Jean Martin de Laubardemont

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Jean Martin de Laubardemont
Biographie
Naissance
Décès
Activité

Jean Martin (ou Jean de Martin), baron de Laubardemont[1], est un magistrat français, né à Bordeaux vers 1590, mort à Paris en 1653.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Il appartient à une très riche famille bordelaise : son père Mathieu Martin, sieur de Laubardemont, est trésorier général de France en Guyenne et audiencier de la Chancellerie en Guyenne ; c'est lui qui, de 1608 à 1612, fait construire l'Hôtel Laubardemont, sis au 40 cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux. Raymond Martin, frère de Mathieu, fait construire dans les mêmes années l'Hôtel Martin au 43 rue du Mirail, les deux par le même architecte, Henri Roche. Au moment des mariages royaux célébrés à Bordeaux en octobre et novembre 1615 (notamment celui de Louis XIII et d'Anne d'Autriche le 21 novembre), l'Hôtel Martin, le plus renommé de la ville, abrite la reine-mère Marie de Médicis, et l'Hôtel Laubardemont le duc de Guise.

Mathieu Martin a trois fils ayant vécu. Jean épouse en 1611 Isabeau de Nort, fille d'un conseiller au Parlement de Bordeaux. Vers 1620, il se remarie avec Éléonore-Thérèse Fourré de Dampierre, fille de David Fourré, seigneur de Dampierre. En 1624, il obtient du roi l'autorisation de donner à sa terre de Sablons, (acquise en 1607, avec un château et un moulin, et des droits de haute, moyenne et basse justice) le nom de « Laubardemont », portant désormais le titre de « baron de Laubardemont »[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Jean Martin succède, en 1612, à son beau-père de Nort dans ses fonctions au Parlement, il est choisi ensuite plusieurs fois comme député de la compagnie auprès du Conseil du roi. En 1620, il est élu premier jurat noble de Bordeaux. En 1627, il devient président à la première chambre des enquêtes du Parlement. Il résigne cet office en mars 1629 pour acquérir, peu après, la charge de premier président à la Cour des Aides créée à Agen en décembre de la même année. Le 4 novembre 1631 il obtient, grâce à l'appui du cardinal de Richelieu, un brevet de conseiller d'État. Comme conseiller au Parlement de Bordeaux, il aurait déjà été chargé d'une commission pour faire le procès de sorciers du Béarn, à la suite de la campagne menée par Pierre de Rosteguy de Lancre ; il aurait poursuivi quelque cent cinquante accusés et envoyé au bûcher la moitié d'entre eux[3].

Il se rend à Loudun, en novembre-décembre 1631, puis en septembre 1633 pour s'occuper, non de l'affaire des religieuses possédées, mais de la démolition du château, mission que lui a confiée Richelieu. Rentré à Paris en novembre 1633, il est convoqué par le roi et le cardinal lors d'une séance du Conseil et chargé par des lettres patentes datées du 30 novembre de l'affaire Grandier. Il est parent de mère Jeanne des Anges, supérieure du couvent des possédées, et sa femme l'est de deux autres religieuses.

De 1633 à 1634, il est l'ordonnateur du procès pour sorcellerie d'Urbain Grandier, curé de Loudun[4], qu'il fait brûler vif, le 18 août 1638. Quatre ans plus tard, aux termes d'une commission datée du 5 juin 1638, il est chargé par Richelieu d'entamer l'information contre l'abbé de Saint-Cyran, incarcéré au château de Vincennes, le 15 mai précédent.

En 1642, toujours homme de confiance du cardinal, il s'occupe du procès du marquis de Cinq-Mars et de François-Auguste de Thou. Sa manière de conduire ces procès à la convenance du tout-puissant ministre lui vaut une triste réputation : son nom devient synonyme de juge inique. Son château de Laubardemont est envahi et pillé pendant la Fronde.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Imbert (dir.), Quelques procès criminels des XVIIe et XVIIIe siècle, Travaux et recherches de la Faculté de droit et des sciences économiques de Paris, Série « Sciences historiques » no 2, Paris, P.U.F., 1964.
  • Michel Carmona, Les diables de Loudun. Sorcellerie et politique sous Richelieu, Paris, Fayard, 1988.
  • Robert Rapley, A Case of Witchcraft : The Trial of Urbain Grandier, Montréal-Kingston, McGill Queen's University Press, 2001.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La titulature entière est : « baron de Laubardemont, de Saint-Denis-de-Pile, Saint-Georges-de-Guesboin et autres lieux ».
  2. Son fils Pierre de Martin, baron de Laubardemont, est maire de Libourne de 1667 à 1680.
  3. Voir Gabriel Legué, Urbain Grandier et les possédées de Loudun, Paris, 1880.
  4. Jean Martin et le curé Urbain Grandier, du même âge, auraient été élèves au collège des Jésuites de Bordeaux pendant la même période. Voir Robert Rapley, op. cit., p. 54.

Articles connexes[modifier | modifier le code]