Rudolf Schmundt

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Rudolf Schmundt
Image illustrative de l'article Rudolf Schmundt

Naissance
Metz, Reichsland Elsaß-Lothringen
Décès (à 48 ans)
Rastenburg, Allemagne
Origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand (jusqu'en 1918),
Flag of Germany (3-2 aspect ratio).svg République de Weimar (jusqu'en 1933),
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Grade General der Infanterie (posthume)
Années de service 1914 – 1944
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement Chefadjutant der Wehrmacht beim Führer (1938-1944)
Chef des Heerespersonalamtes (1942-1944)
Distinctions Ordre allemand
Hommages Victime de l'attentat du 20 juillet 1944

Rudolf Schmundt, né le et mort le , est un General der Infanterie[a] de l’Armée de terre allemande de la Seconde Guerre mondiale. Officier d'état-major, le général Schmundt est l’une des victimes de l’attentat du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler. Il a reçu la très rare croix en or de l‘ordre allemand[b], à titre posthume, le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille de militaires de carrière, Rudolf Schmundt naît à Metz, ville de garnison animée du Reichsland Elsaß-Lothringen[1]. Avec sa ceinture fortifiée, Metz est alors la première place forte du Reich allemand[2], constituant une pépinière d'officiers supérieurs et généraux[c]. Rudolf Schmundt fait ses études dans le Brandebourg.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Quand la Première Guerre mondiale est déclarée, Rudolf Schmundt sert dans le régiment de son père, Richard Schmundt, comme aspirant, puis comme officier subalterne. Rudolf Schmundt est promu Leutnant[d], le . Il est blessé au combat le , et reçoit peu après la croix de fer, 2e classe. Nommé Bataillons-Adjutant le , il reçoit un peu plus tard la croix de fer, 1re classe. En , Schmundt est nommé aide de camp à l'état-major de sa division[3]. Le sous-lieutenant Schmundt participe aux combats sur la Somme, sur la Marne et en Champagne.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Après l'armistice de 1918, le jeune officier s'engage dans le Detachement Graf Stillfried, un corps franc, formé à Berlin pour lutter contre la révolte spartakiste. En 1919, l'unité est intégrée au 35e Füsilierregiment du Reichswehr-Infanterie-Regiment 5. Rudolf Schmundt y sert comme officier d'ordonnance. Comme son régiment est réorganisé en 1921, Schmundt rejoint le 9e Infanterie-Regiment prussien, stationné à Potsdam. Officier de compagnie en 1924, il suit une formation en 1925. Promu Oberleutnant[e] le , il est nommé un mois plus tard dans le 1er bataillon du 9e Infanterie-Regiment. Le , Rudolf Schmundt se marie à l'église de garnison de Potsdam. En , le lieutenant Schmundt suit une formation en vue de devenir officier d'état-major. Le , il est affecté à l'état-major de la 1re division du Wehrkreis I, près de Königsberg en Prusse-Orientale. Schmundt est promu Hauptmann[f] le . Après avoir suivi une nouvelle formation, Rudolf Schmundt est affecté, en , dans la Heeres-Organisations-Abteilung, le département chargé de l'organisation de l'Armée de terre à l'état-major général. Il travaille avec Wilhelm Keitel et Alfred Jodl, qui vont ensuite exercer de hautes responsabilités dans l’état-major allemand[4]. Le capitaine Schmundt est nommé commandant de compagnie le au 3e Infanterie-Regiment à Allenstein. Dans cette unité, Schmundt est promu Major[g] le . En , le commandant Schmundt est affecté à l'état-major de la 18e division d'infanterie mécanisée.

Après l‘Affaire Blomberg-Fritsch, le commandant Schmundt est nommé Chefadjutant der Wehrmacht beim Führer und Reichskanzler à l'OKW : il est donc « principal aide de camp de Hitler pour la Wehrmacht » et devient ainsi un proche du Führer. Promu Oberstleutnant[h], le , Rudolf Schmundt est promu Oberst[i] le . À ce poste, Rudolf Schmundt est l’intermédiaire entre les officiers supérieurs et le chancelier Hitler, essayant souvent de concilier des points de vue opposés[5].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Hitler et son état-major à la Wolfsschanze en . Schmundt est juste derrière Hitler, à droite, visible entre Hitler et Jodl. Keitel est à gauche de Hitler.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Rudolf Schmundt reste à son poste à l'Oberkommando der Wehrmacht, détaché auprès du Führer. Le colonel Schmundt est promu Generalmajor[j] le .

Tout en conservant ses fonctions de principal aide de camp de Hitler, Schmundt est nommé chef du bureau du personnel de l'Armée de terre le , en remplacement du général Bodewin Keitel (de)[k], temporairement absent pour raison de santé. En effet, Hitler en nommant un de ses proches à ce poste souhaite que ses intentions soient mieux prises en considération. Schmundt occupe ce poste pendant près de deux ans et exerce ainsi une influence décisive sur la politique de gestion du personnel de l'Armée de terre.

Il échappe une première fois, à son insu, à une tentative d'attentat contre Hitler, le [6]. Une bombe, placée dans l’avion qu’il prend avec le Führer pour rentrer de Smolensk à Berlin, n’explose pas, probablement à cause du froid en altitude[6].

Le , Schmundt est promu Generalleutnant[l].

Le , le colonel von Stauffenberg profite d’une réunion à la Wolfsschanze[m], un des quartiers généraux du Führer situé en Prusse-Orientale, pour faire exploser une bombe vers 12 h 45, à proximité de Hitler[7]. Mais par hasard la mallette contenant les explosifs est déplacée de l'autre côté d’un pied de table massif par le colonel Heinz Brandt : elle explose alors près de Schmundt, faisant plusieurs autres victimes dont Heinz Brandt lui-même. Comme Hitler se trouve partiellement protégé de l'autre côté du pied de table, il n'est que légèrement blessé[7].

Schmundt quant à lui est grièvement blessé[n] et, deux mois plus tard, meurt de ses blessures dans l’hôpital attaché au Quartier général, le . Selon les dernières volontés de Schmundt, une cérémonie d’hommage se tient au mémorial de Tannenberg, présidée par le Generalfeldmarschall Ernst Busch. Sa dépouille mortelle est ensuite transportée à Berlin pour que le lendemain il soit inhumé, avec les honneurs militaires, au cimetière des Invalides de Berlin. Prononçant son éloge funèbre, le général Heinz Guderian n'hésite pas à le qualifier de « compagnon de route indispensable » pour Hitler[8].

Disposition des personnes au moment de l'attentat du , Schmundt (no 7) était face à la bombe. Le no 1 correspond à l'emplacement de Hitler.

Promu General der Infanterie[a], avec effet rétroactif au , Rudolf Schmundt est en outre décoré de la croix en or de l‘ordre allemand, le jour de ses funérailles. Il est remplacé dans ses deux fonctions par le général Wilhelm Burgdorf, son adjoint.

Promotions[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Un des équivalents de général de corps d'armée en France.
  2. Contrairement à la croix allemande, la croix en or de l'ordre allemand n'a été décernée qu'à un nombre limité de personnalités politiques allemandes durant la Seconde Guerre mondiale, dans la plupart des cas à titre posthume.
  3. Plus d'une trentaine de généraux et des dizaines d'officiers supérieurs allemands, pour la plupart actifs durant la Seconde Guerre mondiale, sont nés à Metz, avant 1918.
  4. Équivalent de sous-lieutenant en France.
  5. Équivalent de lieutenant en France.
  6. Équivalent de capitaine en France.
  7. Équivalent de commandant en France.
  8. Équivalent de lieutenant-colonel en France.
  9. Équivalent de colonel en France.
  10. Équivalent de général de brigade en France.
  11. Il s'agit du frère du Generalfeldmarschall Wilhelm Keitel, chef de l’Oberkommando der Wehrmacht.
  12. Équivalent de général de division en France.
  13. Traduction littérale : la « tanière du loup ».
  14. Il perd l'œil gauche et est atteint de brûlures et blessures graves aux jambes, ayant été touché par de nombreux éclats.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L’Express, no 2937, du 18 au , dossier « Metz en 1900 ».
  2. François Roth : Metz annexée à l’Empire allemand, In François-Yves Le Moigne, Histoire de Metz, Privat, Toulouse, 1986, p. 350.
  3. Dermot Bradley; Richard Schulze-Kossens (dir.): Tätigkeitsbericht des Chefs des Heerespersonalamtes General der Infanterie Rudolf Schmundt, Osnabrück 1984, p. 15.
  4. Reinhardt Stumpf: General der Infanterie Rudolf Schmundt. In: Gerd R. Ueberschär (dir.): Hitlers militärische Elite. Bd. 2, Darmstadt, 1998, p. 228.
  5. Johannes Hürter: Schmundt, Rudolf, in: Neue Deutsche Biographie, Bd.23, Berlin, 2007, p. 267.
  6. a et b Claude Paul Pajard :La bouteille de Cognac qui faillit tuer Hitler, dans Les grandes énigmes de la Seconde Guerre mondiale, éd. de Saint-Clair, Paris, 1965, p. 10-36.
  7. a et b Ian Kershaw: La chance du diable. Le récit de l’opération Walkyrie, Paris, Flammarion, coll. « Au fil de l’histoire », 2009.
  8. Die Rede ist abgedruckt in: Dermot Bradley, Richard Schulze-Kossens (dir.): Tätigkeitsbericht des Chefs des Heerespersonalamtes General der Infanterie Rudolf Schmundt, Osnabrück, 1984, p. 61-62.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hermann Weiß: Biographisches Lexikon zum Dritten Reich, Frankfurt, 2002, p. 411.
  • Johannes Hürter: Schmundt, Rudolf. In: Neue Deutsche Biographie (NDB). Band 23, Duncker & Humblot, Berlin 2007, p. 267.
  • Reinhard Stumpf: General der Infanterie Rudolf Schmundt; in: Gerd R. Ueberschär (Hrsg.): Hitlers militärische Elite. Vom Kriegsbeginn bis zum Weltkriegsende Bd. 2, Primus Verlag, Darmstadt 1998.

Liens externes[modifier | modifier le code]