Guillaume II de Lamoignon, seigneur du Blanc-Mesnil et de Malesherbes, époux de la Marquise de Chef-Boutonne est un magistrat français né à Paris le , où il est mort le [1].
C'était un excellent juriste, un bon esprit épris de littérature et d'histoire, irréprochable sur le plan des mœurs et de la piété et – ce qui était alors pour ainsi dire inhabituel au Parlement de Paris – insensible au jansénisme.
La fronde parlementaire était alors à son paroxysme, et Lamoignon, loin de manquer d'autorité, comme on l'a dit, supportait difficilement ces insolences et ces coups de force permanents, et se désespérait de ne pas trouver, dans l'entourage de Louis XV, la volonté d'y tenir tête.
Soit que le Roi ait fini par se fatiguer des velléités de résistance de son chancelier, soit que celui-ci eût, comme on l'a affirmé[2], négligé de faire sa cour à Madame de Pompadour, on lui demanda sa démission, il la refusa et fut exilé dans son château de Malesherbes le . Il finit par la donner cinq ans plus tard, le , alors que plus personne ne songeait à la lui demander.
Il épouse le , en l'église de Saint-Sulpice, Marie Louise d'Aligre (1697-1714), fille d’Etienne d’Aligre (1660-1725), président à mortier au parlement de Paris, et de Marie-Madeleine Le Peletier (1669-1702). De cette première union, est issu un fils mort enfant.
Il se remarie en 1715 avec Anne-Élisabeth Roujault, Marquise de Chef-Boutonne et Dame de Javarzay (1692-1734), fille de Nicolas-Etienne Roujault (1662-1723), ancien intendant en Berry, Hainaut, Poitou et Normandie, et de Barbe-Madeleine Maynon (1668-1758). De cette seconde union sont issus quatre filles et un fils:
Marie Louise de Lamoignon de Blancmesnil (1719-?), mariée avec Guillaume Castanier d'Auriac, président au Grand Conseil, dont postérité;
Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, Marquis de Chef-Boutonne, Seigneur de Javarzay, premier président de la Cour des aides de Paris (1721 - guillotiné le ) accusé de trahison nationale après avoir été l'avocat du Roi Louis XVI en 1793. Marié le avec Marie-Françoise Grimod de La Reynière, dont postérité féminine;
↑«Il eut [...] à lutter pendant treize ans, armé de sa seule vertu, contre le crédit d'une femme puissante, dont il ne crut jamais qu'il convînt au chancelier de France d'être le courtisan.» (Panckoucke, Encyclopédie méthodique, Histoire, art. «Lamoignon de Blancmesnil», cité in. J. de Viguerie, Op. cit., p. 1084)
↑Henri, Paul et Joseph Beauchet-Filleau, Dictionnaire historique et généalogique des Familles du Poitou, tome cinquième, Fontenay le Comte, Lussaud, (lire en ligne), p.519-520