René Malleville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
René Malleville
Image dans Infobox.
René Malleville en 2020.
Fonction
Conseiller municipal de Marseille (d)
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
René Julien Lucien MallevilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Homme politique, chroniqueur de télévision, syndicaliste, patron de bar, supporterVoir et modifier les données sur Wikidata

René Julien Lucien Malleville, né le à Carcassonne et mort le à Marseille (9e arrondissement)[1] est une personnalité médiatique française[2]. Il est tour-à-tour militant politique, syndicaliste, conseiller municipal, patron de bar, et chroniqueur dans des émissions diffusées sur internet, à la radio et à la télévision. Il est principalement célèbre en tant que supporter de l'Olympique de Marseille ainsi que pour ses coups de sang et son franc-parler[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

René Malleville est le fils d'un policier, cadet d'une fratrie de quatre enfants. Sa famille est originaire du village de Salles-sur-l'Hers (Aude). Alors qu'il est âgé de 4 ans, son père est envoyé à Mogador au Maroc pour 5 ans. De retour en 1957, la famille s'installe à Marseille[4]. Il est scolarisé à l'école communale de Saint-Mitre puis au collège des Chartreux. Il intègre ensuite le Lycée Le Chatelier où il tentera sans succès d'obtenir un CAP de Réalisations industrielles en chaudronnerie ou Soudage[4].

C'est à cette époque, à 16 ans, qu'il assiste pour la première fois à un match de l'Olympique de Marseille au Stade Vélodrome. Sa passion est née même s'il n'assiste alors à d'autres matches que sporadiquement[4],[5].

Vie privée et professionnelle[modifier | modifier le code]

Malleville se marie, devient père et effectue son service militaire. Rendu à la vie civile en 1968, il entre à la Régie des Transports de Marseille en qualité de chauffeur de bus et adhère à la section CGT de la RTM.

Son intérêt pour l'OM, pour Marseille et la conscience de son charisme le conduisent à s'engager dans la vie politique[6] de la cité phocéenne. Dès 1977, il devient conseiller municipal aux cotés du maire socialiste Gaston Defferre[4],[6]. Toutefois, lors des élections municipales de 1983, Defferre le qualifie de "grande gueule" et l'écarte de son équipe de campagne. Malleville décide alors de clore sa carrière politique.

Jugeant la section CGT de la RTM « trop timide à son goût[6] », René Malleville crée sa propre organisation syndicale en 1984, le "Syndicat des roulants et techniques"[4]. Sous le mandat du maire de Marseille Robert Vigouroux, il organise plusieurs opérations de mobilisation ravageuses, parmi lesquelles la séquestration du dirigeant de la RTM et le blocus complet de Marseille au moyen des bus pendant six heures d'affilée[4],[6], ce qui lui vaut d'être révoqué sur-le-champ de la RTM en 1989[4],[6].

Grâce aux dons de quinze de ses amis, René Malleville achète un bar, « Le Bretagne », dans le quartier de La Joliette, alors lugubre et mal famé, non loin du Vieux-Port. Mais les amis qui l'ont aidé y font venir les clients. Lui-même en fait le lieu de rassemblement des « Yankees », groupe de supporters du virage Nord du stade Vélodrome[5],[6] et participe activement à la vie du groupe[6].

En 2005, il enregistre le single Point de vue qu'il déclare avoir vendu à 4 800 exemplaires[6]. Il vend « Le Bretagne » et quitte les « Yankees » pour un autre groupe, les « Dodger's »[4],[5],[6].

En 2008, René Malleville revient à la politique et se présente aux élections municipales sur la liste du socialiste Jean-Noël Guérini[6] avec lequel il avait sympathisé sous Deferre. Élu, il est nommé conseiller communautaire et délégué aux sports de la mairie du 2e secteur. Il n'assurera qu'un seul mandat et ne se représente pas en 2014[4].

Activités médiatiques[modifier | modifier le code]

À partir de 2009, il intervient très régulièrement sur le site internet Le Phocéen dans les émissions consacrées à l'OM[7]. De 2012 à 2021, il propose « La minute de René » au cours de laquelle il analyse chaque match de l'OM[4],[6] dans un style cherchant grossièrement à imiter le stéréotype marseillais. La recette marche. Ces vidéos deviennent virales et sa notoriété dépasse les limites de Marseille. Cela lui permet d'intervenir ensuite dans des médias nationaux[4], comme Cuisine TV ou encore Thalassa[8]. Ses pages sur les médias sociaux sont très suivies[6],[9]. En 2017, il comptabilise 71 300 abonnés sur Twitter[10] puis 81 000 en 2019[11]. Chaque vidéo de « La minute de René » est visionnée plus de 300 000 fois[10]. Il estime que son succès est lié à son côté « grande gueule[8] », ses emportements excessifs, ses expressions caricaturales[9] et la défense d'une certaine identité du Midi de la France[12].

À partir de , il apparait dans l'émission Touche pas à mon poste ! diffusée sur C8[13]. Devenu chroniqueur, il décide de quitter l'émission en novembre de la même année[14].

René Malleville était également présent sur les ondes de Radio Star, radio locale marseillaise, dans l'émission Mon OM à moi avec César Léoni, Émilie Fargier et Samuel Massilia[15].

Mort et inhumation[modifier | modifier le code]

En , il annonce sur les réseaux sociaux qu'il est atteint d'un cancer du pancréas et du foie et commence une chimiothérapie[16]. Cela le contraint à cesser ses apparitions sur les médias. Mais la progression de la maladie est fulgurante : il meurt le [1].

Ses obsèques sont célébrées le en présence d'un millier de personnes, dont le maire de Marseille Benoît Payan[17]. À cette occasion, les joueurs de l'Olympique de Marseille lui dédicacent un maillot de l'équipe, floqué à son nom. Par ailleurs, la famille de Bernard Tapie met à disposition une réplique du trophée de la Ligue des champions de l'UEFA 1992-1993, destinée à sa sépulture[18],[19]. Malleville est par la suite inhumé au cimetière Saint-Pierre[17].

Télévision[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Marseille : René Malleville, le célèbre supporter de l'OM, est décédé », sur LaProvence.com, (consulté le ).
  2. Fichier des décès
  3. Interview de René Malleville, "Baup n'a pas de pouvoir", article sur europafoot.com, le 29 octobre 2013
  4. a b c d e f g h i j et k Mathias Edwards, « René Malleville : J'ai déjeuné avec Mitterrand et Mauroy, alors Eyraud...  », So Foot, (consulté le ).
  5. a b et c Christophe Zemmour, « René Malleville : Marseille m’a donné une famille et mes joies », Les Cahiers du football, (consulté le ).
  6. a b c d e f g h i j k et l Vincent Matalon, « Démission de Bielsa : qui est René Malleville, le supporter de l'OM en colère ? », France Info, (consulté le ).
  7. « La vie selon Néné », La Marseillaise, (consulté le ).
  8. a et b « L'OM a sa grande gueule », Le Parisien, (consulté le ).
  9. a et b Michel Henry, Massilia Foot System, Paris, Marabout, (lire en ligne), chap. 7.
  10. a et b Mickaël Caron, « René Malleville, le vrai visage de l'OM », Le Journal du dimanche, (consulté le ).
  11. Christophe-Cécil Garnier et Frédéric Scarbonchi, Supporter: Un an d'immersion dans les stades de football français, Paris, Amphora, (lire en ligne), chap. 5.
  12. Paul Halbedel, « Supporter n°1 de l’Olympique de Marseille, René Malleville assure la promotion du Lauragais », Le Parisien, (consulté le ).
  13. « TPMP: René Malleville bientôt chroniqueur sur C8 ? », sur MCE TV, (consulté le ).
  14. Prisma Média, « PHOTO René Malleville quitte TPMP : le tendre message d’Isabelle Morini-Bosc - Voici », sur Voici.fr (consulté le ).
  15. « MON OM A MOI », sur radiostarcom.com (consulté le ).
  16. « René Malleville révèle être atteint d'un cancer du pancréas et du foie », sur 24matins.fr, (consulté le ).
  17. a et b G.F., «  OM : la cérémonie est terminée, René Malleville va être inhumé au cimetière Saint-Pierre », sur laprovence.com, (consulté le ).
  18. Florent Germain, « OM: grande émotion pour les adieux à René Malleville », sur rmcsport.bfmtv.com, (consulté le )
  19. A. M., « OM : René Malleville accompagné d’une réplique de la Ligue des champions pour son dernier voyage », sur 20minutes.fr, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]