Rosiériste

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Les rosiéristes sont des pépiniéristes spécialistes de la sélection et de l'amélioration des rosiers cultivés.

Spécificité du rosiériste[modifier | modifier le code]

Le rosiériste n'est pas seulement un jardinier ou un pépiniériste, c'est un obtenteur et quelquefois seulement un obtenteur qui laisse à d'autres le soin de la multiplication et de la commercialisation. Il arrive que certains pépiniéristes spécialisés dans la vente de rosiers se fassent appeler "rosiériste" mais il s'agit d'un abus de langage car seuls les obtenteurs de nouvelles variétés sont de véritables rosiéristes.

Certaines variétés de rosiers cultivés correspondent aux espèces naturelles et sont appelés rosiers sauvages ou botaniques. Les rosiers améliorés sont le résultat de croisements parfois complexes entre différents types de rosiers préexistants, qui sont multipliés le plus souvent par voie végétative (boutures ou greffes).

Les principaux objectifs de sélection concernent :

  • la qualité de la floraison : couleurs, forme et remplissage des fleurs, parfum, caractère remontant de la floraison ;
  • les qualités de croissance : port (buisson, grimpant, miniature...), résistance aux maladies et aux ravageurs ;
  • la rusticité : résistance au gel et aux intempéries (pluie, vent) ;
  • des objectifs particuliers : la rose « bleue », facilité de culture, culture en pot...

Un rosiériste peut aussi exploiter l'apparition de mutations fortuites de plantes existantes. Ces mutations conduisent à la formation de « sports » qui sont alors reproduits par voie végétative. Le sport se distingue souvent du pied mère par une nouvelle couleur des fleurs, par un port différent (par exemple les Climb. grimpants au lieu de buisson).

L'histoire de l'amélioration des rosiers a conduit à la formation de différents types ou catégories de rosiers qui ont successivement occupé le devant de la scène, par exemple avec l'essor en France, dans la deuxième partie du XIXe siècle, des rosiers hybrides remontants créés par le lyonnais Jean Liabaud.

Premiers rosiéristes[modifier | modifier le code]

Les premiers pépiniéristes rosiéristes s'installent autour de Paris au XVIIIe siècle et près de Lyon au XIXe siècle.

Ce sont souvent des familles de jardiniers qui se sont illustrées pendant plusieurs générations depuis le début de l'expansion de la culture des roses en Europe au XVIIe siècle. On peut citer par exemple les familles Ducher, Guillot, Laperrière ou Meilland.

Louis Claude Noisette (1772-1849), France / États-Unis a créé plus de 80 variétés de rosiers et a donné son nom à une lignée de rosiers appelés rosier Noisette.

Les premiers rosiéristes connus sont les jardiniers de grands personnages, par exemple :

  • Jacques-Louis Descemet (1761 - 1839) est considéré comme le premier obtenteur de roses en France.
  • Jean-Pierre Vibert (1777-1866) prit la succession de Descemet et fut le premier à croiser rosier gallique et rosier de Chine.

Un tournant dans l'amélioration des rosiers est l'année 1867, quand le jardinier français, Jean-Baptiste Guillot a découvert un nouvel hybride, 'La France', le premier de la catégorie des hybrides de thé. Ce cultivar marque la transition entre les roses dites anciennes ou classiques et les roses modernes.

Liste de rosiéristes[modifier | modifier le code]

La liste ci-dessous indique pour chaque rosiériste le nombre de variétés répertoriées[1].

Obtenteurs du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Vibert (1777-1866), Angers, France - 545 variétés répertoriées (à la suite du rachat de la pépinière de Descemet)
  • Jean Laffay (1794 - 1860), Bellevue-Meudon, France - 326. Il créa les premiers hybrides remontants vers 1840.
  • Jean-Baptiste Guillot et fils (1803-1882), Lyon, France : 87 + 100 + 83
  • Jean-Marie Gaujard, France - 239
  • Eugène Verdier (1827 - 1902) - 179 et Charles-Félix Verdier (1821-1893), Paris, France : 17 + Victor 43
  • Peter Lambert (1860-1939), Trèves, Allemagne - 176
  • Jacques-Louis Descemet (1761 - 1839), Yèbles, France - 175
  • Moreau-Robert, Angers, France - 164
  • Pierre-Louis Léveque (1839 - 1925), Ivry, France - 150
  • Ketten Frères[2], (1867 - 1949) Luxembourg - 20
  • Auguste Miellez, Esquermes, France - 148
  • Joseph Pernet-Ducher, fils (1851-1928), Lyon, France: 142
  • Rudolf Geschwind (1829-1910), Hongrie - 141
  • Joseph Schwartz (1846-1885), Lyon, France - 59 + André 66
  • Pradel (Henri et Giraud Pradel, père et fils) - 122
  • Jean Liabaud, (1814-1904) rosiériste lyonnais[3] France - 102
  • Julien-Alexandre Hardy, Paris, France (23 mai 1787 - 15 septembre 1876), chef jardinier du jardin du Luxembourg de 1817 à 1859 a contribué également au développement des premiers hybrides remontants - 95
  • Jean Alexandre Bernaix (1826 - 1901), Lyon, France - 57 + Pierre - 37
  • Dorus Theus Poulsen (1851 - 1925) et fils, Danemark - 84
  • François Fontaine (père), Clamart, France - 83
  • Pierre Oger (1816 - 1894), Caen, France - 82
  • Jean-Claude Ducher (1820 - 1874), Lyon, France - 78
  • Antoine Levet (père) (? - 1891), Lyon, France - 77
  • Jacques Julien Margottin (1817-1892), Bourg-la-Reine et Pierrefitte, France (père et fils) - 70
  • Eugène Turbat (1865 -1944), Orléans, France - 64
  • Jean Pernet, père (1832 - 1896), Lyon, France - 63
  • Louis Joseph Ghislain Parmentier (1782-1847), Enghien, Belgique - 61
  • Nicolas-Joseph Prevost (1787 - 1855), France - 61
  • Jean Béluze, Lyon, France - 54
  • Jacques Vigneron (1817 - 1892), Orléans, France - 51
  • Frédéric Damaizin, Lyon, France - 50
  • Pierre Portemer, Gentilly, France - 42
  • Henry Bennett (Angleterre) - 38
  • Louis Xavier Granger, Suisnes, France - 33 (de 1850 à 1870) + 3 de Théophile Granger (de 1877 à 1889)
  • Jules Gravereaux (1844 - 1916), L'Haÿ-les-Roses, France - 27
  • Henri Antoine Jacques (1782-1866), Neuilly, France. Jardinier en chef du duc d'Orléans (le futur roi Louis-Philippe Ier), qui sema les graines envoyées par le botaniste Bréon et baptisa les Rosier Bourbon. Il créa 26 variétés dont le encore célèbre "Félicité et Perpétue".
  • Jean-Baptiste Corboeuf, Orléans, France - 25
  • Jean Desprez, Yèbles, France - 25 (dont 17 de 1830 à 1854)
  • Victor Étienne Gautreau (1815-1887), Brie-Comte-Robert, France - 23 (de 1863 à 1879) + 1 de ses fils Victor Henri et Charles Auguste (en 1888)[4]
  • Scipion Cochet (1833 - 1896), Suisnes, France - 19 (de 1852 à 1886) + 1 avec son frère Philémon (en 1855)
  • Hippolyte Jamain, Paris, France - 18
  • Roeser, Crécy-en-Brie, France - 15 (de 1829 à 1848)
  • Pierre-Victor Quétier, Meaux, France - 14 (de 1839 à 1861)
  • Hugues Vilin, Grisy-Suisnes, France - 2 (en 1868 et 1872) + 12 de Rose Vilin (de 1887 à 1903)
  • Henri Ledéchaux, Villecresnes, France - 9 (de 1855 à 1875) + 5 de sa veuve (de 1878 à 1895)
  • Morlet père, Avon, France - 5 (de 1838 à 1859) + 7 de Morlet fils (de 1874 à 1900)
  • Rousseau père, Grisy-Suisnes, France - 12 (de 1834 à 1863)
  • Varengot père, Melun, France - 11 (dont au moins 8 de 1844 à 1853)
  • Joly, Pont-Carré, France - 11 (dont 9 de 1835 à 1836)
  • Cochet-Cochet (Charles & Clara), Suisnes puis Coubert, France - 10 (de 1886 à 1907)
  • Pierre Cochet père de Scipion, Suisnes, France - 8 (dont 6 de 1821 à 1850)
  • Pierre Cochet petit-fils de Pierre, Suisnes, France - 8 (de 1897 à 1910)
  • Edouard Denis, Grisy-Suisnes, France - 5 (de 1897 à 1909)
  • Desmazures père, Suisnes, France - 4 (de 1866 à 1872)
  • Victor Carré, Suisnes, France - 3 (de 1853 à 1869)
  • Alexis Poulain, Cerçay, France - 2 (en 1863 et ?)
  • Charles Vaurin père, Coubert, France - 2 (en 1873 et 1874)
  • Aubin Céchet, Brie-Comte-Robert, France - 1 (en 1865) + 2 de son fils Emile (en 1867)
  • Eugène Brisson, Grisy-Suisnes, France - 1 (en 1877)
  • Camille Bernardin, Coulommiers puis Brie-Comte-Robert, France - 1 (en 1866)
  • Jémeau, Grisy-Suisnes, France - 1 (en 1869)
  • Jules Motteau, Mandres, France - 1 (en 1878)

Obtenteurs du XXe siècle (plus en activité)[modifier | modifier le code]

Obtenteurs contemporains[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source HelpMeFind.com : http://www.helpmefind.com/rose/breeders.php
  2. http://www.industrie.lu/KettenFreresLuxembourg.html
  3. (en) Brent C. Dickerson, The Old Rose Advisor, Timber Press Inc., 1992, (ISBN 0-88192-216-1)
  4. Philippe Gautreau, LA BRIE EN ROSES AU TEMPS DES EXPOSITIONS, 1996, 1- Bilan des médailles de la Société des Rosiéristes de 1865 à 1888 avec détails des prix obtenus par Gautreau père et fils, 2- Les obtenteurs de roses en Seine-et-Marne de 1820 à 1912, 3- Listes des roses, , 42 p.