjou, en abandonnant un certain nombre de territoires, notamment la région de Bourgueil (Sénéchaussée de Saumur) à la Touraine. Les délégués de Loudun prennent leurs distances avec les représentants de Saumur. Face à ces dissensions, l'Assemblée Constituante, impose le rattachement de Saumur au futur département (Mayenne-et-Loire) rebaptisé Maine-et-Loire et le rattachement de Loudun au département de la Vienne

En 1790, lors de la création des départements français, le Sud-Saumurois (sénéchaussée de Loudun et pays de Mirebeau dépendants du gouverneur de Saumur) est rattaché au département de la Vienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Articles connexes[modifier | modifier le code]