Caryophyllaceae

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Dianthaceae

Les Caryophyllaceae (Caryophyllacées) sont une famille de plantes à fleurs de l'ordre des Caryophyllales.

Le nom de cette famille est basé sur le genre-type Caryophyllus Mill., nom de genre pourtant illégitime. Caryophyllus Mill. est synonyme à Dianthus L.. Toutefois, le nom Caryophyllaceae a fait l'objet d'une proposition de conservation, ce qui permet son emploi préférentiel à Dianthaceae (Dianthacées). Ceci explique pourquoi, autant la classification classique de Cronquist (1981) que la classification phylogénétique APG III (2009) emploient le nom de Caryophyllaceae[1].

Cette famille comporte 86 genres et 2200 espèces[2].

Étymologie et dénomination[modifier | modifier le code]

Le nom est donné en 1687 par Paul Hermann, à tort car karyophyllon (du grec karyon, « noix » et phyllon, « feuille ») désigne en grec le clou de girofle et le giroflier dont l'odeur évoque celle des feuilles de noyer. Ce terme a été appliqué à l'espèce cultivée appelée par Philip Miller Caryophyllus Mill. (Miller abrégé en Mill., est partisan d'une nomenclature prélinnéenne) et Dianthus caryophyllus L. par Carl von Linné (abrégé en L.) dans son Species plantarum en 1753, à cause de l'odeur de ses fleurs qui rappellent le clou de girofle. La famille des Caryophyllaceae est ainsi nommée d'après cet épithète caryophyllus[3].

Distribution[modifier | modifier le code]

La famille est cosmopolite (bien que certaines espèces soient endémiques), mais est surtout bien représentée dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord. Elle est particulièrement riche sur le pourtour méditerranéen et en Asie. Sous les tropiques, elle est limitée aux secteurs montagneux d'altitude (formant des coussinets, comme Silene acaulis). Elle comporte notamment la Sagine antarctique, l'une des deux plantes à fleurs présente en Antarctique[4].

Elle comprend principalement des plantes herbacées, un grand nombre de plantes ornementales et autant d'adventices subcosmopolites (telles le mouron des oiseaux, la nielle des blés, de nombreuses Silene, Arenaria et Cerastium)[5].

Description[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

  • Racines pivotantes ou rhizomateuses et fibreuses, très rarement tubéreuses
  • Tiges parfois avec des épaississements secondaires d’anneaux concentriques de xylème et de phloème), notamment au niveau des nœuds renflés desquels la tige se brise facilement d'où l'autre étymologie proposée : du grec caryo (noyau, nœud) et phullon (feuille)[6]
  • Feuilles
    • sessiles réduites au pétiole dilaté et aplati, faisant office de limbe : faux limbe à forme simple et entière (subulée, linéaire, spatulée, ovalaire ou suborbiculaire), à nervation pennée[7]
    • exceptionnellement des stipules chez des Silenoideae ou des Paronychioideae chez qui elles sont scarieuses : souvent fasciculées ou verticillées dans ces taxons, elles sont soit linéaires (Spergularia, Spergula), soit obovales (Polycapron)
    • feuilles opposées (paire de feuilles reliées par une crête transversale aux nœuds), souvent décussées, parfois soudées à la base, plus rarement pseudo-verticillées ou alternes[8]

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Diagramme floral :
A Lychnis
B Silene
  • Préfloraison imbriquée simple ou tordue
  • Inflorescence déterminée : panicule de cyme bipare à unipare ou parfois réduite à une fleur terminale
  • Fleur de type 5 munie de tépales souvent sépaloïdes
  • Périanthe simple (comme chez les Herniaria) ou double (apetalie répandue), pentamère et plus rarement tétramère
    • Calice dialy- ou gamosépale (détermine le type de fruit)
      • si gamosépale : les sépales connés ont un onglet développé et une ligule (Silenoideae)
      • si dialysépale : il y a un onglet court donc des pétales réduits ou nuls (Paronychioideae, Alsinoideae)
    • Corolle dialypétale (pétales souvent onguiculés au limbe bifide ou lacinié et muni de deux petites expansions ligulaires à la jonction du limbe et de l'onglet). Le plus souvent les pétales véritables sont absents mais le néophyte peut observer des « pétales » constitués en fait d'un verticille de 4-5 étamines pétaloïdes[9]
  • Androcée obdiplosténome, parfois réduit à 5 étamines, anthères aux fentes de déhiscence longitudinale introrses
  • Ovaire uniloculaire, à placentation centrale libre ou basale[10] de fleur hypogyne (périgyne dans le genre Scleranthus), à 5, 4, 3 ou 2 carpelles, à stigmate réduit ou linéaire, à styles libres rarement connés à la base et aussi nombreux que les carpelles, à ovules hémitropes à campylotropes généralement nombreux (parfois seulement 1), primitifs car bitégumentés et crassinucellés[5].

Fruit[modifier | modifier le code]

Généralement une Capsule loculicide au péricarpe crustacé, scarieux ou papyracé

  • s'ouvrant par des dents apicales chez les espèces à calice gamosépale généralement persistant
  • s'ouvrant par des valves chez les espèces à calice dialysépale

Plus rarement un akène (Paronychia), un nucule (Scleranthus, Herniaria) ou une baie à déhiscence irrégulière (Cucubalus)[5].

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Ce sont principalement des plantes herbacées, annuelles ou pérennes, des régions froides à tropicales.

Selon NCBI (3 mai 2010)[11] :

Selon Angiosperm Phylogeny Website (21 mai 2010)[12] :

Selon DELTA Angio (3 mai 2010)[13] :

Selon ITIS (3 mai 2010)[14] :

Histoire et légendes[modifier | modifier le code]

Selon une légende, l'armée de Louis IX est victime d'une épidémie dite de peste lors du siège de Tunis à la huitième croisade en 1270. Les soldats y découvrent à cette occasion une liqueur tonique à base d'œillet qui est censée avoir apaisé leurs souffrances, rapportent la plante en France où elle est cultivée comme plante médicinale puis plante ornementale[15].

La réputation d'aphrodisiaque de l'œillet fait qu'il est symbole de fiançailles et de mariage, illustrant les portraits médiévaux des couples. À l'inverse, signe de l'amour divin et symbole de virginité, il se retrouve sur de nombreuses représentations de la Vierge Marie du XVe au XVIIe siècles[16]. À cette époque, l'œillet disputait à la rose le titre de reine des fleurs[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Et en 2008, The Angiosperm Phylogeny Website continue d'employer ce nom.
  2. (en) Fritz Hans Schweingruber, Annett Börner & Ernst-Detlef Schulze, Anatomy of Stems in Herbs, Shrubs und Trees : An Ecological and Systematic Approach, Volume 1, Springer, (ISBN 978-3-642-11637-7), p. 103–211
  3. François Couplan, Les plantes et leurs noms : Histoires insolites, Editions Quae, (lire en ligne), p. 192
  4. (en) E. D. Rudolph, « Antarctic lichens and vascular plants : their significance », BioScience, vol. 15, no 4,‎ , p. 285–287
  5. a, b et c Caryophyllaceae sur plantes-botanique.org
  6. Nouveau Larousse encyclopédique, Larousse, , p. 274
  7. Les nervures secondaires sont fugaces si bien que la nervation semble plus ou moins parallèle.
  8. Walter S. Judd, Christopher S. Campbell, Elizabeth A. Kellogg, Peter Stevens, Botanique systématique. Une perspective phylogénétique, De Boeck Supérieur, , p. 240
  9. Walter S. Judd, Christopher S. Campbell, Elizabeth A. Kellogg, Peter Stevens, Botanique systématique. Une perspective phylogénétique, De Boeck Supérieur, , p. 241
  10. Les Caryophyllales étaient justement nommées Centrospermales à cause de cette disposition en forme de colonnette au centre de l'ovaire d'un gynécée lysicarpe.
  11. NCBI, consulté le 3 mai 2010
  12. Angiosperm Phylogeny Website, consulté le 21 mai 2010
  13. DELTA Angio, consulté le 3 mai 2010
  14. ITIS, consulté le 3 mai 2010
  15. Jean Pierre Rambosson, Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses, Librairie de Firmin Didot frères, fils et cie, , p. 191-193
  16. Guy de Tervarent, Attributs et symboles dans l'art profane : dictionnaire d'un langage perdu (1450-1600), Librairie Droz, , p. 340
  17. Maurice Moullet, Les maîtres à l'œillet, Éditions Holbein, , p. 15

Liens externes[modifier | modifier le code]

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