Vicomté de Paris

La vicomté de Paris est la seigneurie de la région de Paris, avec une coutume particulière, la Coutume de Paris, une circonscription judiciaire et un ban ayant son siège au château du Louvre jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, tandis que sa cour d'appel avait un siège propre avec la prévôté au Châtelet.
Histoire
[modifier | modifier le code]À l'époque carolingienne et au début de l'époque capétienne, Paris fut le siège d'un comté. Ses principaux titulaires furent les Girardides, les Robertiens — ancêtres des Capétiens — et les Bouchardides, comtes de Melun.
À la même époque, Thoudon, vicomte de Paris, est mentionné comme ayant fait bâtir l'église Saint-Pierre-des-Arcis sur l'emplacement d'une ancienne chapelle. Une bulle du pape Innocent II la désigne ainsi Ecctesia Sancti Petri de Arsionibus. Elle fut détruite par un incendie en 1034.
Par la suite, la vicomté de Paris est le ressort territorial sur lequel le prévôt de Paris exerce la juridiction d'un bailli[1]. Elle se compose de châtellenies — telles celles de Gonesse, Poissy, Corbeil, Montlhéry, Saint-Germain, Triel, Brie-Comte-Robert, Gournay — ayant leur prévôt dont les appels ressortissent à celui de Paris dit, à ce titre, « premier bailli de France »[1]. L'hôtel épiscopal de Meaux et le temporel de l'évêque de Meaux relèvent de la vicomté de Paris[2].
Ressorts de la vicomté de Paris
[modifier | modifier le code]En 1328
[modifier | modifier le code]- En la prévôté de Paris, 203 paroisses et 21 460 feux ;
- en la ville de Paris, avec le faubourg Saint-Marcel, 35 paroisses et 61 098 feux ;
- en la ville de Saint-Denis, 13 paroisses et 2 351 feux.
- En la châtellenie de Braye, 4 paroisses et 578 feux ;
- en la châtellenie de Chevreuse et de Maurepas, 9 paroisses et 742 feux ;
- en la châtellenie de Corbeil-en-Parisis, 59 paroisses et 5 876 feux ;
- en la châtellenie de Gonesse, 23 paroisses et 2 555 feux ;
- en la châtellenie de Luzarches, 5 paroisses et 577 feux ;
- en la châtellenie de Poissy, 33 paroisses et 3 296 feux ;
- en la châtellenie de Dammartin, 25 paroisses et 2 452 feux ;
- en la châtellenie de Châteaufort, 21 paroisses et 999 feux ;
- en les villages de Meaux qui sont en la vicomté et du ressort de Paris, 40 paroisses et 2 286 feux.
- en la châtellenie de Montjay, 18 paroisses et 1427 feux ;
- en la châtellenie de Montlhéry et le Hurepoix, 51 paroisses et 5 533 feux ;
- en la châtellenie de Montmorency, 28 paroisses et 2 556 feux.
Somme totale des paroisses de la vicomté et des ressorts de Paris : 567 paroisses et 116 986 feux[3].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Serper 1979, p. 124.
- ↑ Grinberg, Geoffroy-Poisson et Laclau 2012, p. 25.
- ↑ Ferdinand Lot, "L'état des paroisses et des feux de 1328", dans Bibliothèque de I'École des chartes, t. XC, 1929, appendice n° 1, p. 305-308. Traduction de l'ancien français.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- [Batiffol 1896] Louis Batiffol, « Le Châtelet de Paris vers (suite) », Revue historique, t. LXII, fasc. 2, , Ire partie (« Articles de fond »), art. no 1, p. 225-235 (OCLC 9972994341, JSTOR 40939661, lire en ligne
[PDF]). - [Grinberg, Geoffroy-Poisson et Laclau 2012] Martine Grinberg, Simone Geoffroy-Poisson et Alexandra Laclau, « Rédaction des coutumes et territoires au XVIe siècle : Paris et Montfort-l'Amaury », Revue d'histoire moderne et contemporaine, t. 59, no 2, , Ire partie (« Le périmètre du droit »), art. no 1, p. 7-55 (OCLC 7293829257, DOI 10.3917/rhmc.592.0007
, JSTOR 23557768, S2CID 161492091, lire en ligne
[PDF]). - [Olivier-Martin 1922-1930] François Olivier-Martin, Histoire de la coutume de la prévôté et vicomté de Paris, Paris, E. Leroux, coll. « Bibliothèque de l'Institut d'histoire, de géographie et d'économie urbaines de la ville de Paris » (no 7), 1922-1930 (réimpr. 1972), 1re éd., in-8o (OCLC 490750069, BNF 34217174, SUDOC 049180312).
- [Serper 1979] Arié Serper, « L'administration royale de Paris au temps de Louis IX », Francia, vol. 7, , Ire partie (« Aufsätze »), art. no 4, p. 123-139 (OCLC 1264005417, DOI 10.11588/fr.1979.0.49306
, lire en ligne
[PDF]).