Pierre Étienne Bourgeois de Boynes

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Pierre Étienne Bourgeois de Boynes
Image dans Infobox.
Pierre-Étienne Bourgeois de Boynes (Anonyme, d'après une commande de Louis XVI).
Fonctions
Ministre d'État
à partir du
Ministre de la Marine et des Colonies
-
Conseiller d'État
à partir de
Premier président
Parlement de Besançon
-
Intendant de la généralité de Besançon
-
Biographie
Naissance
Décès

Château de Boynes
Nationalité
Activité
Famille
Bourgeois de Boynes
Père
Pierre Etienne Bourgeois (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Hélène Thérèse de Francine (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Marguerite Catherine Parat de Montgeron (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Charlotte Hermine Bourgeois de Boynes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Hôtel de Mondragon, château des Mousseaux (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Pierre Étienne Bourgeois de Boynes, marquis de Boynes, comte de Gueudreville, marquis de Sains, baron de Laas, est un magistrat et homme d'État français né le à Paris et mort le en son château de Boynes. Il fut secrétaire d'État à la Marine de Louis XV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Étienne Bourgeois de Boynes est le fils aîné d'Étienne Bourgeois de Boynes (1683-1754), trésorier général de la Banque royale, et de sa première épouse, Hélène de Francini (1692-1722). Fils d'un anobli[1] — son père avait acquis la noblesse par l'achat d'une charge de secrétaire du roi — il doit sa carrière à la protection du maréchal de Belle-Isle. Son frère cadet, François-Étienne Bourgeois de Gueudreville, sera intendant de la marine. Maître des requêtes en 1745, Pierre Étienne Bourgeois de Boynes est intendant de Franche-Comté en 1754, et, dans le même temps, nommé premier président du Parlement de Besançon, cumul de fonctions habituel en Provence mais qu'on expérimentait pour la première fois dans une autre partie du Royaume dans l'espoir d'amener les cours supérieures à davantage de docilité.

Il se heurte à une fronde parlementaire particulièrement virulente en 1759. Les 20 et 21 janvier, une trentaine de parlementaires sont exilés par lettres de cachet. Mais la détermination de Choiseul chancèle et, en avril 1761, lorsque les exilés sont rappelés, Bourgeois de Boynes, désavoué, quitte la Franche-Comté.

Il est nommé conseiller d'État un mois plus tard. Parce que son château n'était pas loin de Malesherbes, il participe aux tractations secrètes engagées par Choiseul, avec qui il était resté en bons termes, en vue d'un rappel comme Garde des sceaux de France du chancelier Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil.

L'historien Pierre Gaxotte le décrit de la sorte « Tête froide et réfléchie, qui distinguait le fort et le faible des choses […] esprit rassis et solide, plus instruit des formes que Maupeou, il avait une pratique étendue de la justice et de l'administration, qui lui permit à plusieurs reprises de tempérer l'humeur du chancelier en lui épargnant de fausses démarches et des décisions précipitées ». L'Observateur anglais le juge « grand travailleur, robuste, ardent, pénétrant ».

Considéré comme l'un des meilleurs esprits du Conseil, instruit, travailleur, particulièrement capable dans les matières contentieuses, il est de ceux qui aident le chancelier René Nicolas de Maupeou à préparer le coup de majesté de 1771. Selon le baron de Besenval, c'est lui qui eut l'idée de faire remplacer le Parlement de Paris par le Grand Conseil, idée qui est le point de départ de la « réforme Maupeou ».

Louis XV le connaissait comme rapporteur devant le Conseil royal des Dépêches et l'estimait beaucoup. Il ne fit donc pas de difficulté pour le nommer, le 9 avril 1771, secrétaire d'État à la Marine dans le ministère dit « du Triumvirat » (Maupeou, Terray, d'Aiguillon). Rien ne prédisposait Bourgeois de Boynes à occuper cette fonction. Il n'y montra pas davantage une réelle capacité d'adaptation, et ne sut pas s'entourer des conseils de techniciens compétents, s'appuyant sur un officier sorti du rang nommé Boix, fils d'un artisan de Rochefort. Il reste dans ces fonctions jusqu'au .

Son bilan est controversé. Il entreprend un certain nombre de réformes utiles. Il ordonne les expéditions de Kerguelen dans l'océan Indien (qui donne le nom du ministre à deux petites îles des Kerguelen) et créé un établissement à Madagascar. Il organise les premières grandes manœuvres navales d'escadre dans l'océan Atlantique. Il tente, mais sans succès, d'établir au Havre une école navale destinée à se substituer, pour la formation des officiers, aux compagnies des gardes de la marine. Mais il voulut aussi réformer la marine en calquant son organisation sur celle de l'armée de terre (ordonnance de 1772), sans entrevoir les différences qui rendaient la symétrie impossible. La situation ne cesse de se dégrader sous son ministère : ralentissement des constructions navales, diminution des stocks de matériaux, difficultés à assurer l'entretien de la flotte.

Sur le plan de la politique générale, Bourgeois de Boynes prit ses distances avec la politique de Maupeou dès la fin 1771 ou le début 1772. Le 20 avril 1774, il fut nommé ministre d'État. Mais avec l'avènement de Louis XVI, il était condamné pour son association avec le Triumvirat dont il partageait l'impopularité, et aussi parce que tant le roi que Maurepas s'intéressaient de près à la marine. On affirma qu'il avait désorganisé son département et on l'accusa même de malversations. Louis XVI, pour sa part, lui aurait fait dire qu'il trouvait que les changements qu'il avait faits dans la marine n'avaient abouti à rien. Il est renvoyé le 20 juillet 1774 et remplacé par Turgot.

Par sa charge de ministre il avait été admis aux honneurs de la Cour de France par Louis XVI[1].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse en premières noces Marie Marguerite Catherine Parat de Montgeron (1737-1753) - sœur de Louis Pierre Parat de Chalandray et belle-sœur de Louis Auguste Le Tonnelier de Breteuil - dont il a une fille, Marguerite (1753-1762). Sa première femme étant morte en couches, il épouse en secondes noces Charlotte Louise Desgotz (1740-1804), fille d'un officier, qui lui donne sept enfants :

  1. Élisabeth Louise (1764-1853), comtesse Louis-François-Joseph de Bourbon Busset ;
  2. Étienne Ange (1766-1795), avocat du roi au Châtelet de Paris ;
  3. François Étienne (1767-1792), officier d'artillerie ;
  4. Antoine Pierre Philibert (1769-1803), marié à Mlle Roullin de Monbos ;
  5. Louis Antoine Pierre (1770-1792) ;
  6. Charlotte Hermine (1773-1825), marquise de Saint-Phalle ;
  7. Armand Louis François (1775-1853), marié à Mlle Fournier Desmarest, dont postérité.

Résidences[modifier | modifier le code]

  • À Paris : hôtel de Mondragon, au no 3 de la rue d'Antin, construit en 1725 pour Étienne Bourgeois de Boynes (aujourd'hui siège de la Banque Paribas).
  • Château des Mousseaux à Boynes (actuel département du Loiret). Vendu par adjudication , affiche : "vente par adjudicationde la terre de mousseaux " comprenant notamment un superbe chateau, Paris 1793. (Arch Departementales Loiret, 1 J116). Totalement ruiné, il ne reste que les souterrains.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Armes des Bourgeois de Boynes :

Blason Bourgeois de Boynes.svg Blasonnement :

D'azur à la bande d'argent chargée de trois merlettes de sable[2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Étienne Bourgeois de Boynes, Journal inédit 1765-1766, éd. de Marion F. Godfroy, Paris, Honoré Champion, nov. 2008 (ISBN 9-782-74531-762-9).
  • Jean de Viguerie, Histoire et dictionnaire du temps des Lumières. 1715-1789, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2003 (ISBN 2-22104-810-5).
  • Jean-Philippe Zanco, Dictionnaire des Ministres de la Marine 1689-1958, S.P.M. Kronos, Paris 2011 [lire en ligne].
  • Régis de Belenet, Itinéraire d'un grand commis sous Louis XV : Pierre-Étienne Bourgeois, marquis de Boynes (1718-1783), éditions Feuillage, 2016, 300 pp. (ISBN 978-2373970487) [présentation en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, t.VI. Bou-Bré. - 1907, p.179, [lire en ligne].
  2. Répertoire GMN : exemple d'ex-libris.