Nicolas de Bailleul

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Médaille de Guillaume Dupré (1623) commémorant la première prévôté de Nicolas Bailleul et les grands travaux d’adduction d'eau qu'il fit mener à bien (gravure de 1862).

Nicolas Bailleul, dit Nicolas de Bailleul, né en 1586[1] et mort le [1], est un magistrat, diplomate, administrateur et ministre français de la première moitié du XVIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicolas Bailleul fut conseiller au parlement de Paris dès le [2] (ou en 1610 selon Bonneserre[3]) puis, en 1616, maître des requêtes[2]. Après avoir été envoyé comme ambassadeur en Savoie (1619[3]), il fut nommé président du Grand conseil (1620[3]), mais il se démit très tôt de cette charge pour accepter celle de lieutenant civil de Paris ([2]).

C'est à ce titre que Nicolas Bailleul fut élu prévôt des marchands de Paris à deux reprises en 1621 et 1624. Pendant sa prévôté (1622-1627), Bailleul fit achever l'aqueduc Médicis destiné à amener les eaux de Rungis dans les quartiers de la rive gauche de la Seine. Ces importants travaux s'accompagnèrent de la réparation ou de la reconstruction de plusieurs fontaines sur les deux rives (comme la fontaine de Birague en 1627).

Le [2], il fut reçu président à mortier du parlement de Paris. Nommé chancelier de la reine Anne d'Autriche (1628[3]), il assuma les charge de ministre d’État et de surintendant des finances de [2] à .
Plus versé, selon Voltaire[4], « dans la connaissance du barreau que dans celle des finances », Bailleul embrouilla passablement ces dernières[3]. Confronté à une situation budgétaire difficile (déficit pour les années 1644 à 1646), il eut recours à plusieurs expédients pour tenter de redresser la situation : emprunt de douze millions de livres (mais à un très fort taux d'intérêt), augmentation de l'octroi de Paris de dix sous par muid de vin, création de nouvelles taxes, création et vente d'offices et de lettres de noblesse. Destiné à compenser l'augmentation du nombre de détenteurs d'offices (1.200.000 de livres de gages devant encore être versés aux officiers du parlement), l'affermage de la taille à des « partisans » ne rapporta pas davantage au royaume et se solda par une pression accrue de ces fermiers sur les moins aisés des sujets, ruinant ainsi les campagnes[5].
Bailleul eut pour collègue Claude de Mesme et pour contrôleur général Michel Particelli d'Émery, « connu par ses déprédations »[4]. Émery étant l'homme de confiance de Mazarin, il fut choisi par le cardinal pour remplacer Bailleul en 1647[5].

Possessions[modifier | modifier le code]

Seigneur de Vattetot, Étiolles et Soisy[2], Nicolas Bailleul ajouta à son nom la particule nobiliaire.

Il avait avancé 50 000 livres aux héritiers de Louise-Marguerite de Lorraine, princesse de Conti sur la baronnie de Château-Gontier et se prétendait propriétaire, en 1646, en vertu d'un échange. Remboursé au mois d' sur l'épargne du roi, il se portait de nouveau acquéreur le , après saisie sur Claude de Lorraine ; les créanciers opposants furent déboutés par sentence du .

En 1651, il fut nommé gouverneur de la ville Château-Gontier en Anjou, dont il détenait la baronnie depuis 1638[3] et qu'il fit ériger en marquisat au profit de son fils Louis-Dominique par lettres patentes des 27 et [6]. Le titre de marquis de Château-Gontier semble cependant avoir déjà été porté par Nicolas de Bailleul, mort en 1652[3].

Famille[modifier | modifier le code]

Petit-fils de Nicolas Bailleul, de la paroisse d'Angerville, anobli en 1515[7], fils de Nicolas Bailleul († 1610[2]), qui rendit des services à Henri IV, et frère aîné de Charles de Baileul (de 1643 à 1651 grand louvetier de France, charge transmise à son fils Nicolas qui s'en démit à son tour en 1655), Nicolas Bailleul épousa en 1608 Louise de Fortia puis en 1621, en secondes noces, Élisabeth-Marie Mallier du Houssay[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Il est mort le 20 août 1652 « dans sa soixante-sixième année » selon La Gazette du 24 août 1652. Voir Table ou abrégé des cent trente-cinq volumes de la Gazette de France depuis son commencement en 1631 jusqu'à la fin de l'année 1765, t. I, Paris, 1766, p. 77.
  2. a b c d e f g h i et j Père Anselme et M. Du Fourny, Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, troisième édition, t. VII, Paris, compagnie des libraires associés, 1733, p. 808-811.
  3. a b c d e f g et h M. Bonneserre de Saint-Denis, Revue nobiliaire, héraldique et biographique, t. II, Paris, Dumoulin, décembre 1863, p. 260.
  4. a et b Voltaire, Siècle de Louis XIV, t. I, Genève, 1771, p. 37.
  5. a et b Vies des Surintendans des finances et des contrôleurs-généraux, depuis Enguerrand de Marigny jusqu'à nos jours, t. II, Paris, Debray, 1790, p. 277-280.
  6. M. D.L.C.D.B., Dictionnaire généalogique, héraldique, chronologique et historique contenant l'origine et l'état actuel des premières maisons de France, t. I, Paris, Duchesne, 1757, p. 154.
  7. M. Lainé, Dictionnaire véridique des origines des maisons nobles ou anoblies du royaume de France, t. I, Paris, 1818, p. 43, ce qui est en contradiction avec H Gourdon de Genouillac "Dictionnaire des anoblissements" t. T I, Paris, 1869, p. 18 qui indique uniquement l'anoblissement de Pierre Bailleul, d'Argenville (sic) le 4 février 1502, et celui, moyennant finances, de Guillaume Bailleul, de la province de Normandie, le 6 novembre 1534.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]