Région Irano-turanienne

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Irano-Turanienne
Écorégion terrestre - Code PA1009[1]
Description de cette image, également commentée ci-après

Steppes du Kazakhstan au début du printemps

Classification
Écozone : Paléarctique
Biome : Prairies et savanes inondées
Géographie et climat
Superficie[2] :
48'000 km2
min. max.
Altitude[2] : 0 m 5 700 m
Température[2] : 20 °C 60 °C
Précipitations[2] : 2 mm 3 000 mm
Conservation
Statut[3] :
FAUX ou MANQUANT
Ressources web :
Site du WWF

Localisation

Description de l'image Région_irano-turanienne.png.

La Région Irano-tuaranienne est une écorégion qui se situe en Asie mineure. Elle est composée d'un grand plateau bordé de montagnes ou de mers. La végétation la composant est pour la majeure partie xérophile.

Localisation[modifier | modifier le code]

La région irano-turanienne s’étend à travers une grande partie de l'Asie mineure, couvrant l'Iran, l'Afghanistan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tajikistan. C’est  en majorité un grand plateau d’une altitude de 800 à 1500m. Elle est jouxtée au nord par la chaine de l'Elbrouz, à l’ouest s’étend la chaîne Zagros, et enfin à l’Est se trouve la chaîne de Hindou kouch qui fait partie de la grande chaîne himalayenne[4].

Le climat[modifier | modifier le code]

La région étant très grande, il est difficile de caractériser le climat de manière holiste. Cependant, étant donnée que la majorité de la région se compose d’un plateau, il est possible de considérer celui-ci pour définir cette région. Le climat est sec avec moins de 200 mm de précipitations annuelles. Les pluies sont plus fréquentes en automne et en hiver. L’été il y a une période sèche de trois mois. À cause de cette répartition inégale des précipitations, la continentalité y est  très forte. L’hiver, la température peut descendre sous −5 °C et l’été les températures grimpent autour de 30 à 40 °C sur le plateau[5].

Type de végétation[modifier | modifier le code]

Cette région est très hétérogène, du point de vue topographique et climatique, il en résulte une diversité floristique très grande. La flore principale est de type steppique, supportant une saison sèche. Les genres dominants sont : Astragalus, Cousinia, Silene, Allium[6].

Les arbres sont très peu présents, laissant la place aux herbes annuelles ou aux buissons xérophiles. Il y a trois grands types principaux et très différents de végétations qui peuplent la région Irano-Turanian : les steppes, les déserts et les montagnes[7].

Les zones[modifier | modifier le code]

Steppes[modifier | modifier le code]

Les steppes sont des régions semi-arides qui bordent les déserts et les montagnes. Ce sont des grands plateaux. La pluviométrie y est faible, entre 100 et 200mm annuellement avec 3 à 6 mois sans pluies durant la saison chaude. L’amplitude thermique est très prononcée, que ce soit à l’échelle diurne ou annuelle. La végétation se compose d’herbacées adaptées aux faibles pluviométries et est définie par les températures minimales hivernales. Les plantes dominantes sont Artemisia herba-alba et Aristida plumosa.

Steppes chaudes[modifier | modifier le code]

Cette zone se situe au sud-ouest de la région désertique centrale, avec des températures minimales de l’ordre de 10°c lors de la période la plus froide de l’année, en janvier.

Steppes tièdes[modifier | modifier le code]

Elles ont une température intermédiaire entre les deux autres types de steppes de l’ordre de 7°c en janvier. Elles sont principalement présentes au centre, entre les steppes chaudes et froides.

Steppes froides[modifier | modifier le code]

Les hivers sont froids avec des températures descendant facilement sous 4°c. Cette zone se situe principalement le long de la chaine de l’Elbourz au sud de celle-ci et dans le Kazakhstan. On y retrouve d'ailleurs une espèce très rare et caractéristique, Tulipa schrenkii[8].

La zone substeppique[modifier | modifier le code]

Cette zone se caractérise par une pluviométrie plus importante que dans la zone steppique à proprement parler avec 200mm à 450mm de pluie par an. Elle borde principalement les chaines de montagnes ayant souvent une forme de bande entre les montagnes et la plaine, à limage d’un écotone. Suivant la latitude, la température change grandement, et s’échelonne entre substeppique froid pour le Nord et substeppique chaud pour le sud. Comme les steppes à proprement parler, la continentalité est forte. La végétation est extrêmement variée à cause de cela et tient autant d’influence de plantes de montagnes que de steppes, ce qui en fait une zone particulièrement riche. Il est donc plus simple de nommer des familles caractéristiques que des espèces dominantes. On retrouve ici comme espèces dominantes : Artemisia en particulier maritima et aucheri. Pour les herbacées: Asteraceae, Lamiaceae, Apiaceae, Fabaceae, Caryophyllaceae, Brassicaceae, Boraginaceae, Poaceae.

Les plantes buissonnantes et épineuses : Noaea mucronata, Lactuca orientalis, Astragalus, Cousinia, Acantholimon, Acanthphyllum, Echinops, Eryngium, Gundelia.

Déserts[modifier | modifier le code]

Ils se situent sur le plateau central, le plus grand se nomme Dasht-e-Lut. Il y a quelques précipitations en hiver avec en général 8 mois sans pluie. L’amplitude thermique journalière peut y être très grande, jusqu’à 50°c. Le sol est principalement formé de sable et de rocailles avec par endroit de grandes concentrations de sels. Lors de la période hivernale, des lacs se forment, remplis par les pluies. Il n’est pas rare que des oueds apparaissent et irriguent ces lacs temporaires. Durant l’été les lacs se vident par évaporation et s’ils sont salés, la concentration saline augmente au point de crée une précipitation du sel. Les bords des déserts ressemblent plus à une steppe qu’aux déserts. La frontière entre steppe et désert est déterminée principalement par la pluviométrie qui suit un gradient dégressif. La communauté floristique est assez pauvre seuls quelques buissons y subsistent comme : haloxylon persicum et Aristida pennata.

Montagnes et collines[modifier | modifier le code]

La topographie est très caractéristique de cette région, elle comporte des pentes très importante et une altitude souvent plus haute que la moyenne. La température est plus basse que sur le plateau et diminue avec l’altitude, les étés sont à une température moyenne de 24°C et plus pour les zones situées sous 2500m en pleine saison chaude(été) et le plus souvent négatives en hiver. Les températures sont négatives toute l’année pour les régions les plus hautes et les plus au nord, comme dans la chaine de l’Elbourz qui compte de nombreux glaciers.

Les zones montagneuses bénéficient d’une pluviométrie mieux répartie durant l’année  et plus importante. l’altitude en est la principale cause avec 600mm en moyenne et une augmentation jusqu’à l’altitude de 2000m. En montant plus haut la pluviométrie diminue, comme le taux d’évaporation, ceci permet aux plantes de se développer assez haut.

Le sol qui la compose est principalement le brunisol surtout dans les massifs de l’Elbourz, du Kopet-Dag et de Zagros. On retrouve aussi du Lœss  en bords de reliefs, au fond des vallées proches des steppes et des régions désertiques.

La zone Caspienne(chaine de l’Elbrouz et de Khorasande)[modifier | modifier le code]

Cette chaine de montagnes se situe au nord  et bénéficie sur son côté nord une plus faible amplitude thermique et une forte pluviométrie assez régulière au long de l’année due à la mer Caspienne. Avec 600 à 2000 mm de pluie par an, c’est la région la plus humide Irano-turanienne. Les hivers sont doux avec un peu moins de 8°C et des étés à 25 °C. Le côté Sud y ressemble beaucoup avec toutefois une plus grande continentalité et moins de pluies. La forêt climax de basse altitude se compose de Quercus castanaefolia, Carpinus betulus, Paliurus spina. Les herbes annuelles diminuent dans les endroits dépourvus d’arbres avec notamment Setaria spp., Dactylis glomerata, Andropogon ischaemum, Poa spp.

À partir de 1000m la végétation change avec la dominance de Fagus orientalis. On retrouve aussi Acer insigne, A. laetum, Tilia rubra, Fraxinus excelsior, Taxus baccata, Sorbus spp.. La région un peu plus sèche surtout au sud se composent de Quercus castanaefolia, Carpinus betulus, Carpinus orientalis.

On retrouve ici plutôt des herbes pérénéennes comme Festuca montana, Aristella bromoides, Agropyron panormitanum, Brachypodium sylvaticum, Dactylis glomerata, Melica spp., Bromus sp., Trisetum sp., Poa spp..

Depuis 2000m et plus haut est bien plus froide et sèche. La forêt composée de Acer, Sorbus, Crataegus, Rhamnus, Prunus, Cotoneaster, Juniperus communis, Juniperus sabina, Lonicera caucasica, Viburnum lantana, laisse place peu à peu aux buissons et herbres comme Bromus tomentellus, Dactylis glomerata'[9],[10].

La chaine Zagros[modifier | modifier le code]

Le climat est sec avec 400mm par an. La forêt de climax se compose ici de chênes(Quercus persica, Quercus infectoria, Quercus libani) Ces espèces poussent entre 800 et 2600m. On retrouve aussi des buissons (Pyrus syriaca, Celtis spp., Fraxinus syriaca, Prunus mahaleb, Amygdalus spp., Daphne angustifolia, Lonicera nummulariaefolia, Colutea persica, Berberis integerrima, Juglans regia). Comme herbacée il y a une dominance de Aegilops, mais plus en altitude se trouvent des herbes pérennes comme Hordeum bulbosum et Poa bulbosa. Cette zone a beaucoup été défrichée par l’homme et on ne retrouve donc pas partout ce type de végétation. À partir de 1500 m en revanche le climat est plus rude pour la culture et la flore est donc originelle. Les prairies sont composées principalement de Bromus tomentellus et Festuca valesiaca.

La haute montagne[modifier | modifier le code]

Cette zone est caractérisée par sa hauteur, elle se place au-dessus des zones décrites avant. La température diminue de plus en plus pour atteindre les neiges éternelles.  L’altitude de cette zone est plus haute au sud car le climat y est plus doux. Les pluies y sont moins fréquentes que dans les zones plus basses, cela justifie la végétation de type alpine-substeppique, adaptée à un climat assez sec et froid. On y retrouve : Juniperus excelsa, Rosa, Lonicera, Daphne, Prunus, Amygdalus, Onobrychis cornuta, Astragalus, Acantholimon, Bromus, Festuca, Alopecurus spp, Dactylis glomerata, Trifolium, Lotus corniculatus, Euphorbia, Erysimum, Primula auricula.

Le sol[modifier | modifier le code]

La diversité du sol dans cette région est très grande, même plus que la végétation. On peut cependant regrouper 3 types généraux de sols qui recoupent plus ou moins les trois types majeurs de végétations de la région.

Les sols forestiers[modifier | modifier le code]

Comme son nom l’indique, ces sols sont recouverts de forêt. Ils sont principalement présents dans les régions d’altitude et montagneuses de la zone Irano-turanienne, dans les divers chaines de montagnes. La pluviométrie plus importante permet aux arbres de croitre et de se développer. En bas des montagnes, sur les zones moins pentues, on retrouve souvent des cultures en terrasses faites par l’homme, il profite en effet d’un sol cultivable et riche et transforme ce sol de manière durable avec l’utilisation d’engrais et du travail de la terre.

Les sols alluviaux[modifier | modifier le code]

Ils sont le résultat d’une longue érosion des montagnes environnantes, ils sont donc riches en minéraux et nutriments. Ces sols sont cultivés car ils bénéficient d’humidité qu’apporte une chaîne de montagne et aussi les nutriments qui proviennent de son érosion. Outre cela ils sont bien plus plats que les montagnes et se prêtent donc bien à l’agriculture. La plupart de se type de sol est cultivé par l’homme, la végétation originelle est donc absente.

Les sols des steppes et des déserts[modifier | modifier le code]

Ces sols sont très pauvres et très simples, ils n’ont que très peu de végétation qui influence ces derniers. La végétation les recouvrant va de steppique dense jusqu'à xérophile et parfois halophite. Les deux facteurs principaux qui définissent le type de végétation et sa densité sont la pluviométrie et la salinité du sol.

Faune[modifier | modifier le code]

La faune et surtout les grands mammifères sont menacés par les abattages de forêts toujours plus importants et la pression du bétail qui paît dans les steppes, pour subvenir aux besoins d’une population croissante.

Dans les régions steppiques et sur le plateau en général, la gazelle à goitre et le lièvre du cap sont les deux herbivores endémiques, en effet ils affectionnent les régions semi-arides qui composent la majorité de la région Irano-turannienne. Certains oiseaux vivent dans les steppes tels que le rare Podoce de Pander ou la grue demoiselle.La vipère (vipera altraica) est aussi un animal relativement commun dans les steppes et elle se concentre aussi dans les régions montagneuses[11].En altitude est dans les montagnes certains oiseaux typiques sont Bec-d’Ibis tibétain, Tétraogalle de l’Himalaya[12].

Quelques grands carnivores caractérisent bien la région. Dans les steppes on trouvait jadis des guépards asiatiques (Acinonyx jubatus venaticus). Certains groupes y survivent encore actuellement, mais ils sont très vulnérables. Dans les régions montagneuses en revanche on retrouve des meutes de loups. Ces régions étant restées assez sauvages, les meutes ne sont pour l’instant pas menacées. Les renards roux sont eux endémiques autant dans les montagnes que dans les steppes[13].

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, E. D. Wikramanayake, N. D. Burgess, G. V. N. Powell, E. C. Underwood, J. A. D'Amico, I. Itoua, H. E. Strand, J. C. Morrison, C. J. Loucks, T. F. Allnutt, T. H. Ricketts, Y. Kura, J. F. Lamoreux, W. W. Wettengel, P. Hedao et K. R. Kassem, « Terrestrial Ecoregions of the World: A New Map of Life on Earth », BioScience, vol. 51, no 11,‎ , p. 935-938.
  2. a, b, c et d (en)World Wildlife Fund, « The Terrestrial Ecoregions of the World Base Global Dataset », sur http://worldwildlife.org (consulté le 29 septembre 2012). Disponible alternativement sur : Loyola RD, Oliveira-Santos LGR, Almeida-Neto M, Nogueira DM, Kubota U, et al., « Integrating Economic Costs and Biological Traits into Global Conservation Priorities for Carnivores », PLoS ONE, (consulté le 20 octobre 2012), Table S1. Les données de température et de précipitations sont les moyennes mensuelles minimales et maximales.
  3. (en)World Wildlife Fund, « WildFinder: Online database of species distributions », , données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  4. (en) Djamali, M., Brewer, S., Breckle, S.W. & Jackson, Climatic determinism in phytogeographic region- alization: a test from the Irano-Turanian region, SW and Central Asia., Flora, , p. 237–249
  5. « Iran-o Turanian »
  6. (fr+en+it) « Centre national de données et informations sur la flore de Suisse »
  7. (en) Hossein Badripour, Country Pasture/Forage Resource Profiles, Tehran, , 34 p.
  8. (en) « Flora of Naurzum Zapovednik »
  9. « Hortipedia Le portailinfojardin »
  10. (en) « eFloras.org »
  11. (en) « Vipera altaica TUNIYEV, NILSON & ANDRÉN, 2010 »
  12. « Birdline Internet »
  13. (en) « Central Iran », sur http://www.worldwildlife.org