Robert Barrat (journaliste)

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Robert Barrat
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Robert Barrat est un journaliste français, militant catholique de la lutte anticolonialiste, né à Douai le 12 mars 1919 et mort à Paris le 16 août 1976.

Biographie[modifier | modifier le code]

Admis en 1937 à l'École normale supérieure, Robert Barrat effectue son premier voyage en Algérie l'année suivante[1]. Après avoir participé à la Résistance, il devient journaliste en 1945, rédacteur en chef adjoint de Témoignage chrétien à partir de 1946.

Il contribue en 1949 à l'activité de la mission d'aide aux réfugiés arabes de Bethléem avec Louis Massignon. Il assure les fonctions de secrétaire général du Centre catholique des intellectuels français de 1950 à 1955.

En octobre 1954, il accompagne le voyage en Algérie du ministre de l'Intérieur François Mitterrand. Il organise, en mai 1955, une journée d'étude et d'information sur la situation en Algérie. Il rencontre des chefs nationalistes algériens, en août, à Alger et au maquis dans la région de Palestro : cet événement donne lieu à la publication dans France-Observateur du reportage intitulé Un journaliste français chez les « hors-la-loi » algériens[2]. Robert Barrat est arrêté quelques jours plus tard, puis libéré à la suite d'une importante campagne en sa faveur et avec le soutien de la presse française. Il participe en novembre 1955 à la fondation du Comité d'action des intellectuels contre la guerre d'Algérie[3]. Il organise en 1956 une entrevue entre Pierre Mendès France et deux représentants du FLN, Salah Louanchi et Ahmed Taleb Ibrahimi.

En 1960, il fonde le journal clandestin Vérité-Liberté avec Pierre Vidal-Naquet, Paul Thibaud et Jacques Panijel[4].

Devenu en juillet 1960 directeur du bureau parisien de l'hebdomadaire Afrique Action, il signe en septembre le Manifeste des 121 : accusé d'être l'instigateur de cette action, il est arrêté et incarcéré pendant 16 jours à la prison de Fresnes.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Justice pour le Maroc, préface de François Mauriac, Seuil, 1953
  • Charles de Foucauld et la fraternité, avec Denise Barrat, Seuil, 1961
  • Un Journaliste au cœur de la guerre d'Algérie, éditions Témoignage chrétien, 1987 ; Éditions de l’Aube, 2001[5]
  • Les Maquis de la liberté, éditions Témoignage chrétien, 1988
  • Algérie, 1956 : livre blanc sur la répression, textes et documents réunis par Denise et Robert Barrat, préface de Pierre Vidal-Naquet, postface de Bruno Étienne, Éditions de l’Aube, 2001

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'Algérie, je la découvris pour la première fois en 1938 à travers le prisme déformant qu'avait laissé dans ma mémoire la visite de l'Exposition coloniale de 1933 : un grand jardin exotique encore peuplé d'hommes à demi sauvages que des Français courageux s'employaient à soigner et à civiliser », écrit-il au début de son livre Un journaliste au cœur de la guerre d'Algérie
  2. Texte reproduit dans Un journaliste au cœur de la guerre d'Algérie (p. 79)
  3. Ce comité rassemble 450 personnalités dont l'appel indique notamment : « Nous nous engageons à agir de toutes les façons que nous jugerons bonnes en conscience et dans tous les domaines qui nous sont accessibles pour mettre fin en Afrique du Nord à une guerre qui est une menace contre la République en même temps qu'un crime contre le genre humain »
  4. Martin Evans, Mémoires de la guerre d'Algérie, L'Harmattan, 2008, (ISBN 2296177840) p. 100
  5. La guerre d’Algérie : témoignages et historiographie, par Anne-Marie Duranton-Crabol sur le site www.cairn.info [1]