Porte-hélicoptères

Un porte-hélicoptères est un navire de guerre doté d'hélisurfaces et d'héliport et optimisé pour la mise en œuvre d'hélicoptères.
Initialement élaborés à partir de porte-avions légers reconvertis, le type évolua, notamment en venant l'hybrider avec des croiseur et destroyers, donnant les croiseurs/destroyers porte-hélicoptères, soit en maintenant une composante principale d'assaut amphibie, avec depuis les années 1970 les Landing Helicopter Dock (LHD), Landing Helicopter Assault (LHA), Landing Platform Helicopter (LPH), Landing Platform Dock ou Landing Ship Dock (LSD). Le terme est alors tombé peu à peu en désuétude, car trop généraliste, et souvent associé à une autre fonction.
Historique
[modifier | modifier le code]Les premiers navires qui peuvent être considérés comme "porte-hélicoptères", sont les navire dépôt de débarquement de "Type C" de l'Armée Impériale Japonaise, développant les Akitsu Maru (1942) et Kumano Maru (1945), qui en plus de leur capacité d'assault amphibie, avait la capacité de transporter une dizaine d'avions STOL et d'autogyres, prédécesseur des LHA modernes[1],[2].
L'US Navy est la marine ayant historiquement le plus exploité ce type, définissant les type LSD, LHA, LHD, LPH, LPD, et opérant plus d'une vingtaine de ces navires, dont encore une dizaine dans les années 2020, qui est toujours mise à jour.
Le navire de guerre de la Marine nationale française Jeanne d'Arc, qui a été en service de 1964 à 2010, était considéré comme un croiseur porte-hélicoptères.
La Marine soviétique a utilisé de 1967 à 1991, deux unités de la classe Moskva, le Moskva (en) et le Leningrad (en), qui étaient considérées comme des croiseurs porte-hélicoptères.
La Force maritime d'autodéfense japonaise a utilisé entre 1973 et 2011 deux unités de la classe Haruna, et entre 1973 et 2011 deux unités de la classe Shirane. Ces quatre navires étaient désignées comme "destroyers porte-hélicoptères" (DDH). Depuis, les classes Hyūga (2009) et Izumo (2015), toujours officiellement désignés comme destroyers porte-hélicoptères, floute la frontière avec des porte-avions, pouvant accueillir des avions VSTOL. La classe Izumo fut notamment reclassifiée comme "porte-avions auxiliaire" (CVM) suite à leur refonde de 2024.
Retirés du service
[modifier | modifier le code]- Marine américaine
- Baylander (IX-514), porte-hélicoptères d'entraînement présenté comme le plus petit porte-avions au monde.
- Marine française
- Jeanne d'Arc (1964-2010) Croiseur porte-hélicoptères
- Marine italienne
- Andrea Doria (en) (1964-1992) Croiseur porte-hélicoptères, Classe Andrea Doria
- Caio Duilio (en) (1964-1989) Croiseur porte-hélicoptères, Classe Andrea Doria
- Vittorio Veneto (1969-2003) Croiseur porte-hélicoptères, Classe Vittorio Veneto
- Marine japonaise
- JDS Haruna (en) (1973-2009) Destroyer porte-hélicoptères, Classe Haruna
- JDS Hiei (en) (1974-2011) Destroyer porte-hélicoptères, Classe Haruna
- JDS Shirane (en) (1980-2015) Destroyer porte-hélicoptères, Classe Shirane
- JDS Kurama (en) (1981-2017) Destroyer porte-hélicoptères, Classe Shirane
- Marine russe
- Moskva (1967-1991) Croiseur porte-hélicoptères, Classe Moskva
- Leningrad (1969-1991) Croiseur porte-hélicoptères, Classe Moskva
- Des destroyers porte-hélicoptères japonais
-
Le JDS Shirane.
-
Le JDS Kurama.
Évolutions
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Le porte-hélicoptères strict est un concept en voie d'abandon, au profit des navires d'assaut amphibie plus polyvalents dans leur action vers la terre (l'action anti sous-marine des hélicoptères embarqués étant liée aux frégates dotées de capacités de lutte anti-sous-marine). Cette polyvalence introduit des aménagements vis-à-vis des infrastructures de commandement, d'hébergement, de logistique, etc.
La désignation actuelle des navires mettant en œuvre une flotte d'hélicoptères prend en compte les différentes conceptions selon l'importance accordée à la mise en œuvre d'hélicoptères vis-à-vis des autres missions. La désignation américaine s'est imposée dans l'usage mais son utilisation n'est pas standardisée. Par exemple, la classe Osumi est, pour des raisons politiques, classée en Landing Ship Tank (LST), mais il s'agit, en réalité, de Landing Platform Dock (LPD)[3].
| Désignation[3] | Caractéristiques | Dimensions | Nombre | Exemples | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Sigle | Complète | Pont d'envol[3] | Radier immergeable[3] | Ponts internes | Dimensions (m) |
Déplacement (t) |
Construits (depuis 1945) |
En service () | |
| LHA | Landing Helicopter Assault | Grand et continu | Petit | Aéronefs ou véhicules | de 32 x 255 à 40 x 255 |
de 40 000 à 45 000 |
7 | 2 | Classe Tarawa, Classe America |
| LHD | Landing Helicopter Dock Porte-hélicoptères amphibie |
Grand et continu | Grand | Aéronefs et véhicules | de 30 x 200 à 38 x 250 |
de 27 000 à 41 000 |
25 | 25 | Classe Mistral, Classe Wasp, Classe Juan Carlos I |
| LPH | Landing Platform Helicopter Porte-aéronefs, Porte-avions léger |
Grand et continu | Absent (ou petit) | Aéronefs | de 25 x 180 à 35 x 200 |
de 15 000 à 25 000 |
21 | 3 | Classe Iwo Jima, Classe Colossus |
| LPD | Landing Platform Dock Amphibious transport dock Transport de chalands de débarquement |
Petit | Grand | Véhicules | de 20 x 130 à 30 x 200 |
de 7 000 à 25 000 |
69 | 54 | Classe Foudre, Classe San Antonio, Classe Galicia, Classe San Giorgio |
| LSD | Landing Ship Dock | Petit (ou absent) | Grand | Véhicules | de 25 x 175 à 28 x 185 |
de 16 000 à 20 000 |
55 | 14 | Classe Whidbey Island, classe Bay |
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Williamson Murray et Alan R. Millet, Military innovation in the interwar period, Cambridge, Cambridge University Press, , 1st paperback éd., 81 p. (ISBN 978-1-107-26688-9, OCLC 852896224, lire en ligne)[page à préciser]
- ↑ « La flotte amphibie japonaise », sur Secondeguerre.net
- (en) Kathleen H. Hicks, Mark F. Cancian, Andrew Metrick et John Schaus, Landing Together : Pacific Amphibious Development and Implications, Rowman & Littlefield, , 108 p. (ISBN 978-1-4422-5962-1 et 1-4422-5962-0, lire en ligne), p. 92-93
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- « Journal de bord de la Jeanne d'Arc »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?)
- « Photos de la Jeanne » lors de son passage à Rouen en 2008